Dois-je arrêter ma VMC l'hiver ?

Paul Anthonioz
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Dehors, le thermomètre chute et votre VMC évacue l'air que vous avez chauffé. Pourquoi ne pas la couper jusqu'au printemps pour alléger votre facture de chauffage ? Sur le papier, l'idée semble intéressante. Mais en réalité, c'est un mauvais calcul. Voici pourquoi.

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Faut-il couper sa VMC en hiver pour économiser ?
Faut-il couper sa VMC en hiver pour économiser ? © Getty Images
Sommaire
En résumé
  • Couper la VMC : humidité s'accumule, condensation, moisissures, dégâts matériels non couverts par assurance.
  • Économie limitée : VMC consomme peu ; humidité coûte en confort et chauffage, facture peut augmenter.
  • Entretien et gestes simples : nettoyer bouches, laisser entrées d'air, aérer, thermostat 19°C, changer si nécessaire.

Que se passe-t-il quand on coupe la VMC en hiver ?

Un logement habité produit de l’humidité en permanence. Entre la douche du matin, le dîner qui mijote, le linge qui sèche et la respiration des occupants, un foyer de 4 personnes rejette chaque jour 10 à 15 litres de vapeur d’eau dans l’air.

En hiver, quand les fenêtres restent souvent fermées, la VMC devient la seule façon d'évacuer toute cette humidité. Si vous la coupez, la vapeur d’eau s’accumule dans votre logement et se transforme en condensation au contact des surfaces froides.

À la longue, cet excès d’humidité laisse des traces. Des auréoles se forment au plafond, le papier peint se décolle, la peinture cloque… Pire : des moisissures peuvent apparaître. Or ces dernières dégradent la qualité de l’air intérieur.

En cas de dégâts liés à une VMC à l’arrêt, ne comptez pas sur votre assurance habitation. La plupart des contrats ne couvrent pas les dommages dus à un défaut d’entretien ou un phénomène progressif comme la condensation.

Couper la VMC pour économiser : un faux bon plan ?

Une VMC tourne jour et nuit, mais son moteur consomme assez peu. Selon TotalEnergies, un modèle simple flux absorbe entre 175 et 438 kWh par an, soit 35 à 87 € d'électricité. Un système double flux consomme davantage, de 184 à 596 kWh, pour 37 à 118 € par an. En contrepartie, il récupère la chaleur de l'air sortant.

En face, l’humidité a un coût bien réel. Dans un air chargé d'eau, le froid se ressent davantage. Le thermomètre affiche la bonne température, mais la pièce paraît moins confortable. Les murs aussi y perdent : imbibés d'humidité, ils isolent moins bien et laissent filer davantage de chaleur.

Résultat ? En coupant la VMC, vous économisez 35 à 118 € d'électricité par an, auxquels s'ajoute un peu d'air froid en moins à chauffer. Mais si l'humidité vous pousse à relever le thermostat, la note grimpe vite. Selon l'Ademe, chaque degré supplémentaire augmente votre facture de chauffage d'environ 7 %.

Que faire au lieu de couper la VMC ?

Une VMC bruyante ou qui semble refroidir votre logement n'a pas besoin d'être arrêtée. Le plus souvent, elle a surtout besoin d'un peu d'attention. Quelques gestes simples suffisent à la rendre plus efficace.

  • Nettoyer les bouches d'extraction à l'eau chaude savonneuse. La graisse et la poussière réduisent vite le débit.
  • Laisser libres les entrées d'air situées au-dessus des fenêtres des chambres et du séjour, même quand un courant d'air se fait sentir.
  • Aérer 5 à 10 minutes par jour, fenêtres grandes ouvertes. L'air est renouvelé sans que les murs aient le temps de se refroidir.
  • Garder le thermostat à 19 °C dans les pièces de vie, comme le recommande l'Ademe, et viser un taux d'humidité entre 40 et 60 %.

Enfin, si l'installation date, un remplacement peut valoir le coup. Une VMC hygroréglable ajuste son débit au taux d'humidité ambiant et consomme moins. Une VMC double flux récupère la chaleur de l’air extrait.

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