Jardinage : c'est quoi, le no-dig ?

Paul Anthonioz
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Bêcher, retourner, ameublir… Et si tout ça était inutile ? Le no-dig, méthode venue d'Angleterre, part d'un principe radical : ne jamais perturber le sol et le laisser travailler à votre place. On vous dit tout sur cette tendance, qui se répand de plus en plus dans nos jardins. 

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No-dig : jardiner sans retourner la terre, ça marche vraiment ?
No-dig : jardiner sans retourner la terre, ça marche vraiment ? © Getty Images
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Le no-dig, c'est quoi exactement ?

Le no-dig – littéralement « ne pas creuser » – est une méthode de jardinage d’origine anglaise, qui repose sur un principe simple : ne jamais retourner le sol. Pas de bêchage, pas de labour, pas de griffage en profondeur. 

À la place, on dépose des couches de compost en surface, et on laisse la vie du sol faire le reste… Cette méthode a été popularisée par l'horticulteur britannique Charles Dowding, qui l’expérimente sur ses terres depuis 1983.

Pourquoi éviter de creuser ? Le sol est un écosystème vivant : vers de terre, champignons et micro-organismes y travaillent en continu. Le bêchage détruit ces équilibres d'un coup et le sol met ensuite des mois à s'en remettre.

Comment démarrer un potager no-dig

On commence par étouffer la végétation existante, avec une couche de carton non imprimé posée directement sur le sol. Le carton se décompose progressivement, en nourrissant le sol.

On recouvre ensuite le tout d'une épaisse couche de compost. Comptez 10 à 15 cm d'épaisseur minimum. C'est directement dans cette couche que vous allez semer ou planter vos légumes dès la première saison.

Une fois les semis effectués, il n’y a presque aucun entretien : vous avez juste besoin de renouveler le compost en surface une fois par an, en automne ou au printemps, et les vers de terre se chargent du reste.

Les avantages et limites du no-dig

Premier avantage : vous gagnez du temps. Avec le no-dig, pas de bêchage ni de labour : on pose, on couvre, on plante.

Autre atout : grâce aux couches successives, les mauvaises herbes ont du mal à pousser. Le sol conserve aussi mieux son humidité, ce qui réduit les arrosages en été.

Et côté rendement ? Les essais menés par Charles Dowding montrent des résultats équivalents, voire légèrement supérieurs au jardinage traditionnel.

Toutefois, le no-dig a ses limites. Pour commencer, cette méthode est gourmande en compost, surtout si vous travaillez sur une grande surface.

Plus grave : sur un sol argileux, en climat humide, un paillage trop compact peut rendre le sol spongieux et favoriser le développement des limaces.

Enfin, si votre sol est très compacté, un premier bêchage d'amorçage peut s'avérer nécessaire avant de basculer vers cette méthode.

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