Résidence secondaire en bord de mer : des marchés à plusieurs vitesses

Laetitia Lapiana
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Longtemps porté par un fort engouement, le marché des résidences secondaires en bord de mer entre dans une nouvelle phase. Si les prix continuent globalement de progresser, les marchés du littoral évoluent désormais à des rythmes différents. Entre hausse, stabilisation et rééquilibrage selon les territoires, la carte des stations balnéaires françaises se redessine. Décryptage à partir de l'étude exclusive SeLoger 2026.

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CP bord de mer
Entre Méditerranée, port de pêche et vastes plages de sable, Le Grau-du-Roi incarne un littoral encore accessible, particulièrement recherché pour une résidence secondaire au soleil. @ Getty Images
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Résidences secondaires en bord de mer : des prix contrastés selon les régions

Alors qu’au niveau national, le marché immobilier poursuit sa phase d’ajustement amorcée depuis près de quatre ans, les résidences secondaires du bord de mer continuent, dans leur ensemble, de faire preuve d'une belle résilience. Selon l'étude SeLoger de juillet 2026, les prix affichent une progression moyenne de près de 1 % sur un an, une hausse certes modérée, mais qui masque des réalités très contrastées selon les territoires.

Après l’emballement spectaculaire et la flambée généralisée des prix observés à la sortie de la crise sanitaire, portés notamment par le télétravail, la quête d'espace et un regain d'intérêt pour le bord de mer, les marchés du littoral évoluent désormais à plusieurs vitesses.

Corse et Côte d'Azur : des territoires au sommet, mais toujours sous tension

Sur certaines façades maritimes, la demande ne montre toujours aucun signe d'essoufflement. Bien au contraire. C’est le cas en Corse, qui enregistre cette année la plus forte progression des prix en France (+8,5 %). Un élan haussier qui traduit l'attractivité croissante de l'île de Beauté, dont la nature préservée, les criques sauvages, les villages perchés et les ports de plaisance continuent de séduire pour leur authenticité.

De son côté, la Côte d'Azur confirme son statut de destination incontournable avec des prix qui n'ont jamais vraiment décroché, une offre structurellement limitée et une demande toujours soutenue. Face à une moyenne régionale de 6 145 €/m², en progression de 1,6 % sur un an (et de 23,7 % en cumulé depuis 2019), la French Riviera concentre les adresses de bord de mer les plus exclusives, avec notamment Saint-Jean-Cap-Ferrat, qui bat tous les records avec un ticket moyen de plus de 18 000 €/m², devant Ramatuelle et Saint-Tropez.

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Stations les plus chères

Porté par une clientèle internationale fortunée, le marché du luxe azuréen évolue selon ses propres règles, avec des prix pouvant même dépasser les 20 000 à 30 000 €/m² pour les biens les plus prestigieux, dotés d'un emplacement unique.

Bretagne et façade Atlantique, l’accalmie après l’euphorie

À l'opposé de ces marchés sous tension, d'autres franges du littoral français semblent entrer, elles, dans une phase de maturité et d’accalmie nouvelle, sans pour autant perdre de leur attractivité.

La Bretagne en est probablement le meilleur exemple. Longtemps discrète, elle s'est imposée en quelques années comme l'une des destinations les plus recherchées pour acquérir une résidence secondaire au bord de l'eau, avec des prix en hausse de 39 % depuis 2019. Malgré un léger ralentissement observé ces douze derniers mois, le marché des résidences secondaires du littoral breton conserve l'attrait durable d'un territoire où patrimoine remarquable, paysages sauvages, littoral encore relativement accessible et qualité de vie continuent d'attirer aussi bien les retraités que les actifs en quête d'un meilleur équilibre. Une dynamique qui profite autant aux stations emblématiques qu'à des communes plus confidentielles tournées vers la mer.

Quant au littoral Atlantique et à ses principales zones d’attractivité, le temps est venu de marquer une pause après les années d’euphorie post-Covid, où les prix ont bondi de plus de 30 % dans certaines localités entre 2019 et 2022. Avec un prix moyen de 5 249 €/m² et l’amorce d’une décrue de quelque -5,6 % depuis un peu plus de trois ans, l’heure est désormais à la stabilisation avec +0,2 % sur un an.

Une correction qui ne remet toutefois pas en cause l'attractivité de certaines stations les plus prisées comme le Cap Ferret, qui conserve son statut d'adresse la plus convoitée (et la plus chère) de la façade atlantique, devant Soorts-Hossegor ou Les Portes-en-Ré.

Plus accessibles et agréables à vivre, des villes comme Royan (3 961 €/m²) ou Saint-Gilles-Croix-de-Vie (4 334 €/m²) offrent des points d'entrée bien plus raisonnables, ainsi qu’un cadre de vie de plus en plus recherché.

Manche et Languedoc : où acheter une résidence secondaire à prix abordable

À rebours des marchés les plus exclusifs, certains littoraux continuent de cultiver un précieux équilibre entre attractivité et qualité de vie, offrant encore de belles opportunités aux acquéreurs en quête d'une résidence secondaire au bord de l’eau.

S'il est un littoral qui continue de séduire par son excellent rapport entre budget et qualité de vie, c'est bien celui du Languedoc. Après une montée en flèche des prix entre 2019 et l'été 2023 (de +24,8 %), les prix se sont finalement stabilisés. Avec un prix moyen de 3 828 €/m², la façade méditerranéenne d'Occitanie demeure aujourd'hui l'une des plus abordables de France pour l'achat d'une résidence secondaire en bord de mer. Si les stations les plus cotées comme La Grande-Motte, Le Grau-du-Roi, Palavas-les-Flots ou Collioure gardent intact leur pouvoir d'attraction, de nombreuses communes offrent aussi un accès privilégié au littoral à des tarifs plus raisonnables.

À l'autre extrémité du littoral français, la Manche est la seule façade maritime à afficher une baisse des prix cette année (-1,4 %). Une sorte de retour à la raison après une progression continue entre 2019 et 2025 (+32 %), la correction du marché touchant de plein fouet les maisons, premières concernées par ce mouvement de rééquilibrage. S’affichant à un prix moyen de 3 982 €/m², le littoral manchois garde pour autant plusieurs as dans sa manche, à commencer par Le Touquet-Paris-Plage ou Deauville, qui continuent d'attirer une clientèle fidèle, tandis que plusieurs communes de la côte picarde figurent parmi les plus accessibles de France.

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Stations les plus accessibles

Résidence secondaire : quelle surface acheter avec 250 000 € en bord de mer ?

On le voit bien, le pouvoir d'achat immobilier résume parfaitement les écarts qui se creusent entre les différents marchés du littoral français. Avec une enveloppe de 250 000 €, frais d'agence et de notaire inclus, les possibilités varient aujourd'hui dans des proportions spectaculaires selon la destination choisie.

Sans surprise, c'est sur la Côte d'Azur que le budget fond le plus rapidement. À Saint-Jean-Cap-Ferrat, la station balnéaire la plus chère de France, cette enveloppe permet d'acquérir à peine 12 m², tandis qu’à l’autre extrémité du classement, à Woignarue sur la côte picarde, ce même budget ouvre les portes d’un bien de près de 124 m², soit dix fois plus d’espace que sur la presqu’île des milliardaires !

Plus qu'un simple écart de prix, ces différences illustrent la mutation du marché des résidences secondaires sur le littoral. Hier encore relativement uniforme, ce marché se décline désormais en une mosaïque de territoires, chacun porté par ses propres dynamiques.

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