Canicule : les mesures du gouvernement pour adapter les logements et mieux se protéger des fortes chaleurs
Après un mois de mai marqué par la vague de chaleur la plus précoce jamais enregistrée en France, suivi de nombreux records locaux en juin et juillet, la question de l'adaptation des logements aux fortes chaleurs n’a jamais été aussi centrale. Avec l’annonce de son plan « endurance », le gouvernement vient de présenter plusieurs mesures destinées à mieux protéger les occupants et à accélérer la transformation du parc immobilier face au changement climatique. Le point sur les principales mesures annoncées et les bons réflexes à adopter dès maintenant pour garder son logement au frais.
Confort d'été : un nouveau défi pour les logements
Pendant longtemps, les politiques de rénovation énergétique ont mis l’accent sur un objectif simple : conserver la chaleur en hiver et réduire les consommations de chauffage. Cependant, avec le réchauffement climatique, qui n’a plus rien d’une vague notion abstraite depuis les événements récents, une nouvelle problématique s'impose avec force : comment préserver des températures supportables à l'intérieur des logements en plein été ?
De plus en plus fréquents, précoces et intenses, les épisodes caniculaires mettent plus que jamais en lumière les limites de nombreux bâtiments, en particulier les logements anciens insuffisamment isolés, les appartements situés sous les toitures ou encore les immeubles fortement exposés au soleil. Et quand on sait que plus d'un logement sur trois est aujourd'hui considéré comme une « bouilloire thermique », on comprend mieux pourquoi le confort d'été n'est plus seulement une question de bien-être, mais un véritable enjeu de santé publique autant que de rénovation énergétique.
C'est dans ce contexte que le gouvernement a présenté en juin dernier son plan « endurance », destiné à renforcer la résilience des bâtiments face aux fortes chaleurs et à améliorer le confort d'été, sans accroître les consommations d'énergie.
Quelles sont les principales mesures du plan gouvernemental ?
Dévoilé le 17 juin dernier par Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, le plan « endurance » de l'État prévoit plusieurs évolutions réglementaires et financières destinées à accélérer l'adaptation des logements aux épisodes de fortes chaleurs.
Parmi les principales annonces, on relève les points suivants :
- Élargir la TVA à 5,5 % à certains équipements de protection contre la chaleur, comme les protections solaires extérieures ou les pompes à chaleur air-air réversibles répondant à des critères de performance.
- Mieux intégrer le confort d'été dans les parcours France Rénov' afin d'accompagner les ménages dans leurs projets d'adaptation aux fortes chaleurs et de rénovation énergétique.
- Faire évoluer les règles en copropriété pour simplifier l'installation de certains équipements de protection solaire, de rafraîchissement ou de tout dispositif participant à la lutte contre les surchauffes estivales.
- Poursuivre l'évolution de la RE2020 afin d’anticiper toujours plus les épisodes de fortes chaleurs dès la conception des bâtiments dans les logements neufs.
- Développer des solutions de rafraîchissement plus sobres, comme les réseaux de froid urbains ou les équipements de rafraîchissement performants limitant les consommations d’énergie.
- Accélérer la végétalisation des villes et le développement d'îlots de fraîcheur afin de limiter les effets des fortes chaleurs en milieu urbain.
- Mieux informer les particuliers sur les bons gestes et les solutions d'adaptation pour limiter les surchauffes estivales.
Les bons réflexes pour garder son logement au frais
Avant même d'envisager l'installation d'un système de climatisation, le gouvernement rappelle que les solutions dites « passives » restent très efficaces pour limiter la surchauffe estivale. Leur principe ? Empêcher la chaleur d’entrer dans le logement plutôt que de chercher à la combattre, une fois installée.
Volets, stores bannes, brise-soleil orientables, pergolas ou végétation d'ombrage figurent parmi les solutions les plus efficaces pour limiter les apports solaires et maintenir les pièces plus fraîches, même avec un soleil de plomb à l’extérieur. Au quotidien, il est recommandé de fermer les volets pendant les heures les plus chaudes, d'aérer largement la nuit et de favoriser les courants d'air aussi souvent que possible.
En intérieur, les brasseurs d’air – comme les ventilateurs de plafond – constituent une solution simple et sobre pour améliorer le confort thermique, tout en consommant beaucoup moins d'électricité qu'un climatiseur.
Dans le cadre des rénovations d'ampleur du parc résidentiel privé, MaPrimeRénov' permet désormais de financer l'installation de protections solaires et de brasseurs d’air.
Pourquoi l'isolation reste-t-elle essentielle face aux fortes chaleurs ?
Au-delà des équipements destinés à limiter les apports solaires, l'isolation constitue un levier majeur pour améliorer durablement le confort thermique.
Un logement bien isolé permet de conserver la chaleur en hiver, mais aussi de mieux préserver les intérieurs des températures extrêmes en été, d’où l’intérêt de réaliser un audit ou un bilan énergétique pour identifier les éventuelles faiblesses du logement et les travaux à réaliser, à commencer par l'isolation des murs, de la toiture ou des combles. Associée à une bonne ventilation et à des brasseurs d'air, elle améliore le confort thermique, sans faire exploser les consommations.
Quelle place pour les solutions de rafraîchissement actives ?
Dans cette logique, les systèmes de rafraîchissement actifs interviennent en complément, lorsque les solutions passives ne suffisent pas à garantir un niveau de confort satisfaisant.
C'est notamment le cas des pompes à chaleur air-air réversibles, capables d'assurer le chauffage en hiver et le rafraîchissement en été. Alors que leur déploiement est largement encouragé dans le cadre de la stratégie nationale d'électrification des usages, le gouvernement a également annoncé qu'elles bénéficieront, au plus tard en septembre 2026, d'un taux de TVA réduit à 5,5 %, contre 20 % aujourd'hui.
L’objectif reste toutefois de privilégier les solutions passives, plus sobres énergétiquement, et de ne recourir au rafraîchissement actif que lorsque la configuration du logement ou les épisodes de chaleur l'exigent.
Le gouvernement entend également développer la nature en ville, la géothermie et les réseaux de froid urbains, capables de rafraîchir plusieurs bâtiments à partir d’une production centralisée. Leur capacité devrait doubler d'ici à 2030, puis tripler d'ici à 2040.
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