Audrey Sovignet : « Wilson, c'est le majordome des bons plans "handicap" ! »

Audrey Sovignet : « Wilson, c'est le majordome des bons plans "handicap" ! »

Lancé en avril 2016, I Wheel Share, qui recense notamment les logements accessibles aux personnes handicapées, fait peau neuve : Wilson, une intelligence artificielle (mais à l'efficacité bien réelle) est désormais de la partie ! Rencontre avec Audrey Sovignet, la fondatrice.

Pouvez-vous nous présenter I Wheel Share en quelques mots ?

En 2016, j’ai créé avec mon frère une application mobile collaborative, centralisée et géolocalisée, permettant aux personnes en situation de handicap de partager des informations sur l’accessibilité des lieux où elles ont eu l’occasion de se rendre.

Au sein de Wilson, nous valorisons le travail réalisé par les associations au sujet...

... de l'accessibilité aux personnes handicapées à la culture, à des loisirs, etc ».

Concrètement, qu’est-ce qui change ?

Rechercher des adresses accessibles est encore plus facile qu’auparavant. En effet, I Wheel Share n’est plus une application. Les utilisateurs n’ont donc plus besoin de la télécharger. Désormais, tout se passe sur Messenger, la messagerie instantanée de Facebook et c’est Wilson, le majordome des bons plans « handicap » qui répond 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 aux questions des usagers.

Qui est Wilson ?

C’est un « chabot », un robot conversationnel doté d’une intelligence artificielle. Il fonctionne via Messenger et pose des questions aux utilisateurs. Cela lui permet d’apprendre à connaître son interlocuteur au fur et à mesure de la conversation et ainsi d’être capable de s’adapter à son handicap. Grâce à son intelligence artificielle, Wilson va non seulement cerner les besoins de l’utilisateur mais aussi anticiper ses envies. L’idée, c’est d’instaurer une véritable intimité entre notre majordome virtuel et la personne qui fait appel à lui.

Wison, est un robot conversationnel doté d’une intelligence artificielle
Wilson, le marjordome au service des personnes handicapées. © I Whell Share

Pourquoi « I Wheel Share » ?

En anglais, « wheel chair » signifie « fauteuil roulant ». Mais phonétiquement, « I Wheel Share » évoque également « I will share » ce qui, en Français, se traduit par « je partagerai ». 

Pourquoi vous-êtes vous lancée dans l’aventure I Wheel Share ?

Il y a cinq ans, mon petit frère a perdu l’usage de ses jambes suite à un grave accident de la route. Face aux difficultés auxquelles il se heurtait dans sa nouvelle vie, j’ai été chercher des informations sur Internet, sur les blogs, sur les forums. Mais j’ai rapidement réalisé que s’il y avait une véritable prise de parole des personnes en situation de handicap, celle-ci était trop éparpillée, trop diffuse pour être utilisée efficacement. L’information existait mais il était très difficile de la trouver. À l’époque, j’apprenais à coder et à programmer des sites web et des applications mobiles. J’ai alors eu l’idée d’une plate-forme collaborative qui rassemblerait tous les retours d’expérience des personnes en situation de handicap et les géolocaliserait.

À qui s’adresse I Wheel Share ?

À toutes les personnes en situation de handicap, qu'il soit physique ou sensoriel : personnes à mobilité réduite, sourds, malentendants, non-voyants, malvoyants. Par exemple, Wilson peux indiquer à des usagers sourds ou malentendants où trouver, autour d’eux, un cinéma qui propose des séances avec des sous-titrages adaptés. Les aidants et les parents de personnes handicapées peuvent également faire appel à Wilson.

I Wheel Share aide les personnes handicapées à trouver des logements adaptés ». 

Audrey Sovignet, fondatrice de I Wheel Share.

Exception faite de Wilson, qu’est-ce qui distingue I Wheel Share de sites comme Jaccede, Mobalib ou encore Streetco ?

Nous considérons que les données d’accessibilité que nous récoltons de façon collaborative sont un bien commun. En clair, nous estimons que ces informations appartiennent à tout le monde et que, par conséquent, nous n’en sommes pas propriétaires. À mon sens, I Wheel Share pourrait s’apparenter à un connecteur. Grâce à Wilson qui centralise les retours d’expérience - qu’ils soient positifs ou négatifs - dont il se nourrit constamment, nous pouvons connecter rapidement et facilement les personnes en situation de handicap avec les informations qu’elles recherchent.

Vous aidez aussi les personnes en situation de handicap à trouver les logements adaptés. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Wilson a vocation à faciliter au maximum la vie quotidienne des personnes en situation de handicap que ce soit en les aidant à localiser des cinémas mais aussi des toilettes qui leur soient accessibles en France et à l'étranger, à pratiquer des disciplines sportives adaptées à leur handicap et aussi à louer des logements qui répondent à leurs besoins. C’est pourquoi nous avons établi un partenariat avec SeLoger ainsi qu’avec la Fédération Française d’Handisport. Mais en ce qui concerne les logements, si leur accessibilité est évidemment essentielle, ce n’est pas le seul critère que nous prenons en considération. Le ressenti des usagers est également très important.

Quels sont vos projets ?

Dans les prochaines semaines, nous proposerons des bons plans adaptés aux personnes handicapées mentales et nous travaillons également sur les hébergements touristiques.

Audrey Sovignet, fondatrice de I Wheel Share. ©Bullesdejoie
Audrey Sovignet, fondatrice de I Wheel Share
Au côté de son frère Lucas, Audrey facilite le quotidien des personnes en situation de handicap physique ou sensoriel en les renseignant sur l’accessibilité des cinémas, clubs de sport, WC et logements situés près de l’endroit où ils se trouvent. Photo : ©Bullesdejoie

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