Grâce aux taux bas, les primo-accédants se ruent sur les crédits immobiliers

Portée par les primo-accédants, qui profitent de taux d’emprunt qui se maintiennent à des niveaux bas, la demande des crédits immobiliers a augmenté de 10 % sur un an. Une conjoncture favorable qui pourrait ne pas perdurer.

Les primo-accédants représentent 61 % des emprunteurs

Grâce à des taux toujours inférieurs à 2 % sur toutes les durées, on peut noter une hausse de l’activité et de la demande (+ 10 %) entre octobre 2017 et octobre 2018. Les candidats à l’accession ont compris que la période leur était propice, en particulier les primo-accédants qui représentent désormais 61 % des emprunteurs immobiliers. « Alors que se loger semble de plus en plus difficile, la location étant, dans les zones tendues, de plus en plus onéreuse, les primo-accédants ont compris les bénéfices qu’ils peuvent tirer d’un achat immobilier, qui devient accessible et intéressant à réaliser », affirme Philippe Taboret, directeur général adjoint du courtier Cafpi. « D’autant plus que la conjoncture actuelle, si elle est favorable, n’est pas assurée de perdurer. Face à un risque de hausse des taux et de resserrement du crédit, les particuliers souhaitent profiter des prix en hausse et du fait que les banques sont prêteuses, pour passer le cap de l’achat. D’ailleurs, la portion de seniors est en progression dans la clientèle, désireuse de « protéger » leurs retraites avec un achat immobilier », indique-t-il.

Profils Emprunteurs Novembre 2018
Les investissements locatifs représentent 8 % des dossiers d'emprunt. © Cafpi

L’immobilier ancien porté par des taux de crédit attractifs

En 2018, l’immobilier ancien se porte à merveille. En effet, en novembre 2018, 82,22 % des opérations concernent le marché de l’immobilier ancien. « Signe de la forte appétence pour l’immobilier ancien, la demande est en pleine progression et conduit à une certaine tension sur les prix », selon Philippe Taboret. Les diminutions des aides dans l’immobilier neuf (PTZ, Pinel, etc.) incitent également les candidats à l’accession à se porter sur un bien existant plutôt que neuf. En revanche, si l’accession à la propriété est portée par les taux de crédit extrêmement bas, moins de crédits devraient être signés en 2018 par rapport à 2017. « Le marché du rachat de crédit s’est lui effondré. Il représentait 30 % de notre activité l’an dernier, il n’est plus qu’à 12 % aujourd’hui. L’accession à la propriété reste notre activité principale, et est en progression sur les derniers mois », explique Philippe Taboret.

Bon à savoir

En France, un logement dans l’ancien se monnaye aux environs de 3 864 €/m².

Les taux restent inférieurs à 2 % sur toutes les durées

Durées Taux moyens
10 ans 0,80 %
15 ans 1,08 %
20 ans 1,27 %
25 ans 1,56 %

Le pouvoir d’achat se maintient grâce à l'allongement des durées d'emprunt

D’après les derniers chiffres de l’Observatoire Crédit Logement/CSA, après avoir progressé à un rythme soutenu durant les deux dernières années (+ 4,2 % en 2016 et + 4 % en 2017), le coût des opérations réalisées par les ménages augmente encore, mais à un rythme moins rapide qu’auparavant (+ 2,9 % sur les 10 premiers mois de 2018). En revanche, le coût relatif reste à 4,1 années de revenus en octobre 2018, sur les niveaux les plus élevés constatés jusqu’alors. En effet, les revenus des ménages n’augmentent que lentement et bien en dessous de la hausse des prix à la consommation, leur évolution étant maintenant près de dix fois moins rapide que celle du coût des opérations réalisées. Dans le même temps, et après deux années de ressaisissement, le niveau de l’apport personnel recule rapidement (- 6,2 % sur les 10 premiers mois de 2018). L’allongement de la durée des prêts accordés a permis de compenser partiellement la hausse des prix de l’immobilier et la dégradation des soutiens publics, contribuant au maintien sur le marché des primo-accédants.

Coûts Opérations Immo Ménages
Le coût relatif des opérations immobilières se maintient à 4,1 années de revenus. © Observatoire Crédit Logement/CSA