Huit femmes exceptionnelles qui bousculent les codes de l'architecture

Huit femmes exceptionnelles qui bousculent les codes de l'architecture
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De renommée internationale, voici huit femmes qui, à travers leurs créations, nous livrent leur vision personnelle de l’architecture. Huit modèles féminins de réussite et d’ambition dans un milieu encore très marqué par la dominante masculine.

Zaha Hadid, figure de proue de la profession

Ayant grandi en Iraq, Zaha Hadid s’installe en 1972, à Londres, pour étudier l’architecture à l’Architecture Association School of London, avant de fonder sa propre agence architecturale en 1980, à Londres également. Première femme à gagner le prestigieux Prix Pritzker en 2004, Zaha Hadid s’affirme par un style déconstructiviste, caractérisé par une architecture tout en courbe. L’architecte enchaîne les commandes à l’international, dont le Musée Guggenheim de Vilnius, ou encore le centre culturel Heydar Aliyev à Bakou. 

Heydar Aliyev Center Bakou
Heydar Aliyev Center Bakou. © Hufton Crow 

Carme Pillos compose ses bâtiments selon l’environnement

Après avoir atteint la renommée aux côtés d’Enric Miralles, elle fonde sa propre agence en 1991, Estudia Carme Pinos. Ses œuvres se fondent dans l’environnement dans lequel elle les conçoit. On peut notament retenir l’Ecole Maison à Morella, qui fait écho au relief des plaines montagneuses de la région Els Ports, en Espagne. Sa carrière est couronnée par de nombreux prix, dont le Berkeley-Rupp Architecture Professorship and Prize reçu en 2016.

Maison-école à Morella, Espagne
Ecole-maison, Morella, Espagne. © Miralles y Pinos Architects

Françoise Raynaud, dans l’air du temps 

Médiatiquement discrète, Françoise Reynaud n’en reste pas moins une architecte d’ambition et de talent. Après avoir travaillé auprès de Jean Nouvel pendant de nombreuses années, elle fonde en 2002 sa propre agence, Loci Anima. Son travail s’affirme dans une démarche éthique et environnementale. Parmi ses créations, on peut compter l’étonnant cinéma Les Fauvettes à Paris, dans le 13e arrondissement.

Cinéma les Fauvettes, Paris 13e
Cinéma les Fauvettes, Paris 13e arrondissement. © Urbavox/Jean-Pierre Porcher 

Manuelle Gautrand joue avec les formes et les couleurs 

Après avoir été salariée pendant plusieurs années, Manuelle Gautrand fonde sa propre agence en 1991. Manuelle Gautrand Architecture est à l’origine de projets aussi bien dans le secteur public institutionnel que dans le secteur privé. En 2007, Manuelle Gautrand conçoit le « C42 », le showroom amiral de Citroën sur les Champs Elysées, bâtiment qui la fait accéder à une renommée internationale.

C42, Vitrine de Citroën sur les Champs Elysées
C42, vitrine de Citroën sur les Champs Elysées. © Lil l’Archi  

Kazuyo Sejima, réinterprétation japonaise de la modernité

Après avoir étudié l’architecture à l’université de Tokyo, Kazuyo Sejima, en 1995, fonde avec Ryue Nishizawa l’agence d’architecture SANAA. Ensemble, ils remporteront plusieurs appels à projets internationaux, dont en 2005 le Louvre Lens. En 2010, elle remporte le prix Pritzker. Longtemps restreinte au territoire nippon, c’est en remportant des appels à projet que le duo se fait connaître à l’international. 

Musée d'Art Contemporain, New York
Le nouveau musée d'Art Contemporain à New York. © Dean Kaufma 

Tilla Theus, la rigueur au rendez-vous 

Tilla Theus est une architecte suisse qui a fondé sa propre agence à Zurich. Récompensée par de nombreux prix par la ville de Zurich, l’architecte a en outre conçu le siège de la FIFA. Sa réalisation la plus spectaculaire reste néanmoins un restaurant niché dans les Alpes suisses. Perché à 2500 mètres d’altitude, le bâtiment de bois et d’aluminium a été dessiné pour faire écho aux formes rocailleuses de la montagne. 

Restaurant dans les Alpes suisses
Restaurant en aluminium dans les Alpes suisses. © Tilla Theus

François-Hélène Jourda, pionnière en matière d’écologie 

En avance sur son temps, Françoise-Hélène Jourda comprend dès les débuts de sa carrière la nécessité de concevoir une architecture respectueuse de l’environnement. S’étant inspirée de l’architecture nordique et germanique, son travail y est rapidement reconnu. Son oeuvre est marquée par une conscience éco-responsable, dont découle une longue étude des matériaux et des énergies. En 2013, l’ARVHA lui décerne une mention spéciale dans « le prix des femmes architectes » pour son œuvre sur le développement durable. 

Jardin botanique de Bordeaux
Jardin botanique du Jardin de Bordeaux. © Jourda Architectes

Odile Decq, l’éclectique

Odile Decq ne se laisse pas enfermer dans un catalogue. L’architecte de renom enchaîne les projets ambitieux en gardant une liberté totale de création. A l’Opéra Garnier, elle conçoit un restaurant, semblable à un écrin blanc. En 2013, elle reçoit le prix de la Femme architecte. Odile Decq est également directrice de l’école spéciale d’architecture de 2007 à 2012, avant de fonder sa propre école à Lyon. 

Restaurant de l'Opéra Garnier
Restaurant de l’Opéra Garnier. © Studio Odile Decq

Bon à savoir

En 2013, le Conseil National d’architecture français recense 25 % de femmes agréées architectes, contre 7,5 % en 1983.