Jusqu’à 30 % des déperditions de chaleur se font par la toiture

Jusqu’à 30 % des déperditions de chaleur se font par la toiture

Suite à la publication du palmarès des travaux de rénovation énergétique plébiscités par les Français, Stéphane Séguin, P.D.G de Fioulmarket.fr nous fait profiter de son analyse et nous livre les astuces pour économiser.

SeLoger. En tête des travaux de rénovation énergétique réalisés par les Français, on trouve l’isolation (40 % des sondés). De quel type d’isolation parle-t-on (murs, fenêtres, portes, toitures, etc.) ?

Stéphane Séguin. Il s’agit principalement de l’isolation des combles perdus. Ce type d’isolation permet d’obtenir le meilleur retour sur investissement. En effet, il faut savoir que jusqu’à 30 % des déperditions de chaleur d’une habitation se font par le toit. Avec un coût pouvant varier entre 2 500 et 5 000 € selon la technique choisie, isoler sa toiture reste l’un des travaux de rénovation énergétique les moins chers mais aussi les plus rentables. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle une large majorité de Français plébiscite ce type de travaux. 

Qu’en est-il de l’isolation des murs ou encore des fenêtres ?

S.S. En ce qui concerne les fenêtres, seulement 10 à 15 % de la chaleur s’en échappe. Quant aux murs, les pertes thermiques peuvent atteindre 20 à 25 % mais leur isolation coûte relativement cher : entre 150 et 180 € du m² environ.

Une chaudière à condensation produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme ».

Stéphane Séguin, P.D.G de Fioulmarket.fr

L’installation de chaudières à condensation est la deuxième dépense la plus réalisée par les Français (27 % des sondés). Ces chaudières sont-elles vraiment plus performantes que les modèles traditionnels ?

S.S. Tout à fait. Cela tient à leur mode de fonctionnement. Ces chaudières récupèrent l’énergie produite sous forme de condensation, lors de la combustion du fioul ou du gaz, afin de la réutiliser. Les rendements atteints par les chaudières à condensation peuvent ainsi dépasser les 100 %. En clair, une chaudière à condensation produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Récupérer la condensation pour la réinjecter dans le circuit de chauffage plutôt que de la laisser s’échapper comme c’est le cas avec une chaudière classique permet de faire de 15 et 20 % d’économies sur le combustible.

Les travaux de chauffage au bois (inserts, poêles, chaudières) se classent troisièmes (19 % des sondés). Quels sont leurs rendements et quelles économies permettent-ils de réaliser ?

S.S. La popularité du chauffage au bois réside en grande partie dans le coût relativement peu élevé de ce combustible, qu’il s’agisse de bois ou de granulés de bois. Pour autant, la baisse récente du cours du pétrole et par conséquent du fioul tend à relativiser le côté « bon marché » du bois et de ses dérivés.

Pour ce qui est du rendement, tout dépend des appareils. Dans le cas d’une chaudière à granulés de bois, la déperdition de chaleur sera minime et l’on atteindra plus de 90 % de rendement. Un poêle à bûches affichera, quant à lui, un rendement oscillant entre 70 et 80 %. Rappelons que certains poêles « ancienne génération » ne dépassent pas les 50 %. Enfin, pour ce qui est des inserts de cheminées, leur rendement sera légèrement inférieur à celui d’un poêle à bûches : entre 60 et 80 %.

Le rendement, c’est quoi ?

Il s’agit du rapport entre l’énergie qui sera dépensée et celle qui sera restituée. Plus la chaleur générée sera importante par rapport à l’énergie consommée (comme dans le cas d’une chaudière à condensation, par exemple), meilleur sera le rendement d’un appareil de chauffage.

Investir dans une chaudière représente tout de même un coût non négligeable…

S.S. Il est vrai que certains équipements particulièrement performants tels que la chaudière à granulés de bois restent relativement chers à l’achat. Mais un bon compromis pourrait être d’investir dans un poêle à granulés de bois. Car tout en étant plus abordable qu’une chaudière, ce type de poêle offre un rendement supérieur à 80 %.

Comment s’y retrouver entre tous ces types de chauffages ?

S.S. Le label « Flamme Verte » recense les installations fonctionnant au bois les plus performantes. Plus le nombre de flammes obtenues par l’appareil sera important (le classement va de « 1 » à « 5 »), meilleures seront ses performances.

Avec une cheminée à foyer ouvert, les déperditions de chaleur sont énormes ».

Optez pour des chemimées avec le label « Flamme Verte ».

Que dire des bonnes vieilles cheminées à foyer ouvert ? Du côté des performances, peuvent-elles encore s’aligner face aux autres équipements de chauffage ?

S.S. Bien qu’elles restent appréciées pour leur côté à la fois authentique et esthétique, les cheminées à foyer ouvert sont nettement moins performantes en terme d’efficacité énergétique que les chaudières, les poêles ou encore les inserts. En effet, les déperditions de chaleur sont énormes. Jugez plutôt, quand vous faites un feu dans votre cheminée, le taux de rendement est de l’ordre de 10 % seulement ! En clair, ce sont près de 90 % du bois utilisé dont vous ne profiterez pas. En revanche, poser un insert dans sa cheminée boostera considérablement son rendement. Celui-ci oscillera alors entre 60 et 80 %.

Quels sont les principaux dispositifs fiscaux permettant de faire baisser le coût (estimé entre 5 000 et 15 000 €) de ses travaux de rénovation énergétique ?

S.S. Tout d’abord, depuis le mois de septembre dernier, il est possible de déduire de sa déclaration d’impôt 30 % du montant de ses travaux de rénovation énergétique dans le cadre du crédit d’impôt « transition énergétique » (CITE). Contrairement à ce qui était le cas auparavant, plus aucune condition de ressources n’est exigée mais des plafonds ont été mis en place. Ils sont de 8 000 € pour une personne seule et de 16 000 € pour un couple, une majoration de 400 € étant appliquée par personne supplémentaire. En clair, quelles que soient vos ressources, vous pouvez dorénavant profiter du crédit d’impôt à condition toutefois que vos travaux soient « éligibles ». C’est à dire qu’ils doivent notamment avoir pour but d’améliorer les performances énergétiques de votre logement (appareils de chauffage, travaux d’isolation, équipements de production d’énergie utilisant une source d’énergie renouvelable, etc.), être réalisés dans une habitation de plus de deux ans et avoir été confiés à un artisan labellisé « RGE » (Reconnu Garant de l’Environnement). Pour info, les matériaux et équipements utilisés devront également répondre aux normes en vigueur et offrir des performances suffisantes.

De plus, la TVA applicable aux travaux de rénovation énergétique est désormais de 5,5 % alors qu’elle est de 10 % pour les travaux « classiques » de rénovation. 

Bon à savoir

L’éco-prêt à taux zéro permet de vous faire financer, à des conditions particulièrement avantageuses, vos travaux de rénovation énergétique.

Il existe aussi des primes « énergie » ? 

S.S. Oui, vous avez raison, ils sont aussi appelés certificats d’économie d’énergie. Dans ce cas, ce sont les fournisseurs d’énergie eux-mêmes qui peuvent verser des primes ou offrir des bons d’achat à leurs clients afin de les inciter à investir dans des équipements énergétiquement performants. Sur lenergietoutcompris.fr, un simulateur permet de calculer la somme que vous recevrez selon le type de travaux pour lequel vous opterez. Il faut également savoir que l’Agence Nationale pour l’Amélioration de l’Habitat (Anah) propose des aides aussi généreuses que méconnues. Contrairement au crédit d’impôt, ces aides sont soumises à condition de ressources. Elles s’adressent donc aux foyers les plus modestes. En en bénéficiant, une famille en état de précarité énergétique pourra ainsi se faire financer jusqu’à 80 % du montant de ses travaux. Seul bémol, obtenir ces aides implique de monter un dossier administratif. Et pour certaines personnes, cela peut constituer un frein…

Avant de se lancer dans des travaux de rénovation énergétique, cela vaut-il le coup de se renseigner sur d’éventuelles subventions auprès de sa mairie ?

S.S. Bien sûr mais les aides de ce type variant selon les localités, tant dans leurs montants que dans leurs conditions d’obtention, il est particulièrement difficile de les recenser. Avant d’entreprendre des travaux de rénovation énergétique, il peut être intéressant de s’enquérir des aides disponibles non seulement au niveau communal mais aussi départemental ou encore régional.

Ce sont le plus souvent des propriétaires (98 %) qui financent les travaux de rénovation énergétique dans leur résidence principale. Les locataires n’ont-ils droit à aucune aide financière ?

S.S. Si les conditions de son obtention sont remplies (ancienneté de la résidence principale, éco-conditionnalité de l’artisan effectuant les travaux, etc.), un locataire pourra parfaitement bénéficier du crédit d’impôt. De même qu’il pourra voir appliquer la TVA à 5,5 % aux travaux de rénovation énergétique qui seraient réalisés dans son logement. Même chose pour l’éco-PTZ.

En revanche, les primes « énergie » sont effectivement réservées aux seuls propriétaires. Et pour l’Anah, les aides accordées aux locataires sont surtout destinées à mettre le logement aux « normes de décence » (salubrité, état de l’installation électrique, etc.). Elles n’ont donc pas pour but de les inciter à entreprendre des travaux visant à améliorer les performances énergétiques de leurs habitations. Enfin, au niveau local, tout dépend de ce qui est prévu, au cas par cas, par les mairies, les départements et les régions.

Des aides existent pour les plus défavorisés mais elles sont largement méconnues ».

Renseignez-vous auprès de l'Anah pour vos futurs travaux d'énergie.

Pouvez-vous nous indiquer quelques gestes simples, à faire au quotidien et permettant de réduire sa facture énergétique sans pour autant se lancer dans des travaux parfois coûteux ?

S.S. Certains « éco-gestes » peuvent contribuer à réduire sa consommation d’énergie. Comme le fait de s’équiper d’ampoules « basse consommation », par exemple. Il faut savoir que dans le cas d’une ampoule incandescente traditionnelle, 95 % de l’électricité consommée sont transformés en chaleur. Et que, par conséquent, à peine 5 % sont convertis en lumière. En revanche, avec une ampoule « basse consommation », près des ¾ de l’énergie dépensée seront transformés en lumière. On peut alors tabler sur 15 à 20 € de réduction sur sa facture annuelle.

Autre exemple de la vie de tous les jours : quand on cuisine, le simple fait de poser un couvercle sur sa casserole permettra de réduire sa consommation de 70 %. On passera alors de 500 W nécessaires pour chauffer 1 litre d’eau à une température de 100 °C à 150 W seulement.

Régler son chauffe-eau afin de maintenir la température de son eau chaude entre 55 et 60 °C permet d’économiser entre 15 et 100 € ».

Quant aux chaudières, les faire nettoyer régulièrement réduira leur consommation de combustibles de 10 % environ. Soit une économie avoisinant les 300 € par an.

On évitera également d’utiliser son four à micro-ondes pour décongeler des aliments. Mieux vaut faire preuve d’un peu de patience et attendre qu’ils décongèlent.

La présence de givre dans un réfrigérateur entraîne, une surconsommation de l’ordre de 40 à 50 % sur sa facture d’énergie ».

Il est très important de dégivrer régulièrement son réfrigérateur ou son congélateur.

Et enfin pouvez-vous tordre le cou à quelques « contre-vérités » sur les économies d’énergie et de chauffage ?

S.S. Contrairement à une croyance très répandue, le double-vitrage n’est pas aussi performant, énergétiquement parlant, qu’on le pense. Pourquoi ? Tout simplement parce que seulement 10 % de la chaleur d’une habitation s’échappent pas les fenêtres. Alors que jusqu’à 30 % des déperditions de chaleur se font via les combles. De plus, alors que l’on entend souvent dire qu’il est plus économique d’opter pour une chaudière au gaz plutôt qu’au fioul, baisse du pétrole oblige, ce n’est plus aussi vrai qu’avant. En termes d’économies et d’efficacité, investir dans une chaudière à condensation fonctionnant au fioul s’avère, en ce moment, un choix des plus judicieux.

Merci à Stéphane Séguin, P.D.G de Fioulmarket.fr & lenergietoutcompris.fr

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