Humidité : comment savoir si elle vient du toit, des murs ou de la ventilation ?

Laetitia Lapiana
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Ennemi juré des acquéreurs, casse-tête des propriétaires, l’humidité dans un logement n’est jamais anodine. Auréoles au plafond, peinture qui cloque, odeur de moisi… Face à ces signes, une question se pose : quelle en est l’origine ? Infiltration par la toiture, murs poreux ou ventilation défaillante ? Identifier le coupable est essentiel pour choisir les bons travaux et traiter le problème à la racine.

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Humidité
Infiltrations, remontées capillaires ou condensation : les problèmes d’humidité peuvent avoir différentes origines, qu’il est essentiel d’identifier avant d’entreprendre des travaux. © Getty Images
Sommaire
Humidité dans la maison : les bons réflexes à adopter
  • Identifiez l’origine : toiture, infiltrations par les murs, remontées capillaires, fuite de canalisation ou condensation liée à une ventilation défaillante peuvent être en cause.
  • Faites confirmer le diagnostic : selon les symptômes, sollicitez un couvreur, un plombier ou un spécialiste de la ventilation ou du bâtiment.
  • Adaptez les travaux au problème : de la simple réparation à un chantier plus lourd, le traitement dépend de la cause et de l’ampleur des dégâts.
  • Évitez les solutions provisoires : peinture anti-humidité et autres cache-misère ne règlent rien durablement. Demandez un diagnostic détaillé et comparez plusieurs devis.

Humidité dans la maison : les premiers réflexes avant d'agir

Aïe ! L'humidité a pris ses quartiers dans votre logement et, après un rapide tour d'inspection, impossible de situer précisément son origine. Déjà, il faut savoir que si l'humidité n'est jamais à prendre à la légère, toutes ses formes ne se valent pas. Même s'il est nécessaire d'en déceler la cause pour envisager le traitement le plus approprié, la gravité des désordres dépend surtout de leur ancienneté, de leur étendue et des dégâts occasionnés.

Alors, avant de se lancer dans des travaux à l'aveuglette, mieux vaut apprendre à reconnaître les indices.

Humidité venant du toit : les signes qui doivent alerter

Des auréoles jaunâtres au plafond, des traces d'eau sur les murs à l'étage ou une charpente humide ? La toiture figure parmi les premières suspectes, surtout si les symptômes apparaissent ou s'aggravent après de fortes pluies.

Il arrive en effet que les épisodes pluvieux intenses ou répétés favorisent les infiltrations par différents points de la toiture : tuiles déplacées, solins défectueux, gouttières obstruées ou défaut d'étanchéité autour d'une fenêtre de toit. Une fois infiltrée, l'eau peut cheminer dans la structure avant de laisser des traces visibles à l'intérieur du logement, parfois loin de la fuite initiale, ce qui ne facilite pas son repérage.

Pour en avoir le cœur net, le tout premier réflexe sera d’inspecter les combles pour repérer d'éventuelles traces d'infiltration. Mais si le souci est davantage lié aux tuiles ou, plus globalement, à la toiture, mieux vaut faire intervenir un couvreur.

Attention aux apparences ! Une tache au plafond ne signifie pas toujours que le toit fuit. Une canalisation défectueuse ou de la condensation dans les combles peuvent produire des symptômes similaires.

Murs humides : infiltration ou remontées capillaires ?

Quand l'humidité s'attaque aux murs, c'est surtout l'emplacement des traces qui fournit de précieux indices. Des dégradations localisées sur une façade exposée aux intempéries, autour d'une fenêtre ou à proximité d'une fissure peuvent en effet révéler une infiltration d'eau par l’extérieur.

En revanche, si la peinture s'écaille au bas des murs, que l'enduit s'effrite ou que des dépôts blanchâtres apparaissent (le fameux salpêtre), les remontées capillaires sont une piste à explorer. Surtout dans les bâtiments anciens mal protégés contre l'humidité du sol, où l'eau remonte progressivement à travers les matériaux poreux.

Limpide ? Pas vraiment, car une fuite de canalisation ou un défaut d'étanchéité au pied d'un mur peuvent brouiller les pistes et produire des désordres comparables. Alors, avant d'envisager des travaux lourds et coûteux, mieux vaut faire confirmer le diagnostic par un professionnel spécialisé.

Et si c'est la ventilation qui est en cause ?

On y pense moins, pourtant, les problèmes d'humidité peuvent aussi être liés à l'air intérieur et aux fameux phénomènes de condensation. Lorsque la vapeur d'eau produite par les douches, la cuisine ou simplement la respiration s'évacue mal vers l'extérieur, elle se condense sur les surfaces froides et peut alors se traduire par de la buée persistante sur les vitres ou, à plus long terme, par des moisissures dans les angles, derrière les meubles ou dans la salle de bains. 

Une ventilation insuffisante ou défaillante, une VMC encrassée ou des entrées d'air bouchées peuvent alors accentuer le phénomène, particulièrement en hiver. Sauf que, là encore, une isolation défaillante ou des ponts thermiques peuvent favoriser la condensation, même lorsque le logement est correctement ventilé et aéré.

Fort utile pour surveiller l'humidité relative de l'air intérieur, l’hygromètre permet de repérer un excès d'humidité, mais il ne suffit pas, à lui seul, à déceler l’origine d’une infiltration.

Humidité : quel professionnel contacter et quels travaux prévoir ?

Quelles que soient les pistes identifiées, remonter à la source du problème nécessite souvent le regard d'un professionnel qualifié pour confirmer le diagnostic. Alors, si c'est la toiture qui semble en cause, direction le couvreur. Pour une canalisation suspecte, on appelle le plombier. Et si la condensation persiste malgré une bonne aération, on s'en remet à un spécialiste de la ventilation ou à un professionnel du bâtiment compétent en thermique, surtout si l'on soupçonne un défaut d’isolation.

Quant à l'ampleur des travaux, là encore, tout dépend de l'origine du problème. Si nettoyer une VMC, déboucher une gouttière ou remplacer quelques tuiles peut suffire dans les cas les plus simples, reprendre l'étanchéité d'une toiture, traiter des remontées capillaires ou corriger des ponts thermiques suppose parfois un chantier plus lourd, avec une facture qui peut vite grimper aux étoiles. Dans tous les cas, il est déconseillé d'opter pour du cache-misère en recouvrant les traces d’une couche de peinture anti-humidité. Sans traitement de la cause, les désordres finiront par refaire surface.

Et histoire d’adopter le bon modus operandi et de s’épargner les déconvenues, pensez à demander un diagnostic détaillé et à comparer plusieurs devis avant de signer.

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