Taxe d’habitation : votre résidence secondaire est-elle surtaxée ?

Paul Anthonioz
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Depuis le 2 novembre, les avis de taxe d’habitation sur les résidences secondaires sont en ligne. Pour 3,7 millions de logements, la facture dépend d’abord de la commune : 688 d’entre elles appliquent la majoration maximale de 60 %, quand d’autres, comme Cannes ou Megève, ne surtaxent rien. Voici comment lire votre avis, et dans quels cas contester la majoration.

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Vers un retour de la taxe d'habitation ?
Résidence secondaire : 1 666 communes alourdissent la taxe d’habitation en 2026. © Getty Images
Sommaire
En résumé
  • Les avis 2026 sont en ligne depuis le 2 novembre, ou à partir du 16 novembre pour les contribuables mensualisés. Paiement avant le 15 décembre, ou le 20 décembre en ligne.
  • 1 666 communes majorent la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, soit 45 % de celles qui en ont le droit.
  • 688 appliquent le maximum de 60 %, dont Paris, Lyon, Nantes, Annecy et Biarritz. Cannes, Lille et Megève ne majorent rien.
  • La surtaxe ne porte que sur la ligne « Commune » de l’avis.
  • Trois situations permettent d’y échapper, sur réclamation avant le 31 décembre 2027.

Près d'une commune éligible sur deux applique la surtaxe

La France compte environ 3,7 millions de résidences secondaires, selon la DGFiP. Leurs propriétaires ont payé en moyenne 1 125 € de taxe d’habitation en 2024. Mais derrière cette moyenne, les écarts sont considérables, car chaque commune fixe son propre taux, et peut y ajouter une majoration.

En 2026, 1 666 communes majorent la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, d'après la DGFiP. Elles étaient 1 629 un an plus tôt. Toutes les villes n'ont pas ce droit : seules celles classées en zone tendue, où la demande de logements dépasse nettement l'offre, peuvent voter cette surtaxe. Elles sont 3 689 en France, soit un taux d'adoption de 45,2 %.

Selon les villes, la majoration peut aller de 5 % à 60 % de la part communale de la taxe, et elle progresse encore : le taux moyen atteint 41,8 % cette année, contre 41,4 % en 2025. Au total, 688 communes ont voté le plafond de 60 %, contre 657 l’an dernier. 139 se situent entre 40 et 60 %, 207 entre 30 et 40 %, 278 entre 20 et 30 %, et 354 se contentent d’une hausse de 5 à 20 %.

Paris, Lyon, Nantes, Annecy : ces villes qui taxent au maximum

L'Ouest est en première ligne. En Bretagne, 84,6 % des communes concernées appliquent la surtaxe, devant la Nouvelle-Aquitaine (67,9 %) et les Pays de la Loire (65,1 %). À l'inverse, l'Île-de-France (29 %) et la Corse (20,7 %) restent en retrait.

Le Conseil de Paris a voté la majoration de 60 % dès janvier 2017, et de nombreuses métropoles lui ont emboîté le pas depuis : en 2026, Lyon, Marseille, Nantes, Montpellier, Strasbourg, Rennes, Bordeaux et Nice appliquent toutes le taux plafond.

Le littoral et la montagne suivent la même pente. Annecy, Biarritz, Bayonne, La Rochelle, Arcachon, Sète, Ajaccio et Saint-Tropez surtaxent aussi à 60 %. En Savoie et Haute-Savoie, 233 communes appliquent la majoration, soit 14 % du total national.

Cannes, Lille, Megève : ces communes qui ne surtaxent pas

À l’inverse, plusieurs adresses parmi les plus prisées de France n'appliquent aucune majoration en 2026. Cannes, Le Touquet-Paris-Plage, La Baule-Escoublac, Honfleur, Étretat et Cabourg en font partie, alors que certaines de leurs voisines taxent à 60 %. 

Même constat en montagne, à Megève et à Courchevel. Côté grandes villes, Lille, Caen, Aix-en-Provence et Orléans s’abstiennent aussi. Entre les deux, certaines communes optent pour un taux intermédiaire : 50 % à Antibes et Chamonix, 45 % à Saint-Malo. Toulouse et Deauville se contentent de 20 %, l'ancien taux unique en vigueur avant 2017.

Ce statu quo peut toutefois changer d'une année sur l'autre. Une commune éligible peut instaurer ou relever sa surtaxe par un simple vote du conseil municipal, à condition de délibérer avant le 1er octobre pour une application l'année suivante.

Combien coûte la surtaxe et comment l'éviter ?

La majoration ne touche pas toute la facture : elle porte uniquement sur la part qui revient à la commune, pas sur celle de l'intercommunalité. Par exemple, si la ligne « Commune » de votre avis affiche 900 €, une surtaxe de 60 % ajoute 540 € par an.

Sur votre avis, repérez la ligne consacrée à la majoration et vérifiez qu’elle correspond au taux voté par votre commune. Contrôlez aussi que votre logement est bien classé en résidence secondaire : une erreur de statut peut justifier une réclamation.

Certains propriétaires peuvent obtenir l'annulation de cette majoration. La loi prévoit trois exceptions :

  • Vous devez, pour des raisons professionnelles, résider dans un logement proche de votre lieu de travail, distinct de votre résidence principale.
  • Vous vivez en maison de retraite ou en établissement de soins de longue durée, et votre ancien domicile est devenu secondaire.
  • Vous ne pouvez pas faire de ce logement votre résidence principale pour une raison indépendante de votre volonté.

Cela dit, la dispense n'est pas automatique. Il faut déposer une réclamation auprès du service des impôts des particuliers dont dépend le logement. Pour cela, vous avez jusqu’au 31 décembre de l’année suivant celle de l’avis. 

Les avis 2026 sont consultables en ligne depuis le 2 novembre pour les contribuables non mensualisés, et à partir du 16 novembre pour les mensualisés. Le paiement doit intervenir avant le 15 décembre, ou le 20 décembre, si vous réglez en ligne.

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