Île-de-France : la région lance un grand plan de lutte contre les « marchands de sommeil »

Île-de-France : la région lance un grand plan de lutte contre les « marchands de sommeil »
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La lutte contre l’habitat indigne est un enjeu grandissant en Île-de-France. L'Établissement public foncier de la région propose donc 12 solutions pour mieux lutter contre les marchands de sommeil, notamment dans les zones pavillonnaires.

Près de 180 000 logements indignes en Île-de-France

Selon un rapport de l'Etablissement public foncier d'Ile-de-France (EPFIF), présidé par Geoffroy Didier, également vice-président de la région Île-de-France, en charge du logement et de la politique de la ville, « la tension du marché et la saturation du parc social ne laissent pas d’autre choix à des populations de plus en plus en difficulté, exclues du marché classique du logement, que de trouver refuge dans les segments les plus dévalorisés de l’offre ». Une situation dont « tirent profit propriétaires indélicats ou véritables marchands de sommeil ». Ainsi, d’après les chiffres de l’agence nationale de l’habitat (ANAH), près de 180 000 logements privés sont potentiellement indignes en Île-de-France, soit « près de 5 % des résidences principales privées » : il s’agit de pavillons divisés, d’immeubles et locaux insalubres (caves, sous-sols, combles), d’immeubles en ruine, d’hôtels meublés dangereux ou d’habitats précaires.

La chasse continue contre les marchands de sommeil

Pour lutter contre les marchands de sommeil qui sévissent principalement dans les centres-villes anciens, mais également de plus en plus dans les zones pavillonnaires d'Île-de-France, ce rapport préconise 12 solutions. Il propose notamment de faciliter l'expropriation des marchands de sommeil, de confisquer leurs biens en cas de condamnation, de financer la rénovation de l'habitat vétuste, de créer une police de l'habitat et de limiter les divisions pavillonnaires. Selon l’EPFIF, ces dernières « s'étendent progressivement, par effet de tâche d'huile ou « de grappe », à l'échelle d'une rue ou d'un quartier ». La Drihl (Direction régionale interdépartementale pour l'hébergement et le logement), ajoute que les divisions pavillonnaires ont augmenté de 5 % en Seine-Saint-Denis sur la période 2007-2013, comparée à 2003-2009. Dans certaines communes de ce département, la division pavillonnaire représente jusqu'à 40 % de l'offre de logements.

Bon à savoir

D’après ce rapport signé par Geoffroy Didier, l'habitat indigne désigne les « situations d'habitat constituant un déni au droit au logement et portant atteinte à la dignité humaine ».