Passoires thermiques, dispositif Jeanbrun, rénovation… ce que la future loi Logement va changer

Blandine Rochelle
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Alors que la crise du logement continue de peser sur de nombreux ménages, le gouvernement prépare un nouveau projet de loi, qui pourrait rebattre les cartes. Entre assouplissements sur la location des passoires thermiques, nouvelles mesures fiscales et relance du renouvellement urbain, ce texte suscite déjà de nombreux débats. Si vous êtes propriétaire, bailleur ou locataire, ces évolutions pourraient avoir un impact direct sur votre situation. Voici les principaux points à retenir pour mieux comprendre ce qui vous attend.

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La nouvelle loi Logement prévoit de remettre les passoires thermiques sur le marché, sous conditions. © Sergi Formoso - Getty images
La nouvelle loi Logement prévoit de remettre les passoires thermiques sur le marché, sous conditions. © Sergi Formoso – Getty images
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Location des passoires thermiques : vers un assouplissement encadré

Jusqu’à présent, la réglementation issue de la loi Climat et Résilience a progressivement interdit la mise en location des logements les plus énergivores, classés G, puis F au diagnostic de performance énergétique (DPE). L’objectif : accélérer la rénovation du parc immobilier et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Cependant, face aux difficultés rencontrées par de nombreux propriétaires et à la tension sur le marché locatif, le gouvernement envisage un ajustement. Le projet de loi prévoit de permettre – sous certaines conditions – la relocation de ces logements énergivores.

Concrètement, un propriétaire peut continuer à louer une passoire thermique, s’il s’est engagé dans un parcours de rénovation. Il doit avoir signé un contrat avec une entreprise, impliquant des travaux dans un délai de 3 ans pour les maisons et 5 ans pour les appartements en copropriété.

Cette évolution pourrait offrir un peu de souplesse aux bailleurs, tout en maintenant une pression pour améliorer la performance énergétique des logements.

Un élargissement du dispositif Jeanbrun

Le futur texte met aussi en avant le dispositif Jeanbrun, également appelé « statut du bailleur privé », qui devrait être renforcé et ajusté pour encourager l’investissement locatif dans l’ancien.

Concrètement, ce mécanisme fiscal serait étendu aux maisons individuelles anciennes, un point important pour les propriétaires souhaitant investir en dehors des zones urbaines denses. En revanche, les maisons neuves resteraient exclues du dispositif, malgré les demandes de certains acteurs du secteur du bâtiment.

Autre évolution notable : les conditions liées aux travaux seraient assouplies. Jusqu’ici, un montant de travaux représentant 30 % du prix d’acquisition était exigé. Ce seuil serait abaissé à 20 %, ce qui pourrait rendre les projets plus accessibles financièrement. En parallèle, une exigence de performance énergétique serait maintenue, avec un objectif minimum de classe D après travaux.

En parallèle, ce dispositif s’accompagne d’une volonté d’accélérer les projets immobiliers. Inspirées des procédures mises en place pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, de nouvelles « opérations d’intérêt local » pourraient voir le jour, avec des démarches administratives simplifiées et des règles d’urbanisme allégées.

La mesure de remise sur le marché des passoires thermiques devrait permettre de maintenir ou remettre sur le marché locatif « 650 000 à 700 000 logements » d’ici 2028, selon Vincent Jeanbrun, ministre du Logement.

Plus de pouvoir aux collectivités locales

Le projet de loi entend aussi renforcer le rôle des collectivités territoriales. L’idée est de rapprocher les décisions du terrain, en confiant davantage de responsabilités aux acteurs locaux.

Les intercommunalités pourraient ainsi piloter directement certaines aides, notamment celles liées à la production de logements sociaux ou à la rénovation énergétique, comme MaPrimeRénov’. Cela permettrait un accompagnement plus adapté aux réalités locales.

Dans le même temps, les maires pourraient bénéficier de pouvoirs élargis dans l’attribution des logements sociaux, avec notamment un droit de veto. Une mesure qui vise à mieux répondre aux enjeux locaux, même si elle pourrait faire débat.

Un nouveau programme de renouvellement urbain

Le projet de loi marque également une nouvelle étape dans la politique de transformation des territoires. Son premier article prévoit le lancement d’une « troisième génération » de renouvellement urbain pour la période 2030-2040.

Ce programme se veut plus large et plus ambitieux. Il ne se limitera pas à la rénovation des bâtiments, mais s’attaquera à l’ensemble des problématiques urbaines et sociales. Sont concernés les quartiers prioritaires de la politique de la ville, les grands ensembles, mais aussi les villes moyennes et les territoires d’outre-mer.

Ces projets pourraient aller bien au-delà de simples travaux : amélioration des équipements, transformation des espaces publics, développement de services, ou encore renforcement de la mixité sociale.

Ce projet de loi illustre une volonté de trouver un compromis entre les impératifs écologiques et les contraintes du marché immobilier. D’un côté, la nécessité de réduire l’empreinte carbone des logements reste une priorité. De l’autre, la pénurie de biens disponibles impose d’éviter des mesures trop strictes.

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