La métropole de Lyon se dote d’un Plan d’Urbanisme pour dessiner la ville de demain

La métropole de Lyon se dote d’un Plan d’Urbanisme pour dessiner la ville de demain
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C’est une première en France. La métropole de Lyon vient d’arrêter le PLU-H, intégrant à la fois les questions d’urbanisme et d’habitat. Il poursuit les actions engagées par le PLU précédent en matière économique et fixe de nouvelles ambitions au niveau de l’habitat et de l’environnement.

4 défis à relever pour la métropole de Lyon

La concertation préalable du PLU-H a duré cinq ans et a permis de dégager les préoccupations principales des habitants à savoir, les difficultés pour se loger, la densité, les déplacements, l’identité et le patrimoine des communes, la volonté de maintenir les espaces naturels et agricoles. Il a été identifié quatre grands défis inscrits dans le PLU-H, défis que découvrent les grandes métropoles européennes qui connaissent une forte croissance économique et démographique :

  1. Défi métropolitain.
  2. Défi économique.
  3. Défi de la solidarité en matière de logement.
  4. Défi environnemental.

Le conseil de la métropole lyonnaise veut inscrire la Métropole comme moteur au sein du club des grandes métropoles européennes. Pour cela, il est essentiel de penser cet espace de façon globale, de l’économie au cadre de vie, en passant par la préservation de la nature et du patrimoine architectural ».

David  Kimelfeld, Président de la Métropole

1. Le défi métropolitain pour le rayonnement au profit de tous les Lyonnais

Participer à l’attractivité et au rayonnement de la Métropole au profit de tous les habitants est un des objectifs majeurs du PLU-H. Une ambition qui relève de plusieurs actions : Favoriser l’économie d’excellence et la métropole des savoirs en développant une synergie entre les entreprises et l’université pour innover, conforter l’offre commerciale, celle des grands équipements, comme le Musée des Confluences, le stade des Lumières à Décines, Gerland à Lyon, l’hôpital Edouard Herriot et celle de l’hébergement hôtelier touristique, qui participent à la visibilité et à l’attractivité de la Métropole.

  • Développer des grands projets urbains et économiques

Cela passe par la poursuite des grands projets de Gerland, La Part Dieu, Gratte-Ciel nord sur Villeurbanne, etc. le déclassement de l’A6/A7, la multiplication des sites « d’agrafe urbaine » entre le centre de Lyon et la première couronne, le renouvellement urbain des grands ensembles fragiles, la régénération de la Vallée de la chimie en lien avec le fleuve et les tissus urbains. Enfin, mettre à profit le patrimoine naturel et bâti remarquable avec la préservation et la mise en réseau des grands espaces naturels, la valorisation et la  protection des sites bâtis, paysagers et archéologiques... Mais mettre en valeur la zone UNESCO et aussi intégrer les trois Aires de valorisation de l’architecture et du Patrimoine (AVAP) : Albigny-Neuville, Gratte-Ciel et les Pentes de la Croix Rousse.

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Le campus de la Doua illustre la synergie entre étudiants et chercheurs. © DR

2. Le défi économique pour développer et renouveler les activités dans la ville

Lyon est la seconde agglomération industrielle française après l’Ile-de-France, le nouveau PLU-H lui garantit 6 880 ha de zone économique, ce qui correspond à 22 années de développement. L’un des points forts de ce PLU-H est de maintenir l’économie en ville, en particulier dans l’hypercentre de Lyon (7 et 8 è) et sur Villeurbanne et de favoriser, dans les tissus du centre, une offre foncière et immobilière diversifiée et abordable, notamment pour les « industries créatives ».Tout en renforçant le développement des grands pôles tertiaires, la métropole entend créer une autre offre tertiaire  dans les secteurs Grand Clément à Villeurbanne, le Puisoz à Vénissieux, la Saulaie à Oullins…mais aussi encourager la réhabilitation tertiaire des anciens parcs. Enfin, en matière commerciale, à côté des grands projets en cours que sont la rénovation du centre Part-Dieu et Grand Hôtel-Dieu mais aussi Carré de Soie et Gratte-Ciel Nord, le PLU-H veut renforcer le commerce de proximité et faire émerger de nouveaux concepts marchands.

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La restructuration du centre commercial n'empêche pas le développement du commerce de proximité. © DR

3. Le défi de construire 8 500 logements par an avec mixité à la clé

Depuis 15 ans, la population de la Métropole grossit de 10 300 habitants par année, attirés par son développement économique et sa qualité de vie. Pour permettre à chacun de se loger en fonction de ses besoins, le PLU-H prévoit la réalisation de 150 000 logements neufs entre 2010 et 2030 soit entre 8 000 à 8 500 logements neufs par an. Cet objectif doit s’accompagner d’une forte diversité de produits en nature (collectif, individuel, logements temporaires, pour les jeunes, les étudiants, les handicapés…) et en gamme avec 45 % de l’offre nouvelle à réaliser en logements aidés ou abordables (locatif social, locatif privé intermédiaire, accession abordable et accession sociale sécurisée). 

  • Lutter contre l’habitat indigne

Le volet de l’habitat existant est également au centre des préoccupations de l’agglomération, tant sur le parc privé que social, pour les propriétaires occupants que pour les propriétaires bailleurs. A cet effet, le PLU-H prévoit de poursuivre la lutte contre l’habitat indigne, continuer l’intervention sur les copropriétés fragiles et dégradées sur 8 000 logements à traiter entre 2018 et 2 026. Au programme également, assurer la gestion des nuisances et des risques dans l’habitat sur 600 logements d’ici 2019 et accélérer le Plan de Préventions des risques technologiques de la Vallée de la Chimie en particulier avec le traitement de 5 500 logements en 8 ans. Enfin, l’amélioration du cadre de vie passe aussi par le volet Habitat du Plan Climat-Energie territorial avec 10 000 logements à réhabiliter d’ici 2020 et par le développement des formes urbaines économes d’espace et de qualité.

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Confluence devançait la mixité de l'offre des logements bien avant le lancement du PLU-H. © Clarom69

Nous raisonnons sur quatre générations, ce qui induit de décliner divers typologies de logements allant de l’étudiant ou du jeune couple au senior et dans divers sites de la Métropole ».

Miche Le Faou, vice-président de la Métropole, chargé de l’Urbanisme et du Logement

4. Le défi environnemental pour un urbanisme économe

La Métropole lyonnaise inscrit ce défi au centre de son dispositif pour répondre aux nouveaux enjeux environnementaux et pour améliorer le cadre de vie pour la santé et le bien-être de ses habitants. Depuis 15 ans, elle s’est engagée à maîtriser son étalement urbain et à maintenir un équilibre entre les zones urbaines et les zones agricoles et naturelles et à développer la nature en ville. Le PLU-H prévoit de « rendre » aux espaces naturels et agricoles 700 ha d’espaces prévus à l’urbanisation qui s’ajoutent à 1 000 ha reclassés en zones naturelles et agricoles en 2005. A l’échelle d’une grande métropole, les rapports entre « les espaces de nature » comme l’eau ou la végétation et la ville évoluent : des supports de la biodiversité à une fonction économique avec le développement d’agriculture périurbaine de proximité tout en étant un élément important du cadre de vie, ils s’étendent aux usages récréatifs et espaces de respiration, au renforcement des liens sociaux via les jardins partagés. Pour renforcer la Nature en ville, 220 ha de zones de paysages, de parcs urbains ou de loisirs vont être ouverts au public, 762 ha d’espaces boisés classés vont être protégés.

Bon à savoir

Jusqu’en janvier 2018, le PLU-H va être soumis à la consultation des communes et des Personnes Publiques Associées (PPA). Dans le cas d’un avis favorable, le PLU-H pourrait être approuvé en Conseil de la Métropole d’ici l’été 2018. Le cas échéant, un nouveau vote aurait lieu en mars 2018 repoussant l’approbation à la fin de l’année.