Four ou air fryer : lequel consomme le moins d’électricité pour cuisiner au quotidien

Blandine Rochelle
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Depuis quelques années, l’air fryer s’est imposé dans les cuisines, vanté pour ses cuissons rapides, croustillantes et plus légères. Souvent présenté comme une alternative économique au four traditionnel, cette friteuse sans huile suscite une question légitime à l’heure où le coût de l’électricité reste élevé : lequel est le plus économe en énergie ? La réponse dépend de l’usage, des plats préparés et de vos habitudes. Décryptage pour faire les bons choix au quotidien.

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Si l'air fryer est réputé plus économe en énergie, il ne peut pas servir à cuire tous les types d'aliments. © Nazar Rybak - Getty images
Si l'air fryer est réputé plus économe en énergie, il ne peut pas servir à cuire tous les types d'aliments. © Nazar Rybak - Getty Images
Sommaire

Comprendre la consommation électrique d’un four et d’un air fryer

Avant de comparer, il faut comprendre comment ces deux appareils, qui ont toute leur place dans la cuisine, consomment de l’électricité.

Un four, qu’il soit traditionnel ou à chaleur tournante, affiche généralement une puissance comprise entre 2 000 et 3 000 watts. Cela signifie qu’il consomme beaucoup d’énergie lorsqu’il est en fonctionnement, surtout lors de la phase de préchauffage, qui peut durer de 10 à 15 minutes, voire plus selon la température demandée.

L’air fryer, de son côté, est un appareil beaucoup plus compact. Sa puissance se situe en moyenne entre 1 200 et 2 000 watts. Sur le papier, il consomme donc moins. Mais la vraie différence vient surtout du volume à chauffer : un air fryer chauffe un espace réduit, alors qu’un four doit monter en température sur toute sa cavité, souvent bien plus grande.

En pratique, cela signifie que même si les deux appareils peuvent parfois afficher des puissances proches, l’air fryer atteint plus rapidement la température souhaitée et la maintient sur un volume bien plus petit, ce qui limite la quantité d’énergie nécessaire à chaque utilisation.

Le rôle clé du temps de cuisson et du préchauffage

La consommation d’un appareil ne dépend pas uniquement de sa puissance, mais aussi du temps pendant lequel il fonctionne. Et c’est là que l’air fryer marque souvent des points. Dans la majorité des cas, il n’a pas besoin de préchauffage, ou seulement quelques minutes. On peut donc y glisser les aliments presque immédiatement.

À l’inverse, le four impose presque toujours un préchauffage, ce qui ajoute d’emblée plusieurs minutes de consommation électrique avant même de commencer la cuisson. Pour un plat qui nécessite 30 minutes de cuisson, on peut facilement ajouter 10 à 15 minutes de chauffe préalable.

De plus, l’air fryer permet souvent de réduire le temps de cuisson total de 20 à 40 % par rapport à un four classique, grâce à la circulation très rapide de l’air chaud dans un espace confiné. Moins de temps de fonctionnement, c’est mécaniquement moins d’électricité consommée.

Pour quels types de plats l’air fryer est vraiment plus économique

Là où l’air fryer est particulièrement intéressant, c’est pour les petites et moyennes portions. Cuire des frites, des nuggets, des légumes rôtis, un filet de poisson ou même quelques parts de pizza consomme nettement moins d’énergie dans un air fryer que dans un four.

Pourquoi ? Parce qu’allumer un grand four pour une petite quantité de nourriture est rarement optimal. Vous chauffez un grand volume d’air pour cuire une petite portion, ce qui revient à utiliser un appareil surdimensionné pour le besoin réel.

Pour les repas du quotidien, pour une ou deux personnes, ou pour réchauffer des restes, l’air fryer se montre donc généralement plus économe. Sur l’année, cela peut représenter une différence non négligeable sur la facture d’électricité, surtout si vous cuisinez souvent ce type de plats.

Le magazine 60 millions de consommateurs a réalisé un test comparatif qui atteste qu’en moyenne, les air fryers sont 42 % plus économes que les fours. Mais les auteurs précisent qu’il s’agit d’une moyenne et que la consommation peut varier fortement d’un appareil à l’autre.

Quand le four reste plus pertinent, même côté énergie

Cela dit, le four n’est pas systématiquement perdant. Dès que l’on parle de grandes quantités, de plats familiaux ou de préparations volumineuses (gratin pour quatre personnes, poulet entier, plusieurs plaques de biscuits, lasagnes, etc.), le four reprend l’avantage.

Un air fryer a une capacité limitée. Pour de grandes quantités, il faudra souvent cuire en plusieurs fournées. Or, multiplier les cycles de cuisson revient à rallonger le temps d’utilisation de l’appareil et donc à augmenter sa consommation totale. Dans ce cas, un seul passage au four, même s’il est plus long, peut s’avérer plus rationnel sur le plan énergétique.

Le four reste aussi plus adapté pour certaines cuissons spécifiques : pâtisserie, pain, plats mijotés ou recettes nécessitant une chaleur douce et homogène sur une longue durée.

L’impact du type de four : chaleur tournante ou four traditionnel

Tous les fours ne se valent pas en matière de consommation. Un four à chaleur tournante est généralement plus efficace qu’un four traditionnel. Il répartit mieux la chaleur, permet souvent de cuire à une température légèrement plus basse et parfois de réduire le temps de cuisson.

Si vous possédez un four récent, bien isolé et performant, l’écart de consommation avec un air fryer peut être moins spectaculaire que ce que l’on imagine, surtout pour des plats de taille moyenne à grande.

À l’inverse, un vieux four mal isolé ou peu performant peut consommer beaucoup plus pour un résultat équivalent, ce qui rend l’air fryer encore plus intéressant dans une logique d’économies d’énergie.

Au-delà de l’électricité : confort d’usage et chaleur dans la maison

Un autre aspect souvent négligé concerne la chaleur dégagée dans la pièce. Un four classique chauffe fortement la cuisine, surtout en été. Cela peut conduire à utiliser davantage la ventilation ou la climatisation, ce qui augmente indirectement la consommation d’énergie du logement.

L’air fryer, plus compact et plus rapide, dégage beaucoup moins de chaleur dans la pièce. Il est donc plus confortable à utiliser au quotidien, notamment lors des périodes chaudes, et peut contribuer à limiter ces consommations « cachées ».

De plus, sa rapidité d’utilisation encourage souvent à cuisiner plus simplement et plus efficacement, ce qui peut aussi jouer en faveur d’une consommation globale mieux maîtrisée.

Comment faire le bon choix selon vos habitudes ?

En réalité, la vraie question n’est pas de choisir définitivement entre le four et l’air fryer, mais de savoir quand utiliser l’un ou l’autre. Pour les petites portions, les repas rapides et les cuissons courtes, l’air fryer est presque toujours le plus économe. Pour les plats familiaux, les grosses préparations et la pâtisserie, le four reste plus logique et parfois plus efficient sur l’ensemble du volume cuit.

L’idéal est donc de considérer l’air fryer comme un complément au four, plutôt qu’un remplaçant systématique. En adaptant votre usage à chaque situation, vous pouvez réduire sensiblement votre consommation d’électricité en cuisine, sans changer radicalement vos habitudes alimentaires.

Le meilleur mode de cuisson dépend surtout des aliments, il est donc judicieux d’utiliser l’un ou l’autre selon vos besoins.

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