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Julien Denormandie : « Je me bats pour que les villes de taille moyenne deviennent de vrais pôles de centralité »

Alors que la France se déconfine progressivement, Julien Denormandie, qui était l’invité de L’Immo en Clair, l’émission SeLoger-Radio Immo, aux côtés - par écrans interposés - de Bertrand Gstalder, président du groupe SeLoger et d’autres acteurs du secteur, a évoqué les conditions de la reprise. Voici - en bref - ce qui s’y est dit.

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Sommaire

Les porteurs de projets immobiliers se montrent confiants

Invité de l’émission L’Immo en Clair, le programme de SeLoger et de Radio Immo, Bertrand Gstalder, le président du groupe SeLoger, est revenu sur les résultats de l’étude de l’Observatoire du Moral Immobilier (OMI) et a pointé du doigt l’importance du moral des ménages. « C’est une condition, certes pas suffisante, mais nécessaire à la reprise » explique-t-il. Or, il ressort de l’étude de l’OMI qu’en plein confinement, 7 Français sur 10 avaient confiance en la finalisation de leur projet immobilier, qu’il s’agisse d’achat, de vente ou encore de location. « La confiance est là » fait remarquer Bertrand Gstalder. L’étude montre également qu’un porteur de projet immobilier sur deux s’attend à ce que les prix des logements baissent de façon « progressive et différenciée selon les territoires ». En revanche, le fait que les acheteurs interrogés redoutent une hausse des taux d’intérêt immobilier (pour la moitié d’entre eux) et une poursuite du durcissement des conditions d’octroi d’un crédit bancaire (pour 40 % des sondés) pourrait constituer un frein à la reprise. « Mais sur l’ensemble de nos sites, il est intéressant de constater que le trafic a repris. Dans l’ancien, il a même progressé de 18 % par rapport au mois de mars dernier ». Si les consultations d’annonces immobilières de luxe et de construction de  maisons progressent, dans le neuf et dans l’immobilier d’entreprise (bureaux, commerces), le taux de consultation des annonces reste en deçà de la normale. 

« Le moral des ménages est indispensable à la reprise. Or, la confiance est bien là ! »

Bertrand Gstalder, président du groupe SeLoger.

Vers un plan de relance de l’offre et de la demande ?

S’inquiétant du fait que la crise du Covid-19 avait déjà entraîné des retards de livraison  et risquait, conséquemment, d’aggraver la pénurie de logements neufs et rénovés en France, Alexandra François-Cuxac, présidente de la Fédération des Promoteurs Immobiliers, a demandé au ministre du Logement ce qu’il pensait de l’opportunité de prévoir, pour le marché du neuf, un plan de relance qui agirait non seulement sur l’offre mais aussi sur la demande. « Cette année, à cause du confinement, la délivrance des autorisations de construire d’environ 100 000 logements a été retardée. C’est près d’⅓ de la production » prévient-elle. Ce à quoi Julien Denormandie a répondu qu’il serait effectivement nécessaire qu’un tel plan puisse être mis en place. « Quid des primo-accédants et des ménages modestes si la demande ne fait l’objet d’aucune mesure d’aide ? » s’est interrogé le ministre. « Ces personnes sont tout aussi légitimes que les autres à accéder à la propriété ou à changer de cadre de vie ». D’autre part, Julien Denormandie a précisé que le retard qui avait été pris ne pourrait être comblé qu’en accélérant le virage numérique ». Ce virage a d'ailleurs été amorcé dans la loi Elan qui, en plus de simplifier les normes, vise à dématérialiser la chaîne de traitement des dossiers.

« Pendant le confinement, beaucoup de Français ont subi leur logement, que celui-ci soit trop petit ou qu'il soit indigne ».

Julien Denormandie, ministre chargé du Logement

Renforcer et pérenniser les pôles de centralité

Regrettant que le zonage des territoires les cantonne à ce qu’ils sont plutôt qu’à ce qu’ils pourraient être, Jean-Marc Torrollion, président de la FNAIM, a demandé au ministre si celui-ci envisageait d’étendre le périmètre d’application de certains avantages fiscaux liés à l’investissement locatif. Julien Denormandie est tout d’abord revenu sur l’évolution qu’avait connue la perception de l’aménagement des territoires. « Il y a 30 ans, il y avait d’un côté,  Paris et de l’autre, le reste de la France. Il y a 15 ans, on a eu d’un côté, les métropoles et de l’autre, le reste de la France. Moi, je me bats pour qu'au-delà des métropoles, on fasse des villes de taille moyenne de vrais pôles de centralité. Notre programme Action cœur de Ville vise justement à revitaliser ces sous-préfectures, ces villes de quelques dizaines de milliers d'habitants qui ont parfois été délaissées, ces coeurs de ville qui périclitent, où les commerces de proximité ferment les uns après les autres et où les logements se dégradent. Mais la période que l'on vient de vivre nous fait nous interroger sur l'aménagement du territoire et s’il est encore trop tôt pour le dire, ce que l'on constate depuis que les visites ont repris, c'est une très forte appétence pour des territoires qui, en termes d'immobilier, n’exerçaient pas autant d’attrait avant la crise… Le télétravail y est d'ailleurs pour beaucoup. Aujourd'hui, on se rend compte que de nouveaux modèles sociétaux sont possibles et cela impactera l'aménagement du territoire  ». Et d’ajouter qu’il était indispensable, pour sortir du “tout-zonage” de se doter de dispositifs fiscaux qui soient à la fois « stables et territorialisés ».

« Depuis la reprise des visites, on constate une très forte appétence pour des territoires qui, en termes d'immobilier, n’exerçaient pas autant d’attrait avant la crise ».

Julien Denormandie

Préserver l’accès au crédit tout en protégeant les emprunteurs

Après avoir fait remarquer que, sur le terrain, les clients étaient de retour dans les agences immobilières et que la reprise s’était faite plus rapidement que ce à quoi l’on s’attendait, Christine Fumagalli, la présidente du réseau Orpi, s’est inquiétée des incertitudes qui planaient autour de la capacité d’emprunt des acquéreurs, à cause, notamment, de la baisse de revenu résultant du chômage partiel. Julien Denormandie a tenu à la rassurer sur ce point. « Ces derniers temps, un certain nombre d’établissements bancaires ont été accaparés par d’autres sujets que les sujets immobiliers. D’autre part, les taux, s’ils sont haussiers, restent très bas. Enfin, avant la crise, nous avions convenu avec le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) que certains critères d’obtention d’un crédit immobilier devraient être interprétés avec souplesse, notamment si l’emprunteur est primo-accédant. C’est là un point que nous continuons de surveiller. L’idée, c’est de soutenir la demande mais également de protéger les Français tout en leur permettant de mener à bien leurs projets immobiliers. Nous devons les protéger et les accompagner ».

« Accompagner les Français dans la réalisation de leurs projets immobiliers tout en les protégeant ».

Julien Denormandie

Vers toujours plus de dématérialisation

Les crises modifient les habitudes et les comportements. Elles poussent les individus à s’adapter. L’on constate d'ailleurs aujourd’hui un essor des visites virtuelles et une banalisation du recours aux nouvelles technologies. « Toute cela montre bien l’enjeu de la remobilisation de la chaîne immobilière » explique Bertrand Gstalder. « Simplicité, fluidité et efficacité en sont les maîtres-mots. En termes de recherche immobilière, la demande d’information est très forte de la part des acquéreurs et des locataires potentiels. Les visites virtuelles répondent à cette demande. Sur SeLoger, nous avons ainsi mis en place un outil permettant aux agents immobiliers et aux propriétaires de publier des vidéos de leurs biens afin de permettre aux futurs acheteurs et locataires de les visiter virtuellement ». Et Bertrand Gstalder d’ajouter que, selon lui, la crise avait en quelques sorte « ouvert les chakras de beaucoup d’acteurs du secteur sur la pertinence des outils numériques, la nécessité de la digitalisation et l’importance d’une information qui soit transparente à tous les échelons ». Enfin, interrogé sur la possibilité de pérenniser le décret autorisant la signature à distance des actes notariés, le ministre du Logement a répondu qu’il avait prévu d’en discuter avec la Garde des Sceaux avant d'ajouter : « mon souhait, c’est que l’on parvienne à capitaliser sur tout ce que l’on a réussi à faire pendant cette période inédite. Pourquoi revenir en arrière et nous priver de procédures qui nous facilitent la vie ? ».

« La demande d’information et de transparence est très forte de la part des acquéreurs et des locataires potentiels ».

Bertrand Gstalder

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