Composter en appartement n’est plus réservé à ceux qui ont un balcon. Lombricomposteur, compost d’intérieur ou compost partagé en pied d’immeuble rendent le recyclage des déchets organiques accessible à tous. Beaucoup abandonnent pourtant à cause d’odeurs, de moucherons ou d’un compost raté. Dans la majorité des cas, le problème vient de petites erreurs faciles à éviter. On vous guide.
Erreur n°1 : choisir un composteur inadapté à son logement
Tous les composteurs ne conviennent pas à la vie en appartement. Installer un composteur classique sans aération suffisante ou sans récupération du jus peut rapidement poser problème dans un espace clos.
Le lombricomposteur, le bokashi ou les composteurs d’intérieur ventilés sont mieux adaptés aux petites surfaces. Avant de se lancer, il est essentiel d’évaluer la place disponible, la facilité d’entretien et la fréquence d’utilisation. Un modèle mal choisi peut transformer une bonne intention en contrainte quotidienne.
Erreur n°2 : jeter tous ses déchets organiques sans distinction
Contrairement aux idées reçues, tout ne va pas dans un compost, surtout en appartement. Les restes de viande, de poisson, les produits laitiers ou les plats très gras peuvent provoquer de fortes odeurs et attirer des nuisibles.
En intérieur, il est préférable de se limiter aux épluchures de fruits et légumes, au marc de café, aux sachets de thé (sans agrafe), aux coquilles d’œufs broyées et aux petits déchets végétaux. Le tri des biodéchets est la base d’un compost sain.
Erreur n°3 : oublier l’équilibre entre déchets humides et déchets secs
Un compost trop humide est l’une des principales causes de mauvaises odeurs en appartement. Beaucoup ajoutent leurs déchets alimentaires sans penser à équilibrer avec des matières sèches.
Papier kraft, carton brun non imprimé, rouleau d’essuie-tout, boîtes d’œufs ou feuilles mortes permettent d’absorber l’excès d’humidité et de favoriser la décomposition. Sans cet équilibre, le compost fermente au lieu de se transformer correctement.
Erreur n°4 : négliger l’aération du compost
En appartement, on a tendance à vouloir tout fermer hermétiquement pour éviter les odeurs. C’est pourtant l’inverse qu’il faut faire. Le compost a besoin d’oxygène pour fonctionner. Un manque d’aération entraîne une décomposition anaérobie, responsable des mauvaises odeurs.
Remuer régulièrement le compost ou vérifier le bon fonctionnement des aérations du bac est indispensable pour maintenir un processus naturel et sans nuisance.
S’il ne doit pas présenter un excès d’eau, un compost trop sec ralentit la décomposition. Il faut donc surveiller régulièrement l’aspect du compost : il doit être légèrement humide, comme une éponge essorée.
Erreur n°5 : trop remplir le composteur trop vite
Un composteur n’est pas une poubelle. Ajouter une grande quantité de déchets d’un coup, notamment après les courses ou la préparation d’un repas, peut déséquilibrer l’écosystème du bac.
En appartement, il vaut mieux introduire les déchets progressivement, en petites quantités, et bien les répartir. Cela permet aux micro-organismes ou aux vers de traiter la matière plus efficacement.
Erreur n°6 : paniquer à la moindre odeur
Un compost bien géré ne sent pas mauvais, mais il peut dégager une légère odeur de terre humide. Beaucoup abandonnent au premier désagrément, alors qu’il suffit souvent d’un ajustement.
Ajouter du carton, aérer ou retirer un déchet inadapté règle la plupart des problèmes. Comprendre le fonctionnement du compost permet de réagir rapidement sans renoncer.
Erreur n°7 : placer le composteur au mauvais endroit
Le choix de l’emplacement est crucial en appartement. Un composteur placé près d’une source de chaleur ou exposé en plein soleil peut se dessécher ou fermenter trop vite. À l’inverse, un endroit trop froid ralentit la décomposition.
L’idéal est un espace tempéré, à l’abri des variations extrêmes, comme une cuisine, une buanderie ou un placard ventilé.
Erreur n°8 : ne pas entretenir son compost régulièrement
Même en appartement, le compost demande un minimum d’attention. L’oublier pendant plusieurs semaines peut entraîner des déséquilibres difficiles à rattraper. Un rapide contrôle une à deux fois par semaine suffit : vérifier l’humidité, brasser légèrement et ajuster les apports.
Cet entretien léger garantit un compost stable et sans mauvaises surprises.
Erreur n°9 : attendre un résultat immédiat
Le compostage est un processus naturel qui prend du temps. Beaucoup s’attendent à obtenir du compost mûr en quelques semaines, ce qui est rarement le cas, surtout en intérieur. La patience est essentielle.
Observer l’évolution, comprendre les différentes étapes de décomposition et accepter que le compost mûr prenne plusieurs mois permet de rester motivé et d’inscrire cette pratique dans la durée.
Placez toujours un peau de terre ou de terreau dans le fond du composteur avant de commencer à y déposer les déchets.
Pouvez-vous nous préciser pourquoi ? (facultatif)