PTZ : le nombre de bénéficiaires baisse de 30 % suite au recentrage du dispositif

Suite au recentrage opéré l’an dernier, le nombre de Prêts à taux zéro (PTZ) accordés aux ménages est en chute libre. En 2018, le nombre de bénéficiaires a reculé de 30 %. Résultat, les ventes de logements neufs sont au plus bas.

Recentrage du PTZ : le nombre de bénéficiaires baisse de 30 %

Le Prêt à Taux Zéro (PTZ), qui devait initialement être supprimé en 2018, a finalement été prolongé dans une version « recentrée ». Dans le neuf, il est disponible jusqu’en 2021 dans les zones tendues (zones A, A bis et B1) avec un montant de l’opération finançable par le PTZ atteignant encore 40 %. Dans les zones B2 et C, il est disponible uniquement jusqu’à fin 2019, avec un montant de l’opération finançable abaissé à 20 %. Dans l’ancien, le dispositif a été recentré sur les zones B2 et C avec le maintien d’une quotité de financement de 40 %. Selon Vousfinancer, ce recentrage n’est pas sans conséquence. Le courtier constate une baisse de 30 % du nombre de bénéficiaires et une diminution de 10 % des montants de PTZ accordés, avec un impact plus fort dans le neuf que dans l’ancien. D’après les estimations du SGFGAS, la Société de Gestion des Financements et de la Garantie de l’Accession Sociale à la propriété, le nombre de PTZ accordés en 2018 devrait ressortir à 90 000 environ contre 123 477 en 2017. Une baisse qui devrait se poursuivre en 2019, le gouvernement prévoyant l’octroi de 88 200 PTZ.

Graphique PTZ Accordés
Le nombre de PTZ accordés a été divisé par 4 depuis 2011. © SGFGAS

En 2018, le nombre de dossiers de crédit avec un prêt à taux zéro a baissé de 32 % toutes opérations confondues. Dans le neuf, la baisse atteint 35 % contre 21 % dans l’ancien ».

Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.

Les prêts à taux zéro en chute libre dans l’immobilier neuf

Les PTZ dans le neuf ne représentent plus que 69 % des PTZ contre 75 % en 2017. De leur côté, les maisons ne représentent plus que 50 % des PTZ, contre 61 % l’année précédente. Cela confirme l’impact de la baisse du PTZ en zone B2 et C. Concernant les montants des prêt accordés, ils diminuent en moyenne de 6 111 € dans le neuf. Cela s’explique par le fait que les montants accordés ne dépassent pas 20 % du montant de l’opération dans les zones détendues, c’est-à-dire là où les primo-accédants ont le moins de difficultés à acheter en raison du niveau des prix et donc là où la demande de PTZ est forte. Dans l’ancien, les montant des PTZ ont également diminué car le dispositif n’existe plus en zones tendues, où les prix sont les plus élevés. « Après la suppression des APL accession, le recentrage du PTZ a également pénalisé les primo-accédants et les ménages modestes. (…) Nous attendons de savoir s’il sera maintenu au-delà de 2019 dans le neuf en zone détendue. C’est un enjeu pour les futurs propriétaires, mais aussi et bien sûr pour les constructeurs de maisons individuelles impactés par le recentrage du dispositif » conclut Sandrine Allonier.

Les attributions de PTZ en baisse dans le neuf et dans l’ancien

  2017 2018 Evolution
Montant moyen PTZ 61 740 € 55 735 € - 6 005 €
Montant moyen PTZ ancien 51 525 € 47 558 € - 3 967 €
Montant moyen PTZ neuf 65 270 € 59 159 € - 6 111 €
Part des PTZ dans le neuf 75 % 69 % - 6 points
Part des PTZ finançant une maison 61 % 50 % - 11 points

Les constructions de maisons baissent de 11 %

La remise en cause des aides au logement, avec le rabotage du PTZ et la suppression de l'APL Accession, a freiné l’acquisition des maisons individuelles en 2018. Les achats ont reculé de 11,3 % sur 1 an. Les ventes sont descendues sous le seuil des 120 000 unités, à 119 700, ce qui représente 15 000 ventes de moins qu’en 2017, selon le syndicat majoritaire LCA/FFB. Une chute des ventes qui n’a épargné aucune région, même si certaines sont plus touchées que d’autres. C’est le cas de la Normandie (- 22 %), l’Occitanie (- 17 %) et la Bretagne (- 16 %). A l’inverse, les Pays-de-la-Loire (- 4 %) et PACA (- 3 %) limitent la casse. En 2019, grâce au maintien de conditions d’emprunt attractives, le marché de la maison individuelle neuve devrait être stable, avec une demande d’achat de maisons entre 116 000 et 123 000 unités. Par contre, si la suppression complète du PTZ en zones B2 et C est confirmée après 2019, les ménages seraient en grande difficulté pour acheter dans ces secteurs à partir de 2020 : les ventes pourraient passer sous la barre des 100 000 ventes, rejoignant les plus bas niveaux, atteints en 2013 et 2014.

Carte France Construction Maison
Baisse des constructions de maisons : la Normandie est la région la plus touchée. © LCA/FFB