Vide, volets clos, dormante... Et si vous partagiez votre résidence secondaire ?

Laetitia Lapiana
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Maison de famille à la campagne, appartement face à la mer, chalet à la montagne… La résidence secondaire reste un rêve bien ancré. Mais derrière la promesse d’évasion, une réalité s’impose : ces biens, souvent inoccupés, coûtent cher et aggravent le manque de logements dans certains territoires. Face à ce paradoxe, une idée séduit de plus en plus de propriétaires : partager l’usage de sa maison de vacances pour lui redonner vie et sens. Éclairages.

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volets clos
De nouvelles initiatives voient le jour en France pour partager et faire vivre autrement sa résidence secondaire. @ Getty Images
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Résidence secondaire, le paradoxe de la maison vide

Volets clos, chauffage coupé, boîtes aux lettres qui débordent, rues désertées hors saison. Dans de nombreuses communes littorales, de montagne ou rurales, le décor est désormais (tristement) familier. Des millions de résidences secondaires restent inoccupées une grande partie de l’année, alors même que se loger devient un parcours du combattant pour les actifs et les familles.

Un phénomène que le raz-de-marée de la location de courte durée type Airbnb n’a fait qu’amplifier. Car si elles ont dopé l’attractivité touristique de certaines communes, ces locations saisonnières ont aussi contribué à raréfier les logements disponibles à l’année et à vider progressivement certains territoires de leur population locale.

Conséquence : commerces et services publics fragilisés, vie locale en apnée et maisons parfaitement habitables, mais inhabitées, sur fond de crise du logement.

La France compte 3,7 millions de résidences secondaires, soit près de 10 % du parc de logements, selon l’Insee.

Un logement peu occupé, mais toujours coûteux

Contrairement à une idée reçue, même vide et en mode « veille », une résidence secondaire coûte cher. Taxes, assurances, charges, entretien courant… Sans parler des dégradations liées à une inoccupation prolongée, comme l'humidité qui s’installe ou les équipements qui vieillissent plus vite.

À cela s’ajoute un cadre réglementaire de plus en plus contraint, avec une majoration de la fiscalité dans les zones tendues, des restrictions sur la location touristique type Airbnb, sur fond de pression politique et sociale autour des logements « dormants ».

D’emblée, ça fait moins rêver... Sans surprise, de plus en plus de propriétaires s’interrogent : pourquoi conserver un logement vide dix mois par an ? Comment réduire les coûts sans vendre ni renoncer à ses périodes de vacances ?

Vers une résidence secondaire plus vivante, utile et... collective

Le partage de résidence secondaire n’est pas nouveau. Certains modèles du genre ont déjà fait leurs preuves, comme l’échanges de maisons, les locations saisonnières classiques ou, plus engageant, l’achat à plusieurs via une SCI.

Mais depuis quelques années, de nouveaux modèles voient le jour. L'idée ? Favoriser la mise en location de ces logements quand les propriétaires n’y séjournent pas. Longtemps perçue comme un luxe strictement individuel, la résidence devient partagée et se transforme alors en lieu de vie à usages multiples, capable de concilier attachement personnel et utilité collective.

Porté par plusieurs initiatives françaises plus vertueuses et ancrées dans les réalités locales que la location saisonnière classique –, ces approches ne courent pas après le rendement. L’objectif n’est plus d’occuper la maison trois semaines par an, mais de la faire vivre et respirer dans la durée, grâce à des formules encadrées et sécurisées.

C’est là que le partage entre en jeu et dans l’air du temps.

Partager une résidence secondaire permet d’augmenter son taux d’occupation, de réduire les coûts fixes et de limiter l’impact environnemental d’un logement sous-utilisé.

Trois initiatives qui redonnent vie aux résidences secondaires

Les Volets ouverts : le partage solidaire

Dans le golfe du Morbihan, où plus de 70 % des biens sont des résidences secondaires, l’association Les Volets Ouverts joue les intermédiaires de confiance entre propriétaires et familles en quête d’un logement à l’année.

Concrètement, le logement est loué 10 ou 11 mois par an par une famille, puis restitué au propriétaire pendant ses périodes de vacances. Chacun y trouve son compte. Le propriétaire bénéficie d’un bien habité et entretenu, en échange d’un loyer modéré. La famille, elle, accède à un logement stable dans un secteur où l’offre est rare.

Soutenu localement par certaines collectivités, ce modèle pragmatique et solidaire apporte une réponse concrète à la crise du logement dans les zones sous tension.

Webarak : partager l’usage sans renoncer à son bien

Idéale pour les propriétaires de résidences secondaires qui ne souhaitent ni vendre ni louer de manière classique, la plateforme Barak leur propose une alternative en phase avec les nouvelles aspirations de partage et de sobriété : partager l’usage de sa résidence secondaire avec plusieurs familles, selon un calendrier défini à l’avance.

Plusieurs foyers se succèdent ainsi dans un même lieu, chacun disposant de ses périodes réservées. Les charges et l’entretien sont mutualisés et l’occupation, optimisée. On y vit comme chez soi, avec la possibilité de laisser des affaires dans la maison.

Pour le propriétaire, c’est une façon d’amortir les coûts tout en conservant son bien. Pour les familles, c’est l’accès à une résidence secondaire « fixe », sans les contraintes de l’achat et à tarif compétitif, via un système d’abonnement à prix dégressifs.

Travailleurs saisonniers, répondre à l’urgence locale

Dans de nombreuses stations touristiques, la pénurie de logements pour les travailleurs saisonniers est devenue critique. Dans le Massif du Vercors, une initiative au nom évocateur a vu le jour : « Saisonnier cherche maison aux volets fermés ».

Concrètement, cette opération met en relation travailleurs saisonniers et propriétaires de résidences secondaires inoccupées pendant la saison touristique. Une solution efficace pour loger ceux qui font vivre le territoire, tout en redonnant une utilité immédiate aux logements dormants la plupart du temps.

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