Passoires thermiques : leurs propriétaires cherchent à s’en débarrasser !

Blandine Rochelle 11 fév 2023
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De plus en plus d’acquéreurs regardent de près le DPE de leur futur logement, et les mesures incitant à faire sortir les passoires thermiques du marché immobilier ne font qu'encourager cette tendance. Il n’est donc pas étonnant de constater que, devenues trop contraignantes, les passoires thermiques soient de plus en plus nombreuses à être proposées à la vente.

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Les annonces de ventes de passoires énergétiques représentent 19,2 % des annonces. © OceanProd - Adobe Stock
Les annonces de ventes de passoires énergétiques représentent 19,2 % des annonces. © OceanProd - Adobe Stock
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La Loi Climat tend à bannir les passoires thermiques du marché

En France, 17 % des logements sont considérés comme des passoires thermiques. Ce sont ainsi 2 millions de logements qui sont classés F et G au DPE (diagnostic de performance énergétique). Ces logements, très énergivores, sont un gouffre financier et une source d'inconfort pour les ménages qui les occupent. De plus, leur impact sur l’environnement est important du fait du taux élevé de leur émission de gaz à effet de serre.

Dans ce contexte, la Loi Climat & Résilience a mis en place des mesures pour bannir ces passoires énergétiques du marché de la location, et inciter les propriétaires à réaliser des travaux de rénovation énergétique afin de les rendre plus performantes et plus respectueuses de l’environnement.

Ainsi, la méthode de calcul du DPE a été modifiée en 2021 pour rendre ce dernier plus fiable, l’affichage de la mention « passoire énergétique » est devenu obligatoire, et depuis le 1er juillet 2023, les logements classés G +, dont la consommation est supérieure à 450 kWh/m²/an, ne peuvent plus être mis en location.

Ce n’est d’ailleurs pas terminé, puisque les logements classés G, F et E vont progressivement subir le même sort, respectivement à compter de 2025, 2028 et 2034. Bref, à l'instar de la baleine bleue ou encore du panda roux, les passoires thermiques sont une espèce en voie d'extinction…

37 % des annonces immobilières à Paris concernent des passoires énergétiques.

Les ventes de passoires thermiques ont bondi ces derniers mois

Avec la nouvelle méthode de calcul du DPE, un nombre accru de logements ont été étiquetés passoires thermiques, ce qui a eu des conséquences non négligeables sur le marché immobilier. En effet, leur nombre a augmenté de 8 %, et la seule façon d’en sortir est la réalisation de travaux de rénovation énergétique. Or, tous les propriétaires de passoires énergétiques n’ont pas prévu de rénover leur logement. Cela a donc engendré un volume de ventes accru de passoires énergétiques sur le marché immobilier ces derniers mois. En 2022 :

  • 31 % des propriétaires de résidences principales,
  • 39 % des propriétaires d'un bien mis en location
  • et 50 % des propriétaires de résidences secondaires

ont décidé de vendre leur bien en raison d’un mauvais DPE.

C’est également sur le site d’annonces de SeLoger que l’on a pu constater une forte augmentation des annonces de ventes de passoires thermiques, qui sont 4 fois plus nombreuses à Paris qu'en juillet 2021. Sur l’ensemble du territoire, ces passoires énergétiques représentent 19,2 % des annonces. À titre de comparaison, la proportion de passoires thermiques proposées à la vente était :

  • de 16 % en 2021,
  • de 11,2 % en 2020 et en 2019,
  • et de 11,7 % en 2018.

C'est bien la preuve que les propriétaires de ces logements énergivores sont de plus en plus nombreux à s’en défaire, les considérant comme des boulets…

Le DPE est désormais un frein à la vente

Désormais, on constate que le DPE a un impact important sur la prise de décision des acquéreurs, notamment sur les ventes conclues mais également sur les simples visites. En effet, on constate que 40 % des futurs acheteurs considèrent qu’un mauvais DPE est un levier de négociation, contre 28 % en 2022. Dans la même dynamique, 79 % des vendeurs de résidences principales déclarent être prêts à baisser leur prix à cause du DPE de leur logement, contre 46 % en 2022.

Le DPE a également une influence sur les prix immobiliers, puisqu’un logement considéré comme une passoire thermique, et dont l’étiquette énergétique affiche F ou G, est mis en vente 3,9 % moins cher qu’un logement dont le DPE est correct. Il en va de même pour les négociations de prix qui sont plus agressives envers les passoires thermiques : en moyenne, les négociations avoisinent 5,6 % pour les logements dont le DPE est prohibitif, alors qu'elles se limitent à 3,7 % pour les autres biens.

Dans certains marchés très dynamiques, les passoires thermiques trouvent preneurs rapidement , comme à Marseille.

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