La flambée des prix de l'énergie et la guerre au Moyen-Orient auront eu raison des chaudières à gaz. Sébastien Lecornu a annoncé vendredi leur interdiction dans toutes les constructions neuves dès fin 2026. Nos explications détaillées.
Une annonce sous pression géopolitique
Le gaz tire sa révérence. Ce vendredi 10 avril, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé que l’installation de chaudières à gaz sera interdite « dès la fin de cette année » dans toutes les constructions neuves, y compris les logements collectifs.
L’objectif de cette mesure ? Réduire la dépendance du pays aux énergies fossiles. « Tant que nous dépendrons du pétrole et du gaz, nous continuerons de payer le prix des guerres des autres », a déclaré Sébastien Lecornu.
La guerre au Moyen-Orient « n'est pas la nôtre, et pourtant, elle nous affecte très directement », a poursuivi le chef du gouvernement, qui souhaite augmenter la part d'énergie décarbonée dans le mix énergétique français de 40 à 60 %.
L'interdiction s'étend à tous les bâtiments neufs
Le gaz était déjà proscrit dans les maisons individuelles neuves depuis 2022. L’explication ? Ce mode de chauffage n’était pas compatible avec le seuil d'émissions de CO2 de 4 kg/m²/an, fixé par la réglementation RE 2020.
Cette interdiction s’étend désormais aux logements collectifs, ainsi qu’aux locaux commerciaux et tertiaires. En complément, « deux millions de logements sociaux sortiront du gaz d’ici à 2050 », a soutenu Sébastien Lecornu.
Pour remplacer le gaz, le gouvernement mise notamment sur les pompes à chaleur. D’ici 2030, il prévoit d’en installer un million chaque année. Ces équipements permettraient, selon lui, de diviser « par deux » le coût du chauffage.
10 milliards par an, mais sans argent nouveau
Cela dit, pas question de creuser le déficit : le financement proviendra d'une réorientation des aides existantes — notamment les certificats d'économie d'énergie — vers les équipements électriques.
Pas sûr que cela suffise… Selon les dernières données de l’Insee, 35 % des résidences principales en France étaient encore chauffées au gaz en 2022, contre 36 % à l'électricité et 8,5% au fioul.
Le 13 février, le gouvernement avait dévoilé sa feuille de route énergétique. Sébastien Lecornu a depuis demandé à ses ministres d'en préparer une version plus ambitieuse, attendue dans les prochains jours.
Pouvez-vous nous préciser pourquoi ? (facultatif)