Marché de l’immobilier neuf : un secteur en tension en 2026

Vincent Cuzon
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En 2026, le marché de l’immobilier neuf tourne au ralenti. Les réservations baissent, la production de logements chute et les prix, longtemps orientés à la hausse, reculent. Le groupe SeLoger-Meilleurs Agents fait le point à l’occasion de sa conférence de rentrée. 

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Le marché de l’immobilier neuf peine à redémarrer en France. © Sebastien ARCHIMBAUD - Getty Images
Le marché de l’immobilier neuf peine à redémarrer en France. © Sebastien ARCHIMBAUD - Getty Images
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Marché de l’immobilier neuf : une reprise qui tarde

Les réservations de logements neufs collectifs restent au plus bas, avec une baisse d’environ 50 % par rapport à 2021, selon les chiffres du Groupe SeLoger-Meilleurs Agents. Les données trimestrielles montrent un marché qui ne parvient pas à redémarrer malgré l’élargissement du PTZ ou les mesures de soutien annoncées par l’État (Plan Relance Logement). La première remontée des taux par la BCE, en 2022, a marqué un tournant : le pouvoir d’achat immobilier des ménages s’est contracté, entraînant une chute rapide des ventes, relativement stables au cours des années précédentes. Les dispositifs fiscaux mis en place pour « booster » la construction de logements neufs, comme le Pinel, ont disparu ou perdu en efficacité, laissant les promoteurs face à une demande affaiblie. Cette dynamique se retrouve dans toutes les régions, où les réservations reculent fortement, parfois de plus de 60 %. Même en Île-de-France, région la moins impactée, le recul des réservations atteint -26 %. Le marché du neuf, historiquement dépendant des investisseurs et des primoaccédants, souffre d’un double choc : une solvabilité réduite et une confiance affaiblie. En septembre 2026, la demande ne montre aucun signe de rebond durable.

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Graphique des ventes de logements neufs en septembre 2026.

Une production de logements neuf en berne

La crise ne touche pas seulement les ventes : elle affecte aussi la capacité du marché à produire de nouveaux logements. Les permis de construire pour les logements collectifs ont chuté depuis 2020, sous l’effet des élections municipales, de la loi Climat et Résilience (ZAN) et d’un contexte politique local souvent défavorable à la densification. De plus, les coûts de construction poursuivent leur envolée, avec une hausse marquée depuis 2020. Le plan de Relance Logement, lancé en 2025, fixe un objectif ambitieux de production : 2 millions de logements neufs sortis de terre d’ici 2030. Pour cela, il combine des mesures fiscales, comme le dispositif Jeanbrun instaurant le statut de bailleur privé, et une accélération des procédures. Toutefois, après un rebond du nombre de logements neufs autorisés au cours du premier trimestre 2026, leur niveau est désormais inférieur aux objectifs fixés. Or, une contraction de l’offre future est préoccupante. Elle annonce un déficit structurel de logements dans les années à venir, alors même que les besoins restent élevés dans les zones tendues. Les promoteurs peinent à lancer de nouveaux programmes, faute de visibilité, de foncier disponible ou de conditions économiques favorables. 

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Offre logements neufs septembre 2026.

Prix de vente : des trajectoires régionales contrastées

Après plusieurs années de hausse, les prix du neuf se stabilisent. L’indice national des prix montre une légère baisse depuis 2023 (-1,3 %) et une évolution quasi nulle sur un an (-0,5 %) alors qu’une légère hausse annuelle de +0,8 % était constatée en septembre 2025. Sur sept ans, les prix annoncés des logements neufs restent toutefois en hausse de +7,3 %. Ces variations constatées au niveau national cachent cependant de fortes disparités régionales. Certaines régions enregistrent une baisse marquée des prix, comme la Nouvelle-Aquitaine (-7,8 %) ou le Centre-Val de Loire (-3,7 %), tandis que d’autres résistent, voire progressent légèrement, comme la Corse (+1,5 %), la région PACA (+1,4 %) ou l’Auvergne-Rhône-Alpes (+2,8 %). Partout, en revanche, les volumes de réservations s’effondrent, signe d’un marché en contraction généralisée. En septembre 2026, le marché français du neuf se caractérise par une stabilité apparente des prix, mais une fragilité profonde de ses fondamentaux.

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Évolution des prix des logements neufs en septembre 2026.

Comment relancer durablement le marché du neuf ?

En 2026, le marché immobilier Français, neuf et ancien, évolue désormais dans un macroéconomique contraint, où plusieurs facteurs convergent pour freiner toute reprise tant qu’aucune mesure forte ne sera mise en place. Par ailleurs, les tensions géopolitiques et budgétaires actuelles pourraient pousser les taux immobiliers autour de 4% en 2026, selon les scénarios les plus défavorables. À l’approche de 2027, le marché immobilier français se trouve à un moment charnière. Les choix politiques à venir pourraient déterminer la trajectoire des prochaines années. Les leviers identifiés pour une reprise durable du marché immobilier neuf sont clairs: solvabiliser la demande (PTZ, aides à l’accession, fiscalité des transactions…), relancer la production de logements dans les zones tendues (normes, densification, etc.), redonner envie aux investisseurs privés de revenir sur le marché (dispositifs fiscaux…), et offrir enfin une visibilité réglementaire et fiscale stable pour permettre aux Français de se projeter à long terme. 

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Carte de France de l'immobilier neuf en septembre 2026.
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