Rénovation énergétique, les artisans labellisés RGE ne sont pas à la hauteur !

Rénovation énergétique, les artisans labellisés RGE ne sont pas à la hauteur !
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L’association de consommateurs UFC-Que Choisir pointe la mauvaise qualité des travaux de rénovation énergétique et leurs prix excessifs. La formation « inadaptée » des artisans en serait grandement responsable.

9 % des artisans ont réalisé un diagnostic dans les normes !

Présentée dans toutes les campagnes publiques comme la solution pour réduire votre facture énergétique tout en contribuant vertueusement à réduire la pollution atmosphérique, la rénovation énergétique a de beaux jours (économiques) devant elle. Pour autant, les acteurs du secteur ne sont pas à la hauteur, c'est du moins ce qu'indique une étude de l’UFC-Que Choisir qui laisse entendre que leurs performances laissent à désirer. Seuls 9 % des 42 artisans sondés ont mené à bien un diagnostic global, en prenant en compte les paramètres liés à l’isolation, la ventilation et la production de chaleur. Les 91 % restants réduisent leur analyse de la maison à la compétence qu’ils maîtrisent.

Pourtant, les artisans sont labellisés RGE 

D’où la froide colère de Jacques Blindauer, administrateur national à l’UFC Que Choisir : « Certains devis ont même été établis sans que l’artisan visite l’intérieur de la maison. Les artisans ont une approche corporatiste et non pas écologique qui ne va pas du tout dans l’intérêt des consommateurs ». Le hic, c’est que tous les professionnels consultés bénéficient du label « Reconnu Garant de l’Environnement », alias RGE, sésame indispensable pour bénéficier des aides publiques aux travaux de rénovation énergétique, de type éco-prêt à taux zéro ou crédit d’impôt développement durable. D’où la mise en garde d’Alain Bazot, président de l’UFC Que Choisir : « Nous conseillons aux ménages d’y réfléchir à deux fois, avant de se lancer dans des travaux de rénovation énergétique ».

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La totalité des professionnels des groupements d’artisans analysent 1 seul critère du bâti. © UFC

Une formation « inadaptée » et trop théorique

Les raisons de ces si mauvais résultats sont à trouver, selon l’UFC, dans une « formation inadaptée », d’une durée de seulement trois jours, plus axée sur le théorique que sur le pratique, alors que la « formation pratique sur le terrain est essentielle », assure l’association. Autre grief, sur les quatre ans de certification RGE, un seul contrôle est réalisé par l’organisme certificateur, « insuffisant pour garantir la qualité RGE », conclut l’UFC.

La Confédération de l'artisanat du bâtiment proteste !

Suite à la parution de l’enquête de l’UFC-Que Choisir, la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB) a souhaité répondre à la polémique créée par l’association de consommateurs : « L’enquête de l’UFC Que Choisir jette injustement l’opprobre sur les entreprises artisanales du Bâtiment (...) L’association semble oublier que le label RGE, c’est plus de compétences et des travaux de meilleure qualité, c’est également ignorer les efforts consentis par l’ensemble de la filière » affirme Patrick Liébus, Président de la CAPEB. Ce dernier a également tenu à rappeler que « les particuliers ne peuvent pas toujours envisager une rénovation globale » notamment parce qu'ils occupent leur logement pendant les travaux mais aussi à cause des prix.

Bon à savoir

L’État entend renforcer ses aides publiques en matière de transition énergétique. En 2017, l'Agence nationale de l'habitat (Anah) sera dotée d'un budget de 823,1 M€, une hausse de 17 % par rapport à 2016. L'agence vise 127 000 logements réhabilités dont 100 000 rénovés énergétiquement en 2017.