Quand fermer ses volets pour garder la chaleur et faire baisser la facture d’énergie ?

Blandine Rochelle
Partager sur
FacebookTwitterLinkedin

Fermer ses volets est un geste simple, presque automatique pour beaucoup de foyers. Pourtant, le moment précis où on les ferme peut avoir un impact réel sur le confort thermique du logement et sur la facture d’énergie. Dans un contexte de hausse durable des prix du chauffage, ce réflexe peut devenir un véritable allié. Mais faut-il fermer les volets dès la fin d’après-midi, attendre la nuit ou s’adapter selon la saison et l’orientation du logement ?

Image
Il est important d'adapter l'heure de fermeture des volets à la saison, mais aussi à l'orientation des fenêtres. © ViktorCap - Getty images
Il est important d'adapter l'heure de fermeture des volets à la saison, mais aussi à l'orientation des fenêtres. © ViktorCap - Getty Images
Sommaire

Pourquoi les volets sont-ils essentiels pour limiter les déperditions de chaleur ?

On pense souvent que l’essentiel de l’isolation d’un logement se joue dans les murs, la toiture ou les fenêtres. C’est vrai, mais les volets ont, eux aussi, un rôle non négligeable. Une fenêtre, même récente et en double ou triple vitrage, reste l’un des points faibles thermiques d’un logement. Le verre isole toujours moins bien qu’un mur.

Lorsque la nuit tombe et que la température extérieure baisse, les vitres deviennent des surfaces froides par lesquelles la chaleur intérieure s’échappe plus facilement. En fermant les volets, on crée une couche d’air supplémentaire entre la fenêtre et l’extérieur. Cette « poche d’air » agit comme un isolant complémentaire et limite les échanges thermiques.

Selon le type de volets (bois, PVC, aluminium, pleins ou persiennes), le gain peut être plus ou moins important, mais le principe reste le même : un volet fermé, c’est une barrière de plus contre le froid… et contre la chaleur en été.

L’heure idéale pour fermer ses volets en hiver

En hiver, la règle d’or est simple : il faut profiter au maximum des apports gratuits du soleil en journée, puis conserver cette chaleur le plus longtemps possible le soir venu.

Concrètement, cela signifie qu’il vaut mieux attendre que le soleil soit couché ou que la luminosité baisse franchement avant de fermer les volets. Tant que le soleil éclaire les fenêtres, en particulier celles orientées au sud et à l’ouest, il apporte des calories naturelles qui réchauffent l’intérieur sans consommer le moindre kilowattheure.

En revanche, dès que le soleil disparaît et que la température extérieure commence à chuter, garder les volets ouverts devient contre-productif. À ce moment-là, les vitres se refroidissent vite et la chaleur accumulée dans la journée commence à s’échapper.

Dans la pratique, cela correspond souvent à une fermeture des volets entre 17h et 19h en plein hiver, selon la région, la météo et la période de l’année. L’important n’est pas l’heure exacte, mais le moment : celui où la lumière naturelle ne contribue plus vraiment à chauffer le logement.

Adapter l’horaire selon l’orientation des fenêtres

Toutes les fenêtres d’un logement ne reçoivent pas la même quantité de soleil. C’est pourquoi il peut être pertinent d’adapter l’heure de fermeture des volets en fonction de leur orientation.

Les fenêtres exposées au sud bénéficient généralement du plus fort ensoleillement en hiver. Ce sont celles qu’il faut laisser ouvertes le plus longtemps possible en fin d’après-midi pour capter les derniers rayons de soleil. À l’inverse, les fenêtres orientées au nord ne reçoivent quasiment jamais de soleil direct : on peut donc fermer leurs volets plus tôt, parfois dès la fin de l’après-midi, sans perdre d’apport thermique gratuit.

Les façades est et ouest ont un comportement intermédiaire. À l’est, l’intérêt principal se situe le matin, tandis qu’à l’ouest, la fin de journée peut encore apporter un peu de chaleur. Adapter ses habitudes pièce par pièce permet d’optimiser encore un peu plus les gains.

Selon l’Ademe, le chauffage représente plus de 60 % des dépenses énergétiques d’un ménage.

Et en été, faut-il aussi faire attention à l’heure de fermeture ?

La logique est presque inversée en été. L’objectif n’est plus de conserver la chaleur, mais au contraire d’empêcher le logement de surchauffer.

Lors des journées très chaudes, fermer les volets en pleine journée, surtout sur les façades exposées au soleil, permet de bloquer le rayonnement solaire avant qu’il ne pénètre à l’intérieur. Dans ce cas, on n’attend pas le soir : on ferme parfois dès le matin ou en début d’après-midi sur les façades les plus exposées.

En revanche, le soir et la nuit, lorsque la température extérieure devient plus fraîche que celle de l’intérieur, il est judicieux d’ouvrir les volets (et les fenêtres) pour favoriser le rafraîchissement naturel du logement. Là encore, tout est une question de bon timing et d’adaptation aux conditions extérieures.

Tous les types de volets n’offrent pas la même performance thermique

L’efficacité du geste dépend aussi beaucoup du type de volets installés. Des volets battants en bois épais ou des volets roulants bien ajustés offrent généralement une meilleure protection thermique que des persiennes ajourées, qui laissent circuler l’air et le froid.

Les volets roulants modernes, surtout lorsqu’ils sont équipés de lames isolantes, peuvent apporter un gain sensible en hiver. Certains modèles permettent même de réduire significativement la sensation de paroi froide près des fenêtres.

Cela ne remplace évidemment pas une bonne isolation des vitrages ou des murs, mais c’est un complément simple, déjà présent dans de nombreux logements et souvent sous-exploité.

Un geste simple qui complète les autres bonnes pratiques

Fermer ses volets au bon moment ne suffit pas, à lui seul, à transformer un logement mal isolé en maison basse consommation. En revanche, c’est un geste de bon sens qui s’intègre parfaitement dans une stratégie globale d’économies d’énergie.

Associé à une bonne gestion du chauffage, à l’utilisation de rideaux épais, à une aération maîtrisée et à une isolation correcte, ce réflexe peut contribuer à améliorer le confort thermique et à limiter les dépenses. C’est aussi un geste facile à mettre en place, sans travaux et sans investissement, simplement en ajustant ses habitudes quotidiennes.

Dans un contexte où chaque kilowattheure compte, apprendre à tirer parti du soleil le jour et de la fraîcheur la nuit, mais aussi apprendre à s’en protéger au bon moment devient une forme de bon sens énergétique accessible à tous.

L’Ademe indique que 15 à 25 % de la chaleur s’échappe par les ouvertures, d’où la nécessité de se servir des volets pour limiter les déperditions de chaleur en hiver.

Vous souhaitez améliorer le DPE de votre logement ?
Cet article vous a été utile ?
0
0

Pouvez-vous nous préciser pourquoi ? (facultatif)

Partager sur
FacebookTwitterLinkedin
Plus de conseils
Télécharger l'app SeLoger
Ces articles peuvent vous intéresser
A la une !