Plus d’1 Français sur 2 estime que les prix immobiliers ne sont pas réalistes

Plus d’1 Français sur 2 estime que les prix immobiliers ne sont pas réalistes

Tension du marché, pénurie de biens, allongement du temps de recherche... les Français sont sceptiques quant au marché de l'immobilier. Plus d'1 Français sur 2 estime même que les prix immobiliers ne sont pas réalistes !

Face aux prix du marché immobilier, les Français restent sceptiques

Le moral des futurs acquéreurs sur le marché immobilier n’est pas des plus optimistes. Entre la tension du marché, la pénurie de biens, l’allongement du temps de recherche, les Français sont mis à l’épreuve. D’après la 26e vague de l’Observatoire du Moral Immobilier de Logic-Immo, près de 59 % d’entre eux pensent même que les prix immobiliers ne sont pas réalistes. En France, on estime en effet le prix moyen au m² à 3 882 € (source baromètre LPI-SeLoger). Dans certaines villes, le rythme de progression des prix a été très rapide (plus de 11 % sur un an) à Bordeaux et à Rennes. Même du côté des métropoles de Lyon et de Nantes, le rythme de progression des prix immobiliers est resté soutenue, bien que moins rapide. Sur ces deux métropoles, les hausses des prix constatées sur la ville-centre et en périphérie sont d'ailleurs comparables, autant pour les appartements que pour les maisons. De quoi franchement rebuter certains acheteurs, même si on observe toutefois sur un ralentissement des prix immobiliers dans le reste des grandes villes.

Carte baromètre LPI SeLoger novembre 2018
Baromètre LPI-SeLoger - Novembre 2018. ©DR

Pour l’année 2019, doutes et incertitudes persistent

Lorsqu'on se penche de plus près sur le moral des Français, il apparaît que l'une des raisons de leurs inquiétudes reposent sur la pénurie des biens : 76% des futurs acquéreurs évoquent l’absence de biens qui pourraient correspondre à leurs attentes. En conséquence, la durée de recherche des particuliers s'allonge un peu plus. En octobre dernier, 64 % des personnes interrogés recherchaient depuis moins de 6 mois alors qu’ils étaient 69 % il y a un an. Et la vitesse, à laquelle les biens intéressants se vendent, n'arrange pas les choses puisque 27 % des porteurs de projet intéressés ont signalé ce point parmi leurs doutes. L'impression de déséquilibre entre le volume d’acheteurs et le nombre de biens disponibles s'accentue également : 3,5 millions de Français disent avoir un projet d’achat immobilier sur un an alors que les vendeurs ne sont, quant à eux, que 2 millions... Globalement, dans leur projection pour 2019, 42 % des futurs acquéreurs redoutent une dégradation du niveau de vie en France dans les 6 prochains mois, soit une hausse de 15 points par rapport à l’année dernière.

La forte hausse du nombre de ceux qui prévoient une dégradation du niveau de vie est le signe d’un malaise, d’incertitudes qui les animent de plus en plus, et qui peuvent aussi bien accélérer leurs projets pour certains comme les ralentir pour d’autres ».

Mathilde Voegtlé, Responsable Etudes chez Logic-Immo.

Baromètre de la négociation immobilière -JDN
Baromètre de la négociation immobilière - Novembre 2018. ©JDN

Pourtant, 68 % des futurs acheteurs pensent que c’est le moment d’acheter !

Malgré des inquiétudes qui persistent quant au marché, les potentiels acquéreurs pensent tout de même à l’achat d’un bien immobilier. 68 % des candidats à l’achat pensent que c’est le bon moment d’acheter une maison ou un appartement alors qu’ils étaient 66 % il y a un an. Une situation qui s’explique notamment grâce aux taux de crédits immobiliers très attractifs proposés par les établissements bancaires depuis quelques années et qui devraient continuer pour 2019. « Il n'y a absolument aucun message des banques annonçant une remontée des taux immobiliers pour 2019, du moins jusque juin, il faut vraiment être très très serein sur cette question ». En septembre dernier, le taux communiqué par la Banque de France s’élevait en effet à 1,52 % alors qu’il était à 1,66 % en octobre 2017. Lorsqu’il s’agit d’investissement, les Français semblent par ailleurs préférer l’ancien au neuf. 52 % des projets concernent le marché de l’ancien, 23 % le neuf et 25 % sont encore indécis entre neuf ou ancien. Des chiffres comparables à ceux communiqués en 2017 : « Les investisseurs sont de plus en plus hésitants sur la typologie de projet, le neuf affiche en cette fin d’année une perte d’attractivité auprès de cette cible » affirme Mathilde Voegtlé, Responsable Etudes chez Logic-Immo.

VIDÉO : Les Français mitigés face au marché de l’immobilier