Diagnostic de performance énergétique : une fraude en forte hausse

Paul Anthonioz
Partager sur
FacebookTwitterLinkedin

Interdictions de louer, audits obligatoires, décotes à la revente… À mesure que les contraintes s’accumulent, la fraude au DPE s’envole. En quatre ans, les diagnostics « arrangés » ont bondi de 65 %, selon une étude. 

Image
Malgré une intensification des contrôles, la fraude au DPE continue de progresser.
Malgré une intensification des contrôles, la fraude au DPE continue de progresser. © Getty Images
Sommaire

La fraude au DPE change d’échelle

La fraude au diagnostic de performance énergétique (DPE) continue à gagner du terrain. Selon une étude publiée par la start-up KRNO, la part de « diagnostics de complaisance » a bondi de 65 % en quatre ans.

En 2021, les « arrangements » entre diagnostiqueurs et propriétaires visant à rehausser artificiellement la note d’un logement concernaient 2,6 % des DPE. Ils toucheraient aujourd’hui 4,3 % des diagnostics, selon KRNO.

Pour parvenir à ce constat, la jeune pousse, spécialisée dans la détection des diagnostics frauduleux, a analysé les 6,6 millions de DPE enregistrés dans la base de données de l’Ademe entre 2021 et 2025.

Ces seuils où la fraude se concentre

Résultat ? L’entreprise a remarqué des « pics » anormaux de logements juste au-dessus des seuils de changement de classe énergétique, signe que certains biens ont été surclassés volontairement.

Observatoire KRNO de la fraude au DPE

Certaines catégories sont plus touchées que d’autres. Selon l’étude, 10,9 % des biens classés F seraient en réalité des G, 16,1 % des biens classés E des F, et près de 8 % des biens classés D des E. Des écarts sans « justification physique dans le bâti français », d’après les auteurs.

L’explication ? Plus un changement de lettre entraîne des conséquences lourdes – interdiction de louer, audit énergétique obligatoire ou décote à la revente –, plus la tentation de « gagner une classe » augmente.

Une mauvaise note peut en effet coûter (très) cher aux propriétaires. Selon le Conseil supérieur du notariat, une maison classée G s’est vendue en moyenne 25 % moins cher qu’un bien classé D en 2024. Pour une maison classée F, la décote atteignait 18 %.

Plus pénalisant encore, depuis le 1er janvier 2025, les logements étiquetés G sont considérés comme « non décents » et, à ce titre, interdits à la location. Les biens classés F le seront à leur tour en 2028, avant les logements E, en 2034.

Comment trouver un diagnostiqueur fiable ?

Pour tenter d’enrayer la fraude, le gouvernement a déjà renforcé les contrôles sur les diagnostiqueurs, limité le nombre de DPE réalisables à 1 000 par an et accru la fréquence des audits des organismes de certification.

Vous souhaitez améliorer le DPE de votre logement ?
Cet article vous a été utile ?
16
18

Pouvez-vous nous préciser pourquoi ? (facultatif)

Partager sur
FacebookTwitterLinkedin
Télécharger l'app SeLoger
Ces articles peuvent vous intéresser
A la une !