Angers : quel sera la physionomie du marché immobilier après le confinement ?

18 avr 2020
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Si nul ne peut prévoir avec certitude les conséquences qu’aura la crise sanitaire du Covid-19 sur le marché de l’immobilier angevin, rien n’empêche de se projeter dans l’après-confinement. Et qui mieux qu’un agent immobilier local pour nous faire partager son ressenti, ses doutes et ses attentes ? Guillaume Rousseau, Associé Gérant chez Alain Rousseau Immobilier Comine, à Angers, s’est prêté à l’exercice.

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Angers : quel sera la physionomie du marché immobilier après le confinement ?
Le marché immobilier angevin devrait être relativement épargné par la crise du Covid-19. ©Inti St. Clair

Quelles répercussions la crise sanitaire pourrait-elle avoir sur le marché immobilier angevin ?

Guillaume Rousseau : Il faut répondre avec précaution à cette question car la crise que nous traversons est totalement inédite. Ce que l’on peut dire du marché angevin avant la mise en place du confinement, c’est qu’il y régnait une très forte tension immobilière. La demande y était bien supérieure à l’offre, avec une moyenne de 20 acquéreurs potentiels pour un T3, par exemple. Mais sauf à se prétendre devin, il est impossible de prévoir, à coup sûr, la façon dont le marché réagira. Cela dépendra de la durée du confinement mais aussi de ses répercussions économiques sur les entreprises locales. Pour autant, le marché de l’immobilier angevin est un marché sain, animé d’une belle dynamique et qui repose sur des bases solides. Il devrait donc être à même de résister.

Pourquoi est-ce que c’est important de poursuivre sa recherche immobilière même en période de confinement ?

Si mes clients ont envie de continuer de faire avancer leurs projets, il est important qu’ils puissent le faire. Bien sûr, je suis moins sollicité qu’avant le confinement, mais je reçois tout de même des appels téléphoniques de personnes qui continuent de consulter les annonces immobilières et souhaitent se positionner. Dans ce cas, je leur propose de caler des visites pour l’après-confinement.

« Nous continuons de suivre les dossiers de nos clients, à distance, mais force est de constater que l'activité est au ralenti ».

Guillaume Rousseau, Associé Gérant chez Alain Rousseau Immobilier Comine, à Angers.

Comment les professionnels de l’immobilier accompagnent-ils leurs clients à distance ?

Bien sûr, nous continuons de suivre les dossiers de nos clients, à distance. Nos négociateurs ont ainsi contacté les propriétaires qui nous avaient confié un mandat de vente pour leur expliquer, notamment, pourquoi les visites étaient suspenduesNous en avons également profité pour leur demander de nous envoyer de nouvelles photos de leurs biens. Nous recontactons aussi des personnes dont nous avions estimé le bien. Mais encore une fois, force est de constater que l’activité est au ralenti.

Quels conseils donner à celles et ceux qui voudraient être prêts dès que les choses seront rentrées dans l’ordre ?

Mon conseil, à ceux qui veulent acheter, serait de continuer de regarder les annonces immobilières, de comparer les prix, d’appeler les agences, de monter leurs dossiers de financement, de se positionner et d’organiser des visites post-confinement. Car sur un marché comme le marché immobilier angevin, on peut penser que les biens qui étaient déjà très recherchés avant le confinement le seront encore après. Certains renonceront à leur projet ou devront le reporter, mais beaucoup d’autres chercheront à le concrétiser car ils savent que le marché ne les attendra pas.  

« Rien ne saurait remplacer une visite traditionnelle ».

Guillaume Rousseau.

Est-ce que vous organisez des visites et des estimations à distance, « par visio », par exemple ?

Non, pas pour l’instant. Disons que ce n’est pas une chose en laquelle je crois. Selon moi, rien ne saurait remplacer une visite traditionnelle. Mais si mes clients me le demandent, je ne manquerais pas de mettre en place ce système.  

Le confinement se vit différemment selon que l’on est en appartement ou que l’on a un jardin. Les biens avec un espace extérieur pourraient-il bénéficier d’un regain d’attractivité ?

Nul ne peut répondre à cette question. Peut-être que les Français seront plus nombreux à vouloir vivre à la campagne ? Peut-être préfèreront-ils, au contraire, rester en ville, proches des commerces et des hôpitaux ? Peut-être même ces deux tendances s’équilibreront-elles ? Le nombre de Français qui déserteraient les métropoles viendrait alors compenser celui de ceux qui choisiraient de quitter le calme de la campagne pour se rapprocher des commodités urbaines ? À ce stade, on peut tout imaginer… Personnellement, je ne m'y risquerai pas !

Au sortir du confinement, l’immobilier sera-t-il, plus que jamais, une valeur « refuge » ?

C’est probable. Face à la chute des marchés financiers, la pierre tend à rassurer. On aura toujours besoin de se loger. De plus, lorsque l’on est propriétaire de son logement, on n’a plus de loyer à payer. Enfin, en France, nous faisons face à un déficit de logements et il ne semble pas près de se combler…  

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Guillaume Rousseau
Guillaume Rousseau est Associé Gérant chez Alain Rousseau Immobilier Comine, à Angers
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