Acheter un appartement neuf à Annecy devient très compliqué !

11 mai 2022
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La production de nouveaux logements dans le bassin annécien n’a toujours pas retrouvé son niveau d’avant-crise. Un niveau qui était déjà trop bas pour satisfaire la demande. La situation reste critique et favorise la hausse des prix immobiliers. 

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Sur les bord du Lac à Annecy
Annecy compte plus de 130 000 habitants. ©aletheia97

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Les acquéreurs annéciens vont devoir s’accrocher

Le bassin annécien séduit et ce n’est pas nouveau. La preuve par la forte demande immobilière et les chiffres de la démographie : le Grand Annecy grandit en moyenne de 2 300 habitants par an. Ces nouveaux arrivants sont séduits par le cadre de vie idéal de ce secteur, souvent en tête des classements des villes les plus agréables à vivre de France. 

Si ce dynamisme démographique est plutôt bon signe pour le territoire, il faut pourtant bien loger tout ce petit monde et force est de constater qu’acheter à Annecy en 2022 va se révéler encore plus difficile que les années précédentes... Le prix de l’immobilier devrait continuer d’augmenter, en grande partie à cause du manque de constructions neuves.

Le prix du mètre carré à Annecy est de 5 242 €/m2 soit + 4,5 % sur 1 an.

Le nombre de ventes de logements neufs au plus bas

Avec 950 logements neufs vendus en 2021, le bassin annécien n’a pas retrouvé son niveau d’avant-crise. Selon les estimations de la Fédération des promoteurs immobiliers des Alpes (FPI), il faudrait pourtant au minimum 1 000 nouveaux appartements par an sur ce secteur, voire 1 500, pour réellement détendre le marché. Le nombre de logements vendus en 2021 baisse de 5 % par rapport à 2019, après une dégringolade de 23 % entre 2019 et 2020. 

Or, les logements vendus une année sont aussi ceux qui seront mis en chantier l’année suivante. En l’occurrence, même si les 950 logements écoulés atteignent presque cet objectif du millier de ventes, cela ne vient pas compenser le déficit de construction de 2020.

En effet, lors de cette année marquée par le début de la crise sanitaire et des confinements stricts, la production de logements s’était effondrée en France et notamment à Annecy. Les promoteurs immobiliers n’avaient réussi à vendre, à peine, que 790 logements. Pourtant, « le marché du Grand Annecy dépassait depuis 2014 les 1 000 logements neufs par an », comme le rappelle la FPI des Alpes.

La baisse des permis de construire en cause ?

Outre la crise sanitaire qui aura mis à mal la production de logements neufs, la FPI des Alpes met aussi en cause les volontés politiques locales. Les promoteurs constataient déjà l’an dernier que « l’année 2020 avait aussi subi les conséquences du fort ralentissement constaté depuis le début de l’année 2019 sur le développement et la délivrance de nouveaux permis de construire. » 

Malgré ce constat, le choc d’offres neuves semble toujours se faire attendre. Selon la FPI des Alpes, les permis de construire de plus de 1 500 logements neufs (dont plus de 500 logements sociaux) auraient été refusés par le Grand Annecy depuis juin 2020, mois des élections municipales qui avaient vu un renouvellement complet de l’exécutif à la tête de la ville et de son agglomération. 

Selon l’Insee, le Grand Annecy et ses 34 communes comptent 203 000 habitants, dont 128 000 rien que dans la commune nouvelle d’Annecy (qui regroupe Seynod, Annecy-le-Vieux, Cran-Gevrier, Meythet et Pringy depuis 2017).

Il ne faut pas s’attendre à un miracle en 2022, bien au contraire

Entre la crise sanitaire, l’accroissement démographique, les retards et reports de permis de construire, la construction neuve à Annecy touche le fond et cela ne va pas s’arranger cette année. Malgré le constat évident d’un besoin croissant de logements, rien ne laisse présager que l’année 2022 sera un meilleur millésime. Entre les déficits de logements accumulés ces deux dernières années et la période des élections, les délivrances de permis de construire ne bondiront certainement pas cette année. 

Si les promoteurs immobiliers déplorent de n’avoir pu vendre que 950 logements en 2021 qui sont mis en chantier en 2022, ils tirent la sonnette d’alarme pour les mois à venir. En effet, ces derniers n’ont pu mettre en vente que 571 logements au cours des douze derniers mois... soit une chute vertigineuse de 32 % ! Surtout, ce chiffre de 571 logements semble bien loin du millier de logements, au minimum, qu’il faudrait produire selon la FPI des Alpes pour détendre le marché et éviter les hausses de prix.   

La situation favorise la hausse des prix immobiliers

Le manque de logements neufs, qui se dirige tout droit vers une pénurie, contribue à faire flamber les prix de l’immobilier. C’est logique : l’offre diminue tandis que la demande augmente... Résultat, les prix du neuf restent très élevés selon la FPI des Alpes qui l’estime, dans le Grand Annecy, à 5 386 €/m² en 2021.

« Le marché est si tendu et le nombre de refus de permis de construire est tel qu’il ne sera pas possible de répondre à la demande. Mathématiquement, les prix devraient donc augmenter très prochainement », indique la Fédération de promoteurs. 

A défaut de se satisfaire d’une offre dans le neuf, les Annéciens pourraient se reporter sur l’ancien. Mais il n’en est rien car la pénurie d’appartements neufs vient aussi gripper le marché de l’ancien. Avec la hausse des prix, les propriétaires hésitent à vendre tant qu’ils n’ont pas eux-mêmes retrouver un logement à acheter. C’est le serpent qui se mord la queue : l’offre, tous marchés confondus, ancien et neuf, se contracte encore plus et les prix montent… Jusqu’à quand ?  

Sources : sauf mention contraire, les prix cités dans cet article sont issus de SeLoger et du Baromètre LPI-SeLoger.

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