Crédit immobilier : vers des taux records cet été

Déjà très bas depuis plusieurs mois, les taux des crédits immobiliers reculent encore au cours des mois de mai et juin. Inférieurs à 1,30 % sur 20 ans, ils se rapprochent des records historiques atteints lors de la rentrée 2016.

Taux de crédit : 1 % sur 15 ans pour les meilleurs profils !

Avec 0,89 % sur 10 ans, 1,18 % sur 15 ans, 1,37 % sur 20 ans et 1,61 % sur 25 ans, les taux de crédit pratiqués en juin 2018 s’approchent grandement des records historiques obtenus à la rentrée 2016, selon le courtier Cafpi. Début juillet, ils baissent même encore, pour atteindre 0,75 % sur 10 ans, 0,95 % sur 15 ans, 1,25 % sur 20 ans et 1,30 % sur 25 ans. « La baisse des OAT 10 ans (Obligations Assimilables du Trésor), tombés à 0,71 % en juin 2018, profitent au crédit immobilier », souligne Laurent Desmas, Président du Directoire du courtier. Cependant, si les taux sont redevenus très bas, les records ne sont pas encore battus, même si «de façon occasionnelle, il est possible d’obtenir des records sur les meilleurs profils », précise Philippe Taboret, Directeur Général Adjoint du courtier. Ainsi en juin, certains emprunteurs immobiliers ont pu obtenir un taux de crédit inférieur à 1 % sur 15 ans. 

Evolution Taux Crédit
Sur 20 ans, les taux de crédit restent inférieurs à 1,50 %. © Cafpi

Les taux bas compensent la hausse des prix de l'immobilier

En juillet, grâce à la baisse des taux, les emprunteurs peuvent espérer emprunter près de 210 000 € pour une mensualité de 1 000 € sur 20 ans et réaliser une économie de 4 256 € par rapport au mois précédent. Cette baisse des taux de crédit est essentielle au marché, puisque, dans le même temps, les prix immobiliers sont en hausse dans les grandes villes, venant directement impacter le pouvoir d'achat des Français. « Sur les villes les plus recherchées, Bordeaux ou Lyon, les emprunteurs peuvent acheter respectivement 12,95 m² et 7,42 m² en moins en juin 2018 par rapport à juin 2017, c’est une pièce, voire une chambre, en moins ! », renchérit Philippe Taboret. Ces taux attractifs de crédit profitent surtout aux primo-accédants, qui malgré les mesures défavorables prises à leur encontre, maintiennent leur volonté de devenir propriétaire à tout prix. En revanche, les investisseurs sont, eux, en net recul sur les derniers mois.

Déjà impactés par le recentrage du dispositif Pinel et la mise en place de l’IFI, les investisseurs pourraient subir la révision de la fiscalité de l’investissement dans le logement et l’extinction des aides à la pierre avancées par trois économistes, dans une note adressée au Président de la République ».

Philippe Taboret, Directeur Général Adjoint de Cafpi.