En France, 1 ménage sur 4 vit dans une résidence principale en sous‑occupation très accentuée. Si l’importance de ce phénomène varie d’un territoire à l’autre, 41 % des maisons individuelles sont concernées dans l'ensemble de l’Hexagone.

France : 1 logement sur 4 a au moins 3 pièces de trop
Selon une étude de l’INSEE parue en juillet 2025, un quart des résidences principales françaises, soit 7,6 millions de logements, comportent au moins 3 pièces de plus que le nombre théoriquement nécessaire pour leurs occupants. Ces logements sont donc considérés en sous‑occupation très accentuée.
Les trois quarts des résidences principales largement sous-occupées ont une superficie d’au moins 100 m² et 93 % sont des maisons individuelles. Plus de la moitié des ménages vivant dans un logement largement sous-occupé y ont emménagé depuis plus de 20 ans et 60 % ont 60 ans ou plus. Il s’agit souvent de logements devenus trop grands après le départ des enfants du domicile familial.
Ainsi, 79 % des résidences principales en sous‑occupation très accentuée sont occupées par 1 ou 2 personnes. Les maisons individuelles (41 %) sont plus touchées par ce phénomène que les appartements (4 %), qui comportent généralement moins de pièces et sont plus souvent louées que les maisons. Or, 39 % des propriétaires vivent dans un bien largement sous‑occupé contre seulement 7 % des locataires.
En France, 2,1 millions de personnes seules et 3,6 millions de couples sans enfant vivent dans un logement d’au moins 5 pièces.
Logements sous-occupés : les ménages concernés satisfaits
Si les logements largement sous-occupés coûtent cher à chauffer et qu’ils demandent un entretien important, la plupart des occupants de ces biens ne souhaitent pas déménager. D’ailleurs, seuls 36 % des ménages concernés considèrent que le nombre de pièces est effectivement supérieur à leurs besoins, d’après les chiffres de l’INSEE.
La plupart d’entre eux sont donc satisfaits de leurs conditions de logement. Ils souhaitent même moins souvent déménager que les autres. Seuls 9 % expriment le désir de changer d’habitation, contre 27 % des autres ménages, et 51 % des occupants de biens en suroccupation.
En dehors de l’attachement à la « maison familiale », cette volonté de rester dans ces logements sous-occupés s’explique par l’utilité procurée par ces pièces supplémentaires : accueil de membres de la famille, location à des vacanciers, etc. Ainsi, un enfant de la famille séjourne ponctuellement dans environ 10 % dans ces logements largement sous-occupés. Cela s’explique en partie par l’insuffisance de l’offre de logements de taille adaptée à proximité.
La Bretagne est la région comptant le plus de biens sous-occupés
La part des résidences principales en sous‑occupation très accentuée varie fortement d’un territoire à l’autre. Si l’on se penche sur les régions administratives, c’est en Bretagne (36 %) que l’on compte le plus de logements largement sous-occupés, devant la Bourgogne‑Franche‑Comté, le Grand Est, les Hauts‑de‑France et les Pays de la Loire (31 % chacune).
A contrario, l’Île‑de‑France, la région PACA, la Corse et les régions d’outre-mer comptent peu d’habitations sous-exploitées (15 %). D’une manière générale, la sous-occupation très accentuée est plus fréquente dans les départements ruraux, à l’exception des Alpes‑de‑Haute‑Provence et de la Corse. À Paris, le taux n’est que de 5 %, soit 56 000 logements. En Île-de-France, c’est en Seine-et-Marne et dans les Yvelines, où l’habitat pavillonnaire est dominant, que les chiffres se rapprochent de la moyenne nationale.
Les écarts constatés en fonction des régions et des départements s’expliquent en grande partie par les caractéristiques des parcs de logements des différents territoires. En effet, seuls les logements d’au moins 5 pièces peuvent être en sous‑occupation très accentuée. Or, en Bretagne, 49 % des résidences principales ont au moins 5 pièces, alors qu’en PACA (23 %), Île-de-France (22 %), en Martinique et en Guyane (moins de 20 %), elles sont sous-représentées.
Seuls 3 % des logements en sous-occupation très accentuée sont des appartements en location.
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