La colocation intergénérationnelle : une aventure humaine

La colocation intergenerationnelle, un pari gagnant-gagnant, tant pour le sénior qui accueille que pour l’étudiant hébergé. © Alexander Raths
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La colocation intergénérationnelle séduit de plus en plus de personnes, aussi bien des séniors en mal de compagnie que des étudiants aux moyens financiers limités. 

Un mode de cohabitation aux atouts indéniables

Pour commencer, nous pouvons partir d’un constat simple : les séniors souffrent de plus en plus de la solitude dans un logement bien trop grand pour eux seuls, tandis que les jeunes étudiants, de leur côté, sont confrontés à des loyers de plus en plus exorbitants, à plus forte raison lorsqu’ils partent étudier dans une grande ville.

C’est pourquoi certaines associations ont eu l’idée de proposer à des séniors en mal de compagnie d’accueillir des jeunes adultes  en échange de menus services et/ou d’une somme modique voire nulle, afin que ces derniers puissent se loger à moindre frais.

L’avantage est donc équitablement réparti, puisque l’accueillant a l’assurance de rompre avec sa solitude et de pouvoir compter sur son hôte pour les tâches de la vie quotidienne, tandis que l’étudiant peut bénéficier d’un espace de vie confortable et calme pour étudier, et cela lui permet également de rompre avec la vie familiale de façon moins brutale.

« J’accueille Victoire, 21 ans »

« J’apprécie de ne plus être seule, surtout la nuit. Et puis nous discutons beaucoup toutes les deux. Elle s’est engagée à être rentrée tous les soirs à 20h pour me donner quelques coups de mains dans la maison. »

Jeanne, 88 ans

Des colocataires accompagnés tout au long de la cohabitation

Il existe plusieurs associations qui peuvent accompagner les personnes en quête de ce mode de cohabitation, aussi bien dans la mise en contact que dans le déroulement de la vie quotidienne des nouveaux colocataires.

En général, le sénior ainsi que l’étudiant doivent s’acquitter de l’adhésion à l’association qu’ils ont choisie, et en échange de cette adhésion, les membres de l’association encadrent la relation des deux parties.

Ils se chargent de les mettre en relation selon les critères fixés par l’un et l’autre. En effet, il s’agit de ne pas imposer un étudiant fumeur à un sénior qui ne supporte pas la cigarette, ni la présence d’un animal à un étudiant allergique, etc.

Une fois que la rencontre a été amorcée, les membres de l’association viennent préciser les engagements de chacun et font signer un contrat entre les futurs colocataires. Puis tout au long de la cohabitation, ils sont présents pour répondre aux éventuelles difficultés ou interrogations.

« J’habite près de Lyon avec Odette, 86 ans »

« Je suis partie faire mes études loin de chez mes parents, et le fait de partager le quotidien d’Odette m’a réconfortée. Le soir on dîne ensemble, on regarde la télé et on papote de tout et de rien. Je l’aide en réchauffant les repas, en faisant la vaisselle et en fermant les volets. »

Audrey, 18 ans

Il existe trois types de colocation intergénérationnelle

Tout d’abord, sachez que la colocation intergénérationnelle doit faire l’objet d’un contrat. II en existe trois différents et ils n’entraînent pas les mêmes obligations ni les mêmes devoirs :

  1. la sous-location : une partie du domicile est sous-louée à un jeune en contrepartie d’un loyer.
  2. la mise à disposition contre services rendus et participation financière : le sénior met une partie de son logement à la disposition de l’étudiant en contrepartie de services rendus et d’une participation financière aux charges.
  3. la mise à disposition gracieuse contre services rendus : le sénior met gracieusement une partie de son logement à la disposition de l’étudiant, avec des services rendus pour seule contrepartie.

Bon à savoir

Si vous êtes un étudiant et que vous êtes intéressé par ce mode de cohabitation, sachez quand-même que faire le choix de la colocation intergénérationnelle ne vous ouvre pas droit aux aides au logement de la CAF.

Lorsque l’on parle de services rendus par l’étudiant, sachez que celui-ci n’est en aucun cas tenu d’apporter une aide médicale. En revanche, il peut s’agir par exemple :

  • d’aider le sénior à effectuer des démarches administratives
  • d’effectuer quelques tâches ménagères (repas, vaisselle, ménage, etc)
  • d’aider à faire les courses
  • de faire la lecture du journal

Prévoyez une charte d’organisation de la vie quotidienne

Il est vivement conseillé d’établir une charte d’organisation de la vie quotidienne, pour que les deux parties établissent à l’avance les règles, les interdits et les tolérances de chacune.

Cette charte n’est pas obligatoire mais elle est fortement recommandée, afin de permettre aux deux colocataires d’aborder tous les aspects de la vie quotidienne, de définir un cadre de cohabitation acceptable aussi bien pour le sénior que pour l’étudiant, et d’éviter ainsi tout malentendu ou désaccord durant la cohabitation.

Les points clés à retenir

  • La colocation intergénérationnelle est une expérience humaine enrichissante et indéniablement bénéfique pour les deux colocataires.
  • Pour que la cohabitation se déroule le mieux possible, il est indispensable d’établir, dès le départ, des règles de vie quotidienne, de faire preuve de discrétion du côté de l’étudiant, et de tolérance du côté du sénior.