Crédit immobilier : la prime d’activité ne vous aidera pas à acheter votre logement !

Vous bénéficiez de la prime d'activité et souhaitez acheter un bien immobilier ? Sachez que cette aide ne vous permettra pas d’emprunter plus facilement : les banques ne la prennent pas en compte dans leur calcul d’endettement.

Crédit immobilier : la prime d’activité n’est pas prise en compte

Cette année, plus de 3,5 millions de foyers français ont reçu la nouvelle prime d’activité, dont 700 000 nouveaux bénéficiaires. Cependant, ceux qui ont un projet immobilier et comptaient sur cette hausse de revenus pour emprunter plus facilement pourraient bien être déçus : les banques ne prennent pas en compte cette aide dans le calcul d’endettement, « ne sachant pas si elle sera maintenue dans le temps », selon des propos rapportés par Vousfinancer, courtier en crédit immobilier. C’est donc une mauvaise nouvelle pour les futurs emprunteurs qui auraient pu bénéficier d’un impact positif sur leur capacité d’emprunt. En théorie, un couple gagnant chacun le Smic et bénéficiant d’une hausse de revenus de 100 € par mois liée à la prime d’activité aurait pu emprunter 15 000 € de plus sur 25 ans (188 300 € contre 173 600 €). « Cette hausse de la prime d’activité a bien sûr comme vocation première de redonner du pouvoir d’achat aux Français. Mais pour ceux qui ont un projet immobilier, elle pourrait permettre d’acheter une plus grande surface ou un logement plus près des centres-villes » explique Sandrine Allonier, porte-parole du courtier.

Cette prime peut représenter plusieurs centaines d’euros de revenus supplémentaires. Il faut espérer que d’ici quelques mois les banques acceptent de la prendre en compte »​. 

Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.

Prime d'activité : les locataires mieux lotis que les propriétaires

En plus des revenus du demandeur, de la composition du foyer et des autres prestations déjà versées, le calcul de la prime d’activité prend en compte le statut d’occupation du logement (propriétaire, locataire ou hébergé à titre gratuit). Si le demandeur est propriétaire ou hébergé à titre gratuit, les montants de la prime sont deux moins élevés que s’il était locataire. Dans certains cas, le demandeur propriétaire n’y a tout simplement pas le droit, alors qu’il en aurait bénéficié en tant que locataire. Ainsi, un couple salarié avec des revenus de 1 500 € chacun, soit 3 000 € à deux et 1 enfant de moins de 14 ans, ne peut bénéficier de la prime s’il est propriétaire alors qu’il pourrait bénéficier de 142 € par mois en tant que locataire. Un célibataire salarié sans enfant disposant de 1 500 € de revenus pourra lui bénéficier d’une prime de 60 € par mois s’il est propriétaire, et de 126 € s’il est locataire. « Dans le calcul de la prime, le fait d’être propriétaire ou hébergé à titre gratuit donne les mêmes droits (…). Or, la plupart de ceux qui ont acheté avec un revenu donnant droit à la prime d’activité ont dû le faire avec un crédit immobilier dont la charge financière peut être équivalente voire supérieure à un loyer » conclut Sandrine Allonier.

Bon à savoir

Le statut d'occupation est pris en compte dans le calcul de la prime. A revenus équivalents, locataires et propriétaires ne toucheront pas le même montant.

Bonne nouvelle, les taux des crédit immobiliers resteront attractifs en 2019

Si la prime d’activité n’améliorera pas les conditions d’emprunt des Français, en revanche c’est le cas des taux de crédit, qui restent très attractifs en ce début d’année 2019. En février, les taux généralement constatés diminuent sur 4 des 6 durées étudiées par La Centrale de Financement, courtier en crédit immobilier. Les taux d'emprunt sur 10, 15 et 25 ans baissent de 0,01 %, pour atteindre respectivement 1,01 %, 1,24 % et 1,71 %. Sur 7 ans, ils reculent de 0,02 %, atteignant 0,84 %. Les taux de crédit immobilier sont stables sur 12 ans (1,16 %) et 20 ans (1,45 %). Précisons que les taux resteront bas pendant de longs mois. En effet, la Banque centrale européenne a laissé ses taux inchangés et réaffirmé qu’une hausse n’était pas envisagée. Dans le même temps, les taux d’emprunt d’Etat à 10 ans sont revenus à leur plus bas niveau depuis juillet 2018 à moins de 0,6 %, contre 0,80 % fin 2018. « Ce maintien des taux d’emprunt d’Etat à un niveau historiquement bas devrait permettre aux banques de continuer à mener une politique des taux de crédit attractifs sans trop rogner sur leurs marges » complète Jérôme Robin, président de Vousfinancer.

Chiffres clés

En ce début d’année 2019, les taux d’emprunt restent inférieurs à 1,8 % sur toutes les durées.