Aix-en-Provence attire de plus en plus de primo-accédants

Aix-en-Provence attire de plus en plus de primo-accédants
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Ancienne capitale de la Provence, Aix-en-Provence est une ville où il fait bon vivre. Les acheteurs affluent de plus en plus nombreux et de plus en plus jeunes, comme nous l’explique Pascal Boyer, responsable de l’agence Pelletier Savon.

SeLoger. Quelles sont vos observations au sujet du marché immobilier aixois actuellement ?

Pascal Boyer. Ce que nous constatons tout d’abord c’est que dans l’absolu, les prix ont baissé sur un an, mais il s’agit d’une continuité puisqu’ils baissent continuellement depuis maintenant 4 ans. Nous avons cependant un sentiment que cette baisse tend à reculer depuis quelque temps.

Dans un même temps, nous pouvons dire que les transactions que nous appelons « grand public », à savoir les biens compris entre 100 000 et 400 000 €, ont repris un rythme soutenu, et ce, sans interruption depuis le mois de novembre. Depuis quelques années, nous connaissions, de temps en temps, quelques pointes d’un ou deux mois durant lesquels les transactions repartaient à la hausse, mais on retombait ensuite dans une morosité ambiante pendant trois mois. Là, nous ressentons une réelle dynamique, la reprise est soutenue : nous avons un beau volume de ventes, les gens achètent, les dossiers sortent, c’est très concret.

Existe-t-il un marché de l’immobilier de prestige à Aix-en-Provence ?

P.B. Il y a un marché de l’immobilier de prestige que nous appelons également l’immobilier résidentiel, et qui concerne les biens qui se situent autour de 600 000 à 2 millions d’euros. Cela concerne pas mal de monde ici, et du temps où le marché se portait bien, il n’était pas rare que nous vendions des biens entre 800 000 et 1 million d’euros voire plus, que ce soit en plein centre-ville d’Aix-en-Provence ou aux abords de la ville.

Du temps où le marché se portait bien, il n’était pas rare que nous vendions des biens de prestige dont la valeur pouvait atteindre 1 million d’euros voire plus ».

Pascal Boyer, responsable de l’agence Pelletier Savon.

Comment se porte ce marché de l’immobilier de prestige ?

P.B. Dans ce secteur, les choses sont beaucoup plus compliquées car nous ne notons pas encore de reprise. C’est d’abord le secteur qui a été le plus touché par la baisse des prix, et il faut savoir qu’il y a 4-5 ans, les difficultés ont d’abord touché le marché immobilier « grand public », et ces difficultés ont été très nettes. Parallèlement, l’immobilier de prestige a continué à évoluer positivement durant un an, et ça a même très bien tourné. Le prestige ayant mis un an pour ralentir, il lui faudra peut-être un an de plus pour repartir. Nous pouvons imaginer que c’est lorsque le secteur de l’immobilier « grand public » sera sécurisé que les acheteurs à fort pouvoir d’achat relanceront le secteur résidentiel. Ce qui est intéressant, c’est que nous voyons à travers la consultation de nos sites web que l’intérêt pour l’immobilier de prestige aixois est grandissant en ce moment. Les personnes examinent et regardent mais ne s’engagent pas encore. Ils sont certainement dans une phase d’observation et attendent de voir le marché global se stabiliser.

A Aix-en-Provence, les acheteurs viennent-ils chercher une résidence principale ou sont-ils intéressés par l’investissement locatif ?

P.B. Il y a toujours un peu d’investissement locatif, mais c’est très marginal ici. Le profil-type du client à Aix-en-Provence vient acheter sa résidence principale et nous voyons de plus en plus de primo-accédants, qui sont de plus en plus jeunes, chose que nous n’avions pas vu depuis longtemps. Il me semble que ce sont même eux qui donnent le ton de la reprise.

On peut voir de temps à autre des personnes cherchant par exemple à acheter un petit studio en centre-ville pour leur enfant étudiant et qui le loueront par la suite, mais ça ne représente pas un gros volume.

Il faut souligner également que Aix-en-Provence n’est pas une ville de résidences secondaires, nous en comptons très peu, les gens qui achètent ici souhaitent principalement se loger et s’installer.

A Aix-en-Provence, le prix moyen se situe à 3 850 €/m², avec un écart qui oscille entre 2 700 et 6 000 €/m² .

Source : Baromètre LPI-SeLoger

Quel est le type de bien qui se vend le mieux ?

P.B. Les appartements sont indéniablement les biens les plus vendus et les plus achetés. Ce sont en majorité des appartements de type 3 ou type 4, de 70-80 m ² de surface et dont les prix oscillent entre 220 000 et 350 000 €. En volume, c’est là que se situe le plus gros de la demande et c’est en rapport avec la démographie et la population.

Pensez-vous que le marché de l’immobilier neuf parvient à s’imposer à Aix-en-Provence ?

P.B. Disons que pour le moment, on ne peut pas vraiment dire que les constructions aient réellement débuté, ou vraiment très peu. En revanche, ce que nous savons, c’est qu’énormément de projets sont en cours, et de nombreux programmes devraient voir le jour à l’horizon fin 2016-2017. La raison est simple : à Aix-en-Provence, nous sortons, cette année, d’un plan d’occupation des sols qui avait plus de 20 ans et qui imposait des règles de constructibilité qui n’étaient pas favorables à la construction de programmes neufs. Et nous basculons sur un PLU qui entrera en vigueur entre juillet et octobre. Ce PLU ayant été établi dans le respect de la loi SRU de 2000, on retire beaucoup de droits à bâtir. Grâce à ce nouveau document, nous savons que beaucoup de projets n’attendent qu’à être déposés. Ces projets vont de l’agrandissement de maisons, au terrain à bâtir et jusqu’à la démolition de certains bâtiments pour reconstruire sur le terrain.

Nous n’avons donc, pour l’heure, pas vraiment de biens neufs, mais nous pouvons prévoir de nombreuses mises en chantier à partir de cette année grâce à ce PLU qui facilite les possibilités de construire et qui encouragent les promoteurs. Certains ont déjà préparé leur dossier et n’attendent plus que la promulgation officielle du PLU pour déposer les permis.

Les biens les plus recherchés sont les appartements de type 3 ou 4, de 70/80 m² de surface ».

Ces biens valent entre 220 000 et 350 000 € en moyenne.

Existe-t-il des contrastes majeurs entre les différents quartiers d’Aix-en-Provence ?

P.B. Absolument pas, cette ville est très homogène. Il n’y a pas de fracture entre les riches, les pauvres et les classes moyennes comme dans certaines grandes villes. Aix-en-Provence est une petite ville, ce qui facilite le mélange des populations, et vous pouvez voir dans un même quartier se côtoyer un immeuble de grand luxe dont les appartements valent 6 000 €/m² et un immeuble des années 60 sans ascenseur dont les appartements se vendent 2 700 €/m². Et les habitants de ces immeubles très différents bénéficient du même environnement, des mêmes transports, des mêmes écoles.

La population vit très mélangée dans l’absolu. Vous pouvez voir quelques ensembles de logements sociaux bâtis dans le passé, ce ne sont certes pas les quartiers qui attirent le plus les acheteurs, mais on ne peut même pas parler de quartiers, cela se joue surtout au niveau des copropriétés.

Y a-t-il, malgré tout, des quartiers plus prisés que d’autres ?

P.B. Si l’on devait citer quelques quartiers plus côtés que les autres, on pourrait se tourner vers le fameux quartier Mazarin qui abrite beaucoup d’hôtels particuliers, on peut dire que ce quartier est plutôt bourgeois. On peut également citer le quartier des Allées provençales qui est un quartier neuf construit en 2005, et qui plaît car il est commode : il est situé en plein centre-ville et les immeubles bénéficient d’ascenseurs et de garages en sous-sol. Et puis il y a également le quartier de la Torse qui est appelé le quartier des familles car il s’agit de belles résidences situées près d’un grand parc et de toutes les écoles.

Mais encore une fois, ces quartiers-ci côtoient également des immeubles des années 60 qui ne valent pas 3 000 €/m² ou à peine. Tout cela contribue à la bonne ambiance de la ville, nous ne connaissons pas les problèmes de ségrégation et les ghettos que d’autres villes comme Marseille peuvent rencontrer.

Merci à Pascal Boyer, responsable de l'agence immobilière Pelletier Savon.

Chiffres clés

  • A Aix-en-Provence, le prix moyen signé d'un appartement est de 3 850 €/m² en moyenne.
  • Au cours des douze derniers mois, les prix affichés ont baissé de 0.8 %.
  • Sur un an, les prix signés ont progressé de 0,8 %.​