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Thomas Dubreuil : « Durant les 6 prochains mois, l'immobilier en Île-de-France traversera une phase de convalescence »

Thomas Dubreuil : « Durant les 6 prochains mois, l'immobilier en Île-de-France traversera une phase de convalescence »

Banalisation du télétravail, regain d’attractivité des maisons, des espaces extérieurs et des villes moyennes… c’est peu dire que la crise sanitaire aura rebattu les cartes du marché de l’immobilier hexagonal. Thomas Dubreuil, président et fondateur de Concorde-Invest, nous livre son analyse de l’évolution du marché en Île-de-France.

Thomas Dubreuil : « Durant les 6 prochains mois, l'immobilier en Île-de-France traversera une phase de convalescence »

En quoi les actes I et II du confinement ont-ils contribué à rebattre les cartes du marché de l’immobilier parisien/francilien ?

Thomas Dubreuil. Malgré les confinements du printemps et de l’automne, l’immobilier à Paris et en Île-de-France continue de voir ses prix inexorablement augmenter. Par ailleurs, ces deux confinements successifs ont fait prendre conscience aux Parisiens mais aussi, plus globalement, aux Franciliens de l’importance de se sentir « bien chez soi ». En réaction au sentiment d’enfermement qui les a gagnés, ils se sont aussi découvert des envies d’espace et de verdure. Par ailleurs, la présence d’une pièce supplémentaire dédiée au télétravail fait désormais partie des nouveaux critères de recherche des acquéreurs. Ces nouvelles donnes soutiennent le volume des transactions.

« L’immobilier à Paris et en Île-de-France continue de voir ses prix inexorablement augmenter »

Thomas Dubreuil, président et fondateur de Concorde-Invest

Les prix parisiens intra-muros pourraient-ils être amenés à baisser ?

Selon moi, aucune baisse n’est à prévoir dans les prochains mois. Plusieurs raisons à cela, tant d’un point de vue financier que psychologique, la pierre rassure. De plus, l’immobilier étant un actif financier défensif, il est particulièrement adapté aux périodes d’incertitude. Le fait d’avoir un toit fait partie des besoins primaires. Enfin, l’offre y étant très nettement inférieure à la demande, les marchés parisien et francilien demeurent des marchés fortement pénuriques.

Malgré le boom du télétravail, l'exode urbain n’aura finalement pas eu lieu et au global,  les Parisiens n’auront pas déménagé en province. Que cela vous inspire-t-il ?

Les effets du grand virage que nous sommes en train d’amorcer ne sont pas encore visibles mais l’on note tout de même les prémices d’un exode urbain. Cette mutation s’étalera sur les cinq prochaines années. D'ailleurs, la technologie contribue déjà fortement à cette mutation. D'un point de vue factuel, nous constatons un rebond notoire sur les prix immobiliers ainsi que sur la demande en province. L’arrivée de la 5G, au moins aussi rapide que la fibre optique, facilitera et démocratisera le télétravail, ce qui devrait renforcer cette tendance. Enfin, à plus long terme, la prochaine grande étape pourrait être la commercialisation, à l’horizon 2030, d’une voiture connectée, véritable bureau à la fois mobile et confortable qui viendra vous chercher chez vous, sur la côte normande, par exemple, pour vous déposer devant votre lieu de travail, à Paris.

Le marché immobilier du Grand Paris a-t-il été fragilisé par la crise du Covid ou en est-il sorti renforcé ?

Non, le marché du Grand Paris continue d’être en plein essor. Une gentrification se renforce sur la deuxième et la troisième couronne. Le Covid-19 n’aura toutefois pas été un élément déclencheur mais plutôt un accélérateur. La présence d’un espace extérieur (terrasse, balcon, jardin) est devenue un critère de référence et nos clients n’ont jamais autant exprimé leur envie de se mettre au vert que maintenant.

Bon à savoir

Le prix au m² carré à Paris atteint 10 689 € au terme d'une hausse de 5,4 % sur 1 an (Source : Baromètre LPI-SeLoger).

Quid du marché touquettois et azuréen ? Le regain d’attractivité des résidences secondaires leur a-t-il été profitable ?

Les marchés immobiliers du Touquet, du Sud-Est et du Sud-Ouest souffrent d'une pénurie de produits disponibles à la vente. Les résidences secondaires, qui profitent d’un emplacement premium, s’arrachent à des prix vertigineux.

En termes d’immobilier locatif, quelles leçons tirer de cette crise sanitaire ?

Même si la pierre locative risque de subir quelques déboires face aux conséquences de la crise sanitaire, elle devrait toutefois continuer d’être soutenue par une forte demande. Il est néanmoins à craindre que certains loyers restent impayés. C’est encore plus probable pour l’immobilier de bureau.

Un grand nombre d’entreprises révisent leur facon de travailler en allégeant la superfice de leurs locaux. Fort de ces mutations qui s’opèrent sur le marché de l’immobilier, le secteur tertiaire (l’immobilier d’entreprise, Ndlr) subira des secousses sur les trois prochaines années, le temps de digérer la mise en place du « flex office », c’est-à-dire de bureaux partagés pour la mise en place du télétravail. Concorde Office, notre centre d’affaires, redessine ainsi entièrement ses espaces afin de pouvoir recevoir « différemment » ses clients.

Quelles sont les perspectives d’avenir du marché immobilier à Paris et dans le Grand Paris ?

Durant les six prochains mois, le marché traversera une phase de convalescence. Les prix ne baisseront pas sans pour autant enregistrer une forte hausse. Le rebond technique, qui a suivi le second déconfinement, devrait être légerement moins fort qu’en mai dernier. En effet, les agences sont restées à l'écoute de leurs clients contrairement au premier confinement durant lequel elles avaient dû fermer.

Thomas Dubreuil ©DR
Thomas Dubreuil, fondateur et gérant de Concorde Invest
Thomas Dubreuil est fondateur et gérant de Concorde Invest, un cabinet spécialisé dans la transaction immobilière à Paris et ses environs, et au Touquet.