L'habitat participatif : les nouvelles copropriétés

L'habitat participatif est en train de remettre en cause les idées reçues sur la copropriété et le mode de vie en communauté © kasto
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Quitte à avoir des voisins, autant les choisir en fonction de vos affinités et élaborer ensemble un projet. L'habitat dit « participatif » est un nouveau mode de logement. Le principe ? Chacun chez soi, mais une mutualisation des moyens et une mise en commun de certains espaces.

L'habitat participatif, qu'est-ce que c'est ?

Dans le cadre d'un projet d'habitat participatif, plusieurs citoyens de tous âges et tous horizons unissent leurs moyens pour acheter un terrain et concevoir collectivement leur futur habitat. La nature du projet diffère bien sûr en fonction du nombre de participants et de leurs aspirations particulières : la plupart des groupes, toutefois, ont pour objet la création d'un habitat qui comprend à la fois des logements privatifs pour chaque foyer (appartements, maisons...) et des espaces dédiés à la vie en commun, beaucoup plus divers et variés que dans une copropriété classique (voir encadré).

Un nouveau mode de logement ouvert à tous

Avant d'être un dossier purement technique et immobilier, un habitat participatif se veut avant tout une expérience humaine et sociale fondée sur le principe d'entraide et de convivialité. Tous les profils sont les bienvenus et peuvent librement s'inscrire, via différentes plates-formes en ligne, aux groupes en cours de constitution ou déjà au travail, depuis les simples célibataires ou retraités jusqu'aux familles nombreuses. Il est possible de fonder un habitat participatif en ville ou à la campagne, et d'y faire participer des futurs habitants aux moyens financiers très contrastés.

Les biens ou services mis en commun

  • Les espaces mis en commun sont très variables. Ils peuvent inclure simplement un jardin, une salle de réunion, une chambre d'ami, une buanderie ou encore un espace bricolage, mais aussi parfois la cuisine, des bureaux, une grande bibliothèque...
  • Au-delà, des petits ou grands services peuvent aussi être mutualisés : dépannages divers, covoiturage, garde des enfants, jardinage, nettoyage...

Les différentes phases d'un projet d'habitat participatif

La concrétisation d'un nouvel habitat participatif nécessite au minimum un délai de trois ans, voire le double, tout en mobilisant beaucoup d'énergie de la part des participants. La formation d'un groupe de volontaires, dont la composition pourra ensuite évoluer au fil du projet, voit tout d'abord le jour sur Internet, et la première tâche consiste à définir précisément l'objectif et à rechercher un terrain viable ou un bâtiment à réhabiliter. Une nouvelle phase, plus technique, implique ensuite l'engagement formel des différents participants via l'achat en commun du terrain, puis le dépôt du permis de construire et le chantier proprement dit (qui pourra être confié à un professionnel ou auto-construit, selon les cas).

D'un point de vue juridique, le nouvel habitat ne se distingue pas d'une autre copropriété dotée de parties communes, et obéit donc au même régime (assemblées générales, tenue des comptes...).

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Vrai ou faux : il est possible d'être locataire en habitat participatif

Réponse : VRAI. Un particulier peut investir dans un habitat participatif, tout comme dans n'importe quelle autre copropriété, dans le but de mettre ensuite le logement en location. Certains projets sont même intégralement composés de logements locatifs. D'autres, enfin, incluent des logements sociaux par le biais d'une convention passée avec un bailleur.

Règlement communautaire et prise de décision

Dans tout habitat participatif, la gestion des affaires courantes et la prise de décisions plus importantes passent par l'organisation régulière de réunions entre les copropriétaires. Le mode de décision est susceptible de différer en fonction des statuts ou du règlement intérieur de la résidence. Ce dernier, selon les cas, sera un simple règlement de copropriété, un contrat coopératif (lorsque le projet a été conçu comme une « coopérative d'habitants » au sens de la loi ALUR) ou encore un règlement d'attribution en jouissance.

Dans les faits, les habitants évitent autant que possible de recourir aux règles statutaires du projet en cas de litige, et privilégient la recherche du consensus afin de désamorcer les conflits potentiels.

Beaucoup plus respectueux des aspirations et de l'intimité de chacun qu'un kolkhoze à la soviétique, l'habitat participatif remet en cause les idées reçues sur la vie en communauté. Il propose une formule équilibrée et attractive à tous ceux qui souhaitent retrouver un peu de lien social au quotidien.

Les points clés à retenir

  • L'habitat participatif se caractérise par le mélange de logements privatifs et d'espaces communs.
  • Ce mode de logement s'épanouit très vite grâce aux communautés qui se forment en ligne.
  • Il compense les contraintes de la copropriété par l'entraide quotidienne des habitants.

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