48 % des Français aspirent à vivre ailleurs que dans les grandes villes

48 % des Français aspirent à vivre ailleurs que dans les grandes villes

Aux métropoles denses et ultraconnectées, les Français préfèrent les villes de taille moyenne mais collaboratives et durables. 48 % d'entre eux aspirent à vivre ailleurs, de quoi faire réfléchir les acteurs de la ville. Explications.

Les Français rejettent la grande ville au profit des villes à taille humaine

Le blog de réflexion, « Demain la ville » piloté par Bouygues Immobilier, a lancé le premier « Observatoire des usages émergents de la ville » réalisé par l’Observatoire Société et Consommation (Obsoco) et le cabinet d’études et de prospection Chronos. Alors que plus de 3/4 des Français habitent en ville, près de la moitié d’entre eux aimeraient vivre ailleurs. Cette aspiration à changer d’air est particulièrement prononcée chez les habitants des grands pôles urbains. Elle touche les habitants à hauteur de :

  • 56 %  dans Paris intramuros.
  • 59 % dans les villes centres des 16 métropoles.
  • 55 % dans les autres communes appartenant à un grand pôle urbain.
  • 38 % dans les communes à la couronne d’un ou plusieurs grands pôles.
  • 46 % dans les communes appartenant à un petit ou moyen pôle.
  • 33 % dans les communes appartenant à la  couronne d’un petit ou moyen pôle.
  • 25 % dans les communes isolées hors influence des pôles.

48 % des Français aspirent à vivre ailleurs que dans les grandes villes où la densité, le bruit, la pollution, le prix des logements les insupportent… Le rejet est corrélé à la taille de la ville. Mais, dans la réalité, les Français migrent peu »

Bruno Marzloff, sociologue et fondateur de Chronos.

Vivre dans une ville petite ou moyenne, oui, mais proche d’un pôle urbain

C’est une sorte de compromis entre la ville dense et la « ville » à la campagne. Le citadin veut bien quitter la ville mais il faut quand même qu’il bénéficie de certaines infrastructures publiques et culturelles. Ainsi, 49 % des Français souhaiteraient déménager dans une petite ville mais située à portée d’un pôle urbain. Seuls 29 % chercheraient des territoires isolés des pôles urbains pour retrouver une vie de village jugée plus conviviale. La ville est appréciée en tant que lieu d’hyperactivité puisqu'elle dispose d’une grande offre de cinémas, théâtres, équipements sportifs, commerces de proximité, centres commerciaux, restaurants, bars… bien qu'elle manque de nature et qu'elle ne soit pas écologique.

Bon à savoir

L’ Observatoire a demandé aux sondés de mettre une note (sur 10) sur leur perception de la ville et le constat est clair : la diversité culturelle obtient une note de 7,2, la connexion, le commerce et la fatigue obtiennent une note de 6,9 et le bien-être, le naturel et l'écologie, une note inférieure à 5.

La ville « nature » et « collaborative » plébiscitée

La Smart City en tant que ville intelligente où les coûts, l’organisation et le bien-être des habitants sont optimisés ne suscite pas l’emballement. Pire encore, l’hyperconnexion, le « trop plein » de modernité que cela évoque, interpelle. Néanmoins, selon l’Observatoire, les Français sont sensibles à certains usages découlant de la ville connectée tels qu’une mutualisation des équipements ou des services entre voisins, une conciergerie, tout en ne négligeant pas la nature et l’environnement avec des jardins partagés, une mobilité courte et douce, une voiture propre et autonome…

Jusqu’alors, la ville n’était que du bâti. On bascule dans un modèle différent où le bien est relégué derrière l’usage, la fonction. On écoute la demande, l’individu. Plus on va fabriquer la ville, plus elle va être celle des habitants »

Thierry Lajoie, Président du Grand Paris Aménagement.