Comment repérer et évaluer les risques d’effondrement d'un immeuble ?

19 nov 2022
Partager sur
FacebookTwitterLinkedin

Le drame qui s'est produit en plein centre de Lille, le 12 novembre dernier (deux immeubles se sont écroulés, Ndlr) pose la question de la prévention des risques d’effondrement. Comment évaluer l’état d’un immeuble ? Quels sont les signes d’alerte, voire de menace à son intégrité ? Les clés pour mieux comprendre les risques potentiels et les procédures d’évaluation en cas d’alerte.

Image
Un mur fissuré
Effondrement d'immeuble : certains signes doivent vous alerter. © Alina Vaska

Sommaire

Quelles sont les causes de l'effondrement d'un immeuble ?

Les causes qui peuvent fragiliser la stabilité d’un ouvrage, même solide, sont nombreuses, et cela ne concerne pas que les bâtiments vétustes ou délabrés. Si la vigilance est de mise pour les bâtiments anciens mal entretenus ou situés dans une zone à risque sismique, les immeubles récents peuvent aussi présenter des risques d’effondrement en cas d’anomalies propres à leur construction ou à la réalisation de travaux ultérieurs.

En marge des risques naturels comme les tremblements de terre ou les épisodes de sécheresse pouvant occasionner des mouvements de terrain, l’intégrité d’un bâtiment peut être affectée par des infiltrations d’eau ou par des problèmes d’affaissement des sols, notamment si ces phénomènes s’accompagnent de traces de fissurations.

Dans le cadre de la loi Climat et Résilience, les copropriétés de plus de 15 ans à destination totale ou partielle d’habitation auront bientôt l’obligation d’engager un plan pluriannuel de travaux (PPT) à compter :

  • du 1er janvier 2023 pour les copropriétés de plus de 200 lots ;
  • du 1er janvier 2024 pour celles de 51 à 200 lots et
  • du 1er janvier 2025 pour celles de 50 lots ou moins.

Péril en la demeure : ces signes qui doivent vous alerter

Dans tous les cas, des signes avant-coureurs tangibles permettent de donner l’alerte, l’effondrement d’un immeuble ne se produisant jamais de façon impromptue. Au premier chef des facteurs inquiétants, la présence de fissures sur les murs, le sol ou les plafonds, surtout si elles gagnent rapidement en largeur et en profondeur, signe d’une menace qui affecte l’ossature interne de la construction. Infiltrations d’eau ; craquements et bruits inhabituels ; portes ou fenêtres qui coincent... Autant d’indicateurs pouvant aussi alerter sur la déformation structurelle d’un édifice, qu’il convient alors d’évaluer pour éviter le pire.

À Lille, il semblerait que le mur porteur se soit gondolé avant de céder et de faire s'effondrer les deux immeubles. 

Effondrement d'immeuble : quelles précautions prendre ?

Si la responsabilité du bon entretien d’un immeuble revient à son propriétaire, celui-ci est également tenu de signaler toute menace sérieuse à sa stabilité auprès des autorités compétentes. Celles-ci devront alors solliciter un expert en bâtiment chargé d’émettre un rapport d’évaluation des risques et de leur niveau de dangerosité. Réalisé à l’aide d’observations visuelles et d’instruments de mesures spécifiques – comme le fil à plomb pour s’assurer de la verticalité du bâtiment –, le travail des experts judiciaires consiste notamment à juger rapidement de l'état de la solidité de la structure et à statuer sur l’urgence du risque. En présence de dégradations « inoffensives », de simples travaux de réparation sont préconisés. Mais en cas de risque très élevé d’effondrement immédiat, c’est la procédure de péril imminent qui s’applique sans tarder. Engagée par le maire de la ville (ou la préfecture de police à Paris) elle permet d’ordonner l’évacuation d’urgence des habitants de l’immeuble, voire des voisins proches, ainsi que la sécurisation du périmètre et la mise en œuvre de mesures propres à lever l’imminence du péril.

Partager sur
FacebookTwitterLinkedin
French

A la une !