Locations meublées via Airbnb et consorts : agents immobiliers et hôtels portent plainte !

Locations meublées via Airbnb et consorts : agents immobiliers et hôtels portent plainte !

800 professionnels de l’hôtellerie et de l’immobilier ont décidé de passer à l’offensive pour dénoncer la « concurrence déloyale » des plates-formes de location de meublés, comme Airbnb ou encore Abritel/HomeAway.

Les agents immobiliers et les hôteliers passent à la vitesse supérieure !

Le mano à mano entre les deux camps ne pouvait prendre qu’une tournure judiciaire. En début de semaine, un regroupement impressionnant de 800 professionnels de l’hôtellerie et de l’immobilier ont décidé de passer à l’action en déposant une plainte au parquet de Paris, avec constitution de partie civile. Plusieurs associations, fédérations et autres réseaux sont impliqués : AhTop (Association pour un hébergement et un tourisme professionnels, regroupant 30 000 adhérents), GNI-Synhorcat (Groupement National des Indépendants de l’Hôtellerie Restauration), la Fnaim, Snpi ou encore Unis. La plainte vise les pratiques des plates-formes de location de meublés. Elle fait suite à une plainte isolée en date de novembre 2015.

Bon à savoir

Selon une étude de la Coface (décembre 2016), entre 2011 et novembre 2015, la fréquentation des touristes étrangers dans les hôtels parisiens avait progressé de 16,2 %. Depuis les attentats de novembre 2015, elle est en repli de 6,2 %.

En cause, une violation de la loi Hoguet sur l’activité immobilière

Pour les professionnels, il y a manifestement « violation de la loi Hoguet sur l'activité immobilière, dans la mesure où les plates-formes ont un rôle d'intermédiaire entre loueurs et locataires sans pour autant détenir de carte professionnelle, le fait qu'il n'y ait pas d'immatriculation obligatoire comme c'est le cas pour les agents de voyages ou encore la méconnaissance des règles applicables aux activités d'assurances ». Jean-Bernard Falco, président fondateur d’AhTop, insiste, lui, sur le fait que cette plainte ne vise pas les plates-formes et leur utilité mais cible leurs pratiques : « Nous espérons que la France accueillera 130 M de visiteurs à horizon 2030, il est donc nécessaire d'avoir une offre d'hébergement développée et adéquate mais nous demandons une équité avec ces plates-formes, pour une saine concurrence, avec la garantie de la transparence pour le consommateur », conclut-il.

Des pratiques commerciales trompeuses

Selon le cabinet d’avocats Gide, qui accompagne les plaignants dans leur démarche, il s’agit de mettre un terme aux « pratiques commerciales trompeuses des plates-formes, qui, pour attirer un maximum d'utilisateurs, adoptent une politique commerciale agressive ». Cette plainte entend mettre en relief « le fait que l'activité de ces nouveaux acteurs économiques est à plusieurs titres en infraction avec la réglementation applicable ».