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Thomas Dubreuil : « En Île-de-France, s'il y a une baisse de prix de l'immobilier, elle sera marginale »

Thomas Dubreuil : « En Île-de-France, s'il y a une baisse de prix de l'immobilier, elle sera marginale »

Le déconfinement approche et nous nous interrogeons sur ce que sera le marché immobilier à court et moyen terme après cette crise sanitaire. Très optimiste, Thomas Dubreuil, gérant de Concorde Invest à Paris, nous donne sa vision du « jour d’après ».

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Quelles répercussions la crise sanitaire pourrait-elle avoir sur le marché immobilier français ?

Thomas Dubreuil. A court terme, on devrait observer un rattrapage des ventes non effectuées en termes de volume qui devrait s’opérer jusqu’à la fin de l’été. Par la suite, on pourrait observer un ralentissement jusqu’à début 2021 car les premières conséquences économiques vont commencer à se faire ressentir vers le début de l’automne. Les volumes des transactions devraient baisser de manière significative sur le dernier trimestre pour repartir en milieu d’année 2021. Cette correction sera bénéfique et atténuera certains extrêmes qui n’étaient pas sains pour le marché de l’immobilier.

Quelles conséquences cette crise pourrait-elle avoir sur les prix immobiliers ?

Concernant les prix de l’immobilier, il y a une différence entre le marché parisien et le marché de la province. On risque d’observer une correction sur les prix relativement marginale mais malgré cela, la différence risque de se creuser sur la région parisienne et la province. Néanmoins, le marché sera soutenu par trois piliers :

  1. Le premier c’est que la demande reste supérieure à l’offre et le besoin de logement reste persistant.
  2. Le second, c’est que l’immobilier est une valeur refuge, surtout dans un contexte de crise économique.
  3. Le troisième, c’est que les investisseurs vont se recentrer sur une qualité de vie dans l’habitation.

« Les 15 commerciaux de chez Concorde Invest, ayant pour la plupart connus les précédentes crises économiques,  font unanimement le constat d’un risque de baisse des volumes des transactions mais restent confiants sur le maintien des prix ou baisse à la marge ».

Thomas Dubreuil, gérant de Concorde Invest

On peut donc rester optimisme quant au dynamisme du marché immobilier post-confinement ?

Ce qui me laisse présager de l’optimisme, c’est que la plupart de nos clients poursuivent leur projet immobilier, nous discutons avec eux depuis le début du confinement et ils sont toujours à la recherche d’un bien immobilier. Ils ont cependant ajouté un critère supplémentaire, celui de bénéficier d’un espace extérieur, ce qui n’était pas forcément le cas auparavant. Le confinement est un nouvel élément qu’il faut intégrer dans les recherches de bien immobilier : le bien-être chez soi est plus que jamais un critère.

Est-ce que cela peut valoriser les maisons situées dans des communes proches de Paris, à l’avenir ?

Certains acquéreurs pourront certainement mener cette réflexion. Tous ne vont pas forcément opter pour cette solution, mais à budget équivalent, il n’est pas impossible de voir davantage de Parisiens sortir de Paris intra-muros et se rapprocher de la première et la deuxième couronne pour se tourner vers une maison avec espace extérieur plutôt qu’un appartement en plein cœur de la capitale. Cet arbitrage peut désormais se faire, plus encore qu’il y a quelques années.

« Les salariés en télétravail seront certainement plus nombreux dans quelques années, et cela pourrait modifier le marché immobilier en profondeur sur les prochaines années à travers un exode urbain »

Thomas Dubreuil, gérant de Concorde Invest

Quelle est l’attitude des vendeurs face au contexte actuel ?

Les vendeurs sont dans l’attente, car nous avons beaucoup de visites à effectuer à partir du 11 mai. Nous avons d’ailleurs mis en place un « Kit Sanitaire » pour les rassurer. Nous nous sommes engagés à venir en visite équipés de gel hydroalcoolique, de masques pour les clients, ainsi que des surchaussures. Nous avons donc prévenu tous nos clients, et nous leur avons expliqué que nous mettons en place des règles d’hygiène rigoureuses.

Vous gérez également My Office, une société de coworking. A travers vos 3 espaces de 400 m² dans Paris, est-ce que vous observez les effets de la crise sanitaire sur cette activité également ?

Le changement de mentalité s’accélère et nous avons en effet reçu beaucoup d’appels de personnes qui se désengagent de bureaux avec des baux classiques pour aller dans des centres de coworking, dans lesquels ils bénéficient d’une certaine souplesse et d’une plus grande adaptabilité selon les événements exogènes.

En dehors de l’intérêt du coworking, on peut créer un pont relationnel entre plusieurs activités « cross salling », et c’est ce qui permet la collaboration entre les entreprises. Si les citadins sont plus nombreux à quitter la capitale, on pourrait observer un renforcement des demandes de bureaux partagés dans les prochaines décennies.

Thomas Dubreuil ©DR
Thomas Dubreuil, fondateur et gérant de Concorde Invest
Thomas Dubreuil est fondateur et gérant de Concorde Invest, un cabinet spécialisé dans la transaction immobilière à Paris et ses environs, et au Touquet.