A Paris, Lyon et Bordeaux, le pouvoir d’achat immobilier régresse

A Paris, Lyon et Bordeaux, le pouvoir d’achat immobilier régresse

Cinq des plus grandes villes de France présentent des prix au m² qui titillent les records historiques de 2011. Le pouvoir d’achat immobilier diminue, malgré la persistance des taux de crédits séduisants.

Immobilier : un pouvoir d’achat qui régresse dans 5 grandes villes de France

Est-ce la véritable inversion de tendance redoutée par les acteurs de l’immobilier ? Avec des taux de crédit qui se redressent légèrement et des prix de l’immobilier qui repartent à la hausse, les candidats à l’achat risquent de se raréfier en France, notamment dans les dix plus grandes villes. Selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, de novembre 2016 à avril 2017, les taux à 20 ans sont passés de 1,37 % à 1,62 %. L’impact est de 23 € de plus sur la mensualité d’un emprunt de 200 000 € sur 20 ans. Une paille, assureront les plus optimistes. L’ennui, c’est que la perception du marché par l’acquéreur potentiel se double d’une hausse des prix qui, elle, n’a rien de symbolique.

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Des prix immobiliers qui frôlent les chiffres de 2011

À Strasbourg, le m² se négocie 8,5 % plus cher qu’il y a un an, selon le baromètre LPI-SeLoger, Bordeaux + 8,2 % sur la même période, Lyon + 6,1 %, Nantes + 5,6 % et Paris + 5,2 %. À telle enseigne que les records historiques de 2011 sont dépassés dans certaines agglomérations, comme à Toulouse, Strasbourg, Nantes, Bordeaux et Lyon, toujours selon le baromètre LPI/SeLoger. À Paris, la barre symbolique des 9 000 €/m² se profile. Est-ce à croire que le mouvement haussier est définitivement lancé ? En 2011, la hausse spectaculaire des prix avait buté sur l’éviction progressive des acheteurs, décidés à attendre des jours meilleurs. Un attentisme qui avait entraîné un recul des prix jusqu’en 2015.

Exception à Marseille où le pouvoir d’achat immobilier augmente

Récemment, Challenges a demandé à Meilleurtaux.com de refaire l’historique du pouvoir d’achat immobilier depuis 2008 dans les dix plus grandes villes de France. Le mode de calcul est facilement compréhensible : combien de m2 un acheteur peut-il acquérir dans chaque ville avec une mensualité de 1 000 € sur 20 ans ? Résultat : « Le meilleur moment pour acheter, c'était à l'automne dernier », confie Maël Bernier, directrice de la communication de Meilleurtaux.com. Deux groupes de villes se détachent. Celui où le pouvoir d’achat immobilier reste important. A Marseille, le pouvoir d'achat immobilier est aujourd'hui 60 % plus élevé qu'en 2008 : 77 m², contre 48 m² il y a 9 ans.

A Bordeaux, Lyon et Paris, la surface accessible se rétrécit

En revanche, Bordeaux et Lyon jouent avec le feu. Avec 1 000 € de mensualité, les acheteurs peuvent espérer un 54 m² à Bordeaux et 53 m² à Lyon. A Paris, avec la même somme, il vaut mieux être célibataire : 23 m². Est-ce à dire que la messe est dite et que l’achat devient trop lourd pour les budgets des Français ? « Pas nécessairement mais il ne faut pas attendre », estime Maël Bernier. « Car les professionnels du secteur ne s'attendent pas à une révolution sur les taux cette année ». Ces derniers devraient plafonner à 2 % en fin d’année. Reste à savoir comment les vendeurs, qui ont repris la main sur le marché, réagiront face à des acheteurs qui se sont habitués à des conditions nettement plus favorables. Le bras de fer a commencé.