Depuis dimanche 25 octobre, la France vit à l’heure d’hiver. Cinquante ans après sa mise en place, le changement d’heure garde la même justification officielle : alléger notre consommation d’électricité. Mais avec la généralisation des LED, que pèsent encore ces économies ? Voici ce que disent les chiffres.
Une mesure née du choc pétrolier
En 1973, le prix du pétrole s’envole et la France cherche à réduire sa facture énergétique. Le gouvernement réintroduit alors l’heure d’été par un décret du 19 septembre 1975, appliqué dès le printemps 1976.
Le principe ? Avancer les horloges d’une heure aux beaux jours pour retarder le moment où l’on allume le soir. L’idée n’est pas nouvelle : la France avait déjà changé d’heure en 1916 pour ménager ses réserves de charbon pendant la guerre.
Ce dispositif a longtemps porté ses fruits. Selon une étude de l’Ademe publiée en 2010, le changement d’heure a permis d’économiser 440 gigawattheures (GWh) d’électricité sur l’éclairage en 2009.
Des économies qui fondent avec les LED
Le gain existe toujours, mais il se réduit d’année en année. L’Ademe évalue désormais les économies d’énergie réalisées grâce au changement d’heure à 351 GWh par an et table sur 258 GWh à l’horizon 2030.
La raison ? Nos ampoules ont changé. Une LED consomme aujourd’hui 5 à 10 fois moins qu’une ampoule à incandescence. Résultat : chaque heure de lumière naturelle gagnée sur la soirée pèse moins lourd sur le compteur.
À l’échelle du pays, l’effet est presque imperceptible. En 2009, les 440 GWh économisés pesaient déjà moins de 0,1 % de la consommation électrique nationale. Chez un particulier, le comparateur Selectra évalue le gain à environ 3 € par an.
La fin du changement d’heure, toujours en suspens
En 2018, la Commission européenne a lancé une consultation publique sur le sujet. Elle a recueilli 4,6 millions de réponses. Un record ! Bilan : 84 % des participants ont réclamé la fin des changements d’heure saisonniers.
Dans la foulée, le Parlement européen a voté en mars 2019 leur suppression à partir de 2021. Et pourtant, 7 ans plus tard, nous changeons toujours d’heure… Faute d’accord entre les États membres, le dossier est bloqué au Conseil de l’Union européenne. Le point de friction ? Le choix de l’heure à conserver. En 2018, 56 % des répondants penchaient pour l’heure d’été permanente, contre 32 % pour l’heure d’hiver.
Le projet n’est toutefois pas encore enterré. Depuis février 2026, une étude de la Commission européenne passe au crible 10 scénarios de suppression du changement d'heure, avec leurs effets sur l’économie, les transports, la santé et l’énergie. Ses conclusions sont attendues d’ici la fin de l’année.
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