Etudiants : les trucs les plus fous qu'ils ont fait pour dénicher un appart

Pour décrocher un logement, certains étudiants sont prêts à tout. © Tetra Images/Oredia
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Loyers stratosphériques, résidences étudiantes surpeuplées…  Pour les étudiants, c’est galère de se loger. Du coup, certains sont prêts à tout : cohabiter avec une mamie ou une accro au sexe, devenir faussaires ou clandestins.

J'ai été en coloc avec une vraie nympho

« En arrivant à Paris, j’ai vite compris que ce serait difficile de trouver un appart ! Étant une grande fan de Friends, je me suis alors dit que je pourrais faire comme Monica et Rachel ou encore comme Joey et Chandler : jouer la carte de la colocation. Et c’est exactement ce que j’ai fait. Après avoir visité plusieurs apparts (et rencontré plusieurs colocs potentiels), j’ai enfin trouvé la perle rare. Enfin, ça, c’est ce que je croyais… Parce que la fille avec laquelle j’avais choisi de cohabiter était une vraie nympho (sa chambre étant juste à côté de la mienne et les murs étant épais comme du papier à cigarette, touts les nuits, j’avais l’impression qu’on tournait un film X dans l’appart…) doublée d’une klepto de première (mes yaourts, mes fringues, mes préservatifs, tout disparaissait…). Au bout de deux mois, j’ai craqué et je suis partie ! »
Charlotte, 26 ans, Paris (75)

Friends, c'est de la fiction !

Si une trop grande colocation peut s’avérer trop festive (notamment pour pouvoir étudier en toute sérénité), en revanche, s’installer à deux avec une personne que l’on ne connaît pas est un pari risqué. Pour info, dans certains départements comme l’Oise, par exemple, le nombre maximum de colocataires est limité à cinq. Au-delà de ce seuil, la colocation est requalifiée en résidence étudiante avec toutes les obligations qui en découlent (gardiennage, nombre suffisant de places de parking, etc.).

J’ai carrément « photoshopé » la feuille de salaire de mon père 

« Mes parents étaient prêts à se porter garants lorsque j’ai décidé de venir à Lyon pour mes études. Mais avec leurs revenus modestes, ils ne gagnaient jamais assez aux yeux des proprios. Un jour, j’ai carrément ‘’photoshopé » la feuille de salaire de mon père et son avis d’imposition. En à peine quelques clics,  il s’est vu accorder une augmentation de 200%. Mon dossier est passé et ni mes parents ni mon bailleur n’en ont jamais rien su ! Pas vu, pas pris ! Bon, je sais bien que ce n'est pas joli-joli mais si c’était à refaire, je pense que je le referais sans hésiter ».
Anthony, 33 ans, Villeurbanne (69)

Bon  à savoir

On risque gros à falsifier des documents. S’il se rend compte qu’il a été berné, un bailleur peut poursuivre son locataire pour escroquerie : un délit passible de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende…

J'ai regardé pendant 2 ans les Chiffres et les Lettres avec une personne âgée

« Ça fait maintenant une semaine que j’habite chez Henriette, une charmante vieille dame de 83 ans. Bon, c’est sûr que de vivre sous le même toit que quelqu’un qui pourrait être ta grand-mère, voire ton arrière-grand-mère, ça n’était pas franchement mon premier choix… Je me voyais déjà obligée de lui changer sa couche et de regarder les Chiffres et les Lettres avec elle. Bref, la loose ! Sauf qu’entre les proprios qui te demandent un garant avec des revenus de ‘ouf et les apparts dont on t’annonce qu’ils viennent juste d’être loués quand tu viens les visiter, j’ai rapidement craqué. Alors quand on m’a parlé des logements intergénérationnels, je me suis dit « pourquoi pas moi » ?

Je me suis inscrite dans une association spécialisée et peu de temps après, je faisais la connaissance d'Henriette. Le deal entre elle et moi, c’est que je dois assurer une ‘’présence humaine’’. En clair, ça veut dire être à la maison tous les soirs (elle adore papoter avec moi et que je lui raconte ma journée, mes profs, les cours, les garçons, etc.) et aussi un week-end sur deux. C’est clair, ne pas pouvoir recevoir de visites ni sortir le soir me manque (sans compter les chansons de Frank Michael qui passent en boucle…) mais pour quelques dizaines euros par mois et 300 euros de frais d’inscription annuels à l’association, j’ai tout de même une grande chambre pour moi toute seule dans un appartement, certes vieillot mais hyper spacieux.

En plus, je n’ai pas à faire le ménage ni la cuisine. Elle a des aides pour tout ça. Juste à faire réchauffer les plats. Et puis, surtout, avec Henriette, on s’entend bien toutes les deux. Je me suis attachée à elle, et réciproquement. Pour me charrier, mes potes l’appellent Tatie Danielle. Quand je le lui ai dit, ça l'a fait rire. Non, mon seul stress ce serait qu’elle meure dans son sommeil pendant que je dors dans la chambre à côté… »
Marie, 24 ans, Marseille (13)

Bon à savoir

Opter pour ce type d’hébergement permet non seulement de gagner en autonomie mais aussi de changer la vision que l’on a trop souvent des personnes âgées. Outre les économies qui peuvent être réalisées sur le loyer, cohabiter avec une personne du 3ème âge constitue avant tout un véritable engagement à ne pas prendre à la légère. Attention, fêtard(e)s s’abstenir ! Plus d’infos sur chambrealouer.com et reseau-cosi.com

J'ai sous-loué un appart à un pote d'un pote...

« Le pote d'un pote d'un autre pote venait de se voir proposer un super job à Londres mais ça lui faisait mal de lâcher son appart à Paris. De mon côté, j’allais démarrer les cours à la fac mais je n’avais pas encore trouvé à me loger…  Du coup, il s’est dit qu’il pourrait peut-être le sous-louer à quelqu’un. Et il m’a choisi, moi ! Vu que nulle part dans son contrat de bail, il n’était mentionné que la sous-location était prohibée, on s’est dit qu’il n’y aurait aucun problème. Sauf que les revenus tirés de la sous-location devant être déclarés, je le payais en espèces tous les mois via son frère. Mais un jour, j’en ai eu marre d’être un fantôme et de n’apparaître sur aucun contrat…

Et là, la boulette : j’ai collé une étiquette avec mon nom sur la boîte aux lettres. Déjà que les voisins avaient des doutes et accessoirement commençaient à se plaindre du bruit causé par les petites fêtes que j’organisais, c’est vrai, j’avoue, un peu trop souvent et jusque tard dans la nuit, ils m’ont balancé au proprio. Le hic, c’est que même s’il n'avait pas interdit formellement toute sous-location de son appart, il n’avait pas non plus donné son accord (en même temps, ça aurait été difficile, vu qu’il n’était même pas au courant). Furax, il a rompu le bail, le frère de mon pote a perdu son appart et moi, j’ai perdu mon pote et l’appart… »
David, 21 ans, Levallois (92)

Bon à savoir

De quelque côté que l’on se place, la sous-location comporte des risques. Si le sous-loueur n’a pas l’accord de son bailleur « officiel », le contrat de bail pourra être remis en cause. Et si le sous-locataire décide de ne plus régler son « loyer », le sous-loueur ne disposera d’aucun recours légal…

Logements étudiants : où chercher ?

Si vous êtes étudiant(e)s et que vous galérez pour vous trouver un appart ou une chambre, voici quelques pistes qui méritent d’être creusées :

  • résidences étudiantes,
  • cohabitation avec un senior,
  • colocation,
  • logements sociaux (HLM),
  • foyers de jeunes travailleurs (FJT).

Les points clés à retenir

Les logements intergénérationnels permettent de gagner en maturité auprès d’un bailleur/colocataire plus âgé. Si vous préférez opter pour une colocation à deux, gardez en tête que c'est un pari risqué (si l’ambiance se dégrade, l’un(e) des deux devra partir). Enfin, en cas de sous-location, sachez que le propriétaire doit avoir donné son accord.