Résidences étudiantes : un marché porteur pour de nombreux investisseurs

Au Havre, une résidence étudiante aménagée avec des containers. © Nicolas Thibaut
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Les investisseurs s'intéressent de plus près au marché des résidences étudiantes. Le contexte est porteur : on recense aujourd'hui seulement 375 000 logements pour près d'1,6 M d'étudiants.

Un manque de place important dans les résidences étudiantes

C’est la société de conseil en immobilier CBRE qui l’assure : « Depuis plusieurs décennies, les étudiants sont confrontés à l'insuffisance de logements du parc universitaire et à la pénurie qui sévit sur les studios et les petits appartements des centres-villes des grandes métropoles ». A la rentrée universitaire 2016, le recensement en logements étudiants en France métropolitaine établissait une offre de 375 000 places pour près de 1,6 M d'étudiants qui résident hors du domicile familial (sur 2,5 M au total). 

Bon à savoir

En 2015 : 26,2 % des étudiants étaient concentrés en Ile-de-France et 29 % se répartissaient dans cinq académies : Lyon (178 800), Lille (164 500), Toulouse (129 700), Nantes (123 800) et Rennes (120 700). 

Des loyers de plus en plus élevés dans le parc privé

Seuls 10 à 15 % des étudiants « décohabitants », à savoir vivant en dehors de leur famille, ont trouvé un logement dans les résidences universitaires gérées par le CROUS, les logements sociaux, les chambres dans les foyers ou encore les internats... A Paris, l'offre de chambres en résidences CROUS, prioritairement destinés aux boursiers, ne couvre qu’1,9 % des besoins d’étudiants « décohabitants ». Dans le secteur public, les loyers mensuels sont nettement avantageux, oscillant de 150 € pour une chambre à 400 € pour un studio en Île-de-France. Dans le parc privé, il faut compter entre 750 à 1 100 € à Paris, 450 à 550 € à Lyon, 450 à 600 € à Lille et 480 à 580 € à Toulouse, pour un studio de 18 à 20 m² en résidence étudiante.

Bon à savoir

Selon CBRE, en France, 200 résidences étudiantes pourraient ouvrir en 2017-2018, à l’examen des permis de construire accordés.

Les investisseurs de plus en plus séduits par le marché

Un nombre croissant de foncières et de compagnies d'assurances s'intéressent au logement des étudiants espérant un rendement de 4,5 % à 6 %, supérieur à celui des actifs classiques. Pour éviter les mésaventures de la vacance locative, ils optent pour des implantations proches des centres étudiants, avec des résidences offrant un haut niveau de qualité de services (Internet haut débit, salles de sport, parkings, espaces de coworking...). Les particuliers, eux aussi, s’intéressent à ce type d’investissement, où il est possible de récupérer la TVA après 20 ans.

Bon à savoir

Sébastien Lorrain, directeur en charge de l'immobilier résidentiel chez CBRE, invite les investisseurs à faire preuve de prudence : « Il faut regarder de près s'il y a déjà, dans la ville, une offre importante de studios, 2 et 3 pièces, qui n'arrivent pas à se louer ». Ainsi, Marseille, Grenoble, Rennes ou Clermont-Ferrand ne seraient pas de « bonnes villes » pour les investisseurs en résidences étudiants.