Peut-on vivre sans voiture… ? L’idée derrière cette réflexion n’est pas de bannir ce moyen de locomotion, mais de s'adapter pour vivre sans, au quotidien. Il s'agit de privilégier des modes de déplacement plus doux, du type vélo ou transports en commun, meilleurs pour la santé et l’environnement. Plusieurs grandes villes du Nord s’en donnent les moyens. Découvrez lesquelles.
À Lille, le vélo est à l'honneur
Depuis plusieurs années, la ville de Lille encourage le développement des mobilités actives et partagées, comme la marche, la bicyclette et les transports collectifs. Elle met notamment en place de nombreuses actions pour rendre la pratique du vélo accessible à tous, notamment en aménageant la voirie avec des bandes cyclables et en les prolongeant pour profiter de jolies balades (+ de 150 km de pistes cyclables sont disponibles aujourd'hui).
Les sas vélo et les panneaux « cédez-le-passage cycliste au feu » se développent pour une circulation plus sereine. D'ailleurs, la ville a imaginé un vélorue et un site dédié à la pratique du vélo. Pour se garer facilement, près de 6 000 arceaux et plus de 200 stations à vélos ont également été aménagés à Lille, mais aussi à Hellemmes et à Lomme.
Entre 2020 et 2026, la Métropole européenne de Lille (MEL) a investi 100 millions d'euros dans le développement du réseau cyclable : 75 millions d'euros dédiés aux aménagements sur voirie et 25 millions d'euros sur le développement de voies vertes et véloroutes.
« Le Plan de Mobilité voté en 2023 fixe un objectif de 8 % de part modale à vélo d’ici 2035. Pour atteindre cette ambition, le réseau intercommunal métropolitain permettra à terme de desservir la totalité des communes de la MEL et assurera une desserte directe de 90 % de la population, 94 % des emplois et 93 % des effectifs scolaires projetés à horizon 2035 » précise le site MEL.
Aussi, elle propose aux familles qui n’en possèdent pas de louer – en partenariat avec l’association Vélowomon – des vélos de 2 ou 4 places pour circuler ensemble, à deux-roues. Elle met par ailleurs à disposition des Vélotaxis, avec Happymoov ou Mon coursier de quartier, ainsi que des Vélobus pour que des enfants se rendent à l’école à vélo, accompagnés d'adultes (généralement des parents volontaires, des grands-parents ou des retraités).
Mais il n’y a pas que le vélo… À Lille, on peut aussi se déplacer avec le métro (c’est le premier métro 100 % automatique reliant 60 stations sur 45 km, qui a été créé en 1983), le tramway ou le bus, via le réseau de transport Ilévia.
Dunkerque mise sur les transports en commun
Dunkerque semble avoir plutôt misé sur les bus, avec les « Dk’Bus ». Le 1er septembre 2018, elle est devenue la plus grande ville d’Europe à offrir les transports gratuits pour tous, sans conditions.
Elle va même plus loin, en proposant des services adaptés aux usagers qui se rendent à leur travail en bus, avec 6/16 lignes Chronos (temps d’attente de 10 min entre 2 passages). Depuis septembre 2024, sa ligne de bus « Rapid’Ouest » dessert les grandes industries sans parkings, reliant les entreprises Clarebout et Verkor, en passant par la gare de Bourbourg depuis la gare de Dunkerque. Début 2025, la ligne 18 emprunte la zone industrielle des deux Synthes. Elle n’oublie pas ceux qui rentrent plus tard, avec les Noctibus N1 et Noctibus N2. Enfin, elle propose 3 services de transport à la demande : Taxibus de nuit, Étoile et Handibus.
Par ailleurs, pour faire suite à la réindustrialisation du territoire et éviter la saturation des axes routiers et autoroutiers, des navettes électriques autonomes, mises au point par la start-up française, Urbanloop, vont être déployées dans la Zone Grandes Industries (ZGI) du port de Dunkerque d’ici 2030.
En parallèle, depuis 2021, la ville de Dunkerque a mis en place une politique en faveur de l'usage du vélo : le plan vélo +. Son objectif est de porter à 6 % la part des déplacements à vélo dans l’agglomération. Selon Jean-François Montagne, vice-président en charge de la Transition écologique et de la Résilience, les compteurs installés sur les pistes cyclables montrent une fréquentation en hausse de 17 % par rapport à 2019 et de 40 % sur la Vélomaritime.
Valenciennes, ville championne du deux-roues
Valenciennes fait partie des 189 communes labellisées « Ville à Vélo ». En 2025, la ville a décroché 3 vélos pour « sa politique de promotion du vélo engagé ». Ce label, décerné par l’organisation du Tour de France, salue les collectivités qui investissent dans des aménagements cyclables, poussent la pratique du vélo et sensibilisent leurs habitants à une mobilité plus douce et durable. Notez que Dunkerque a été labellisé auparavant.
Pour compléter l’offre de transports en commun qu’elle propose, la ville met à disposition, en partenariat avec le SIMOUV et Valenciennes Métropole, la navette « Le Cordon » à destination de l’hyper-centre, gratuite pour tous, du lundi au samedi de 7 h 30 à 19 h 30.
Douai pour les mobilités douces
Depuis les années 1990, de nombreux efforts ont permis de multiplier les aménagements et les mesures en faveur du vélo dans la ville de Douai. L’association Droit D’Vélo Douaisis (DDV) reste bien présente. Elle soutient les utilisateurs de vélo en tout genre auprès des collectivités et propose des ateliers et actions autour de ce mode de transport pour convaincre les usagers de la voiture.
Depuis le 1er janvier 2022, tout le monde peut grimper dans l'un des véhicules du réseau Évéole gratuitement. Cette opération ravit les plus de 220 000 habitants, répartis sur les 55 communes qu’il dessert.
Pour information, à Douai, la quasi-totalité de la ville est passée en zone 30 pour la sécurité des piétons et des cyclistes. Cela ne veut pas dire que les automobilistes et les transports en commun en sont exclus. Ils peuvent rouler, mais à vitesse modérée : pas plus de 30 km/h.
Tourcoing : une ville sans voiture en devenir
Depuis le 16 juin 2025 le boulevard Industriel de Tourcoing est en chantier. D’ici juin 2026, il devrait se métamorphoser en ceinture verte. Cette transformation s’inscrit dans un projet combinant nature, mobilité et accessibilité.
En 2029, les Tourquennois devraient profiter d’aménagements piétonniers (avec espaces de détente) et cyclables, et d'un environnement beaucoup plus vert (sur les chaussées Denis Papin et Fernand Forest, entre l’avenue de la Fin de la Guerre et la rue du Pont Rompu, environ 420 arbres sont plantés).
La circulation automobile sera toujours possible, mais réduite, pour le bien-être de tous. Ces travaux ont nécessité une enveloppe de 20 millions d'euros : 15 millions portés par la MEL et 5 millions par la ville de Tourcoing.
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