2015 : où en est-on de l'accessibilité aux handicapés en France ?

2015 : où en est-on de l'accessibilité aux handicapés en France ?

Alors que l’échéance de la loi visant à rendre l’ensemble des bâtiments et lieux publics accessibles aux personnes handicapées a été repoussée au-delà de 2015, certaines villes n’ont pas attendu pour se rendre accueillantes.

Que dit la loi ?

La première loi concernant l’accessibilité des villes a été votée il y a presque 40 ans
L’AFP (association des paralysés de France) estime à près de 10 millions le nombre de personnes concernées par le handicap en France, sans compter les personnes à mobilité réduite telles que les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents avec poussette et les blessés temporaires. C’est pour cette raison qu’une première loi, la loi d’orientation en faveur des personnes handicapées de 1975, a été instaurée pour signifier l’obligation de la part des villes de procéder à des aménagements allant de ce sens.

En 2005, la loi dite loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a été votée afin d’élargir le champ d’application des règles concernant l’accessibilité. En effet, les villes ne doivent plus seulement être adaptées aux personnes à mobilité réduite, la loi s’applique à tous les handicaps, et pas seulement les handicaps moteurs. Cette loi avait fixé l’objectif qu’en 2015, tous les établissements recevant du public, les transports publics ainsi que les bâtiments d’habitation et de voirie devaient être en mesure de recevoir des personnes en situation de handicap.

Cependant, l’échéance de cette application a été repoussée, car un rapport d’octobre 2011 a souligné que ce terme ne pourrait être respecté.

Chiffre clés

10 millions de personnes concernées par le handicap en France.

Comment les bâtiments doivent-ils être aménagés ?

Une ville accessible aux personnes handicapées est une notion qui peut paraître abstraite. Pourtant, il existe des normes qui sont déjà appliquées lors des constructions de bâtiments neufs. Concrètement, parmi les normes imposées aux établissements et collectivités pour rendre leurs bâtiments accessibles, on peut relever les éléments suivants :

  • N’importe quelle personne doit pouvoir, en toute autonomie, accéder, circuler et recevoir des informations qui sont diffusées dans les parties ouvertes au public d’un établissement.
  • Le cheminement doit donc pouvoir être accessible à toute personne quelle que soit son handicap et l’établissement doit ainsi faciliter le déplacement à travers son enceinte mais également depuis l’extérieur du bâtiment.
  • Les écarts de niveau doivent être atténués, ce qui signifie précisément que l’on ne doit pas relever de ressaut dont la hauteur est supérieure à 2 cm.
  • Chaque établissement doit aménager un espace de manœuvre permettant à une personne en fauteuil roulant de faire demi-tour.
  • Les portes d’entrée doivent répondre d’une largeur minimale de 80 cm et comporter un système de contrôle d’accès de part et d’autre de chaque porte.
  • Les places de stationnement doivent mesurer au minimum 3,30 m de largeur, être situées sur un sol non glissant et respectant un agencement qui permet de regagner le trottoir sans rencontrer d’obstacle.

Bon à savoir

D’une façon générale, l’AFP a relevé que les lieux les plus accessibles pour les personnes handicapées sont les centres commerciaux, les bureaux de Poste, les cinémas et les piscines. A l’inverse, les lieux qui gagneraient à être plus accessibles sont les commerces de proximité et les cabinets médicaux et paramédicaux.

Les villes les plus accessibles pour les handicapés en France

L’AFP affirme que dans l’absolu, l’accessibilité des villes est loin d’être parfaite, cependant certaines villes ont pris le sujet à cœur depuis bien des années et n’ont pas attendu le report de la loi de 2005. Chaque année, les villes sont notées sur 20 et d’une façon générale, la note moyenne ne cesse de s’améliorer et plus aucune ville n’a de note en-dessous de la moyenne.

Parmi les bons élèves, Caen se place sur la troisième place du podium des villes les plus accessibles avec une note de 17,6/20.

Avec 18/20, Nantes qui fut pendant plusieurs années en tête de ce classement obtient toutefois la seconde place.

Enfin, la ville la plus accessible est Grenoble qui remporte une note de 18,7/20. A cet égard, soulignons que la mairie de Grenoble a consacré trois millions d’euros pour aménager sa ville et la rendre accessible, ce qui représente 1 % du budget annuel de la ville depuis 2010. Notons que Grenoble est également la deuxième ville d’Europe du même classement.

Les points clés à retenir

  • La première loi à avoir rendu obligatoire l’accessibilité des villes a été votée en 1975.
  • Deux autres lois sont venues renforcer la réglementation en cours, bien que les villes n’évoluent que très lentement.
  • Les critères d’accessibilité sont définis par la loi.
  • Certaines villes prennent ce sujet très à cœur, comme en témoigne les notes des trois premières villes de France accessibles aux personnes handicapées.