C’est le constat alarmant que dresse une étude, réalisée à partir des données de l'Ademe : seuls 10 % des logements disposent aujourd'hui des équipements nécessaires pour assurer un bon confort en été. Les professionnels du secteur tirent la sonnette d’alarme pour inciter le gouvernement à prendre des mesures.
1 logement français sur 2 est une bouilloire thermique, en été
Le cabinet de conseil Pouget Consultants et l’Ignes se sont basés sur 9 millions de diagnostics de performance énergétique pour analyser le confort thermique des logements en été.
La conclusion est sans appel : 90 % des logements ne comportent pas les équipements permettant de lutter contre la chaleur (protections solaires, isolation performante ou encore brasseurs d’air).
Plus inquiétant encore, un logement sur deux est considéré comme une bouilloire thermique. Les auteurs de l’étude soulignent d'ailleurs un paradoxe : même parmi les biens classés A ou B au DPE, un tiers d'entre eux reste exposé à la surchauffe.
Pourquoi les logements chauffent-ils autant en été ?
« L’insuffisance de protections solaires extérieures est le principal facteur de surchauffe dans les logements », souligne l’étude. Cependant, la situation s’explique aussi par une orientation politique historique.
« Pendant très longtemps, on s’est tellement focalisés sur le chauffage et la rénovation énergétique qu’on n’a pas du tout pensé la question du confort d’été », indique Emmanuelle Cosse, ancienne ministre du Logement.
Résultat : 58 % des audits énergétiques ne recommandent même pas l'installation de volets ou de stores extérieurs.
Des disparités sur le territoire national
Tous les logements en France sont concernés, mais l’étude pointe des disparités sur le territoire. Les logements les plus vulnérables à la surchauffe se concentrent à Paris, dans les Côtes d’Armor et dans le Nord.
L’explication ? Des traditions architecturales qui n’intègrent pas systématiquement les protections solaires.
À l’inverse, des villes comme Saint-Etienne, Villeurbanne, Tours ou encore Annecy tirent mieux leur épingle du jeu. Les logements y sont plus adaptés aux fortes chaleurs.
Le gouvernement veut accélérer l'adaptation des logements
Face à l'urgence, le gouvernement – qui estime plutôt le nombre de bouilloires thermiques à un tiers du parc – a dévoilé une série de mesures. Parmi ses annonces, on relève :
- le vote à la majorité simple des travaux de rénovation globale en copropriété,
- l’intégration des volets et brasseurs d'air dans les prêts collectifs,
- la baisse de la TVA sur les pompes à chaleur air-air.
Problème : l’exécutif n’entend pas débloquer de fonds spécifiques, dette budgétaire oblige.
Les professionnels demandent des mesures plus ambitieuses
Les réactions du secteur ne se sont pas fait attendre… L'Ignes a qualifié ces annonces de « décevantes et pas à la hauteur de l’enjeu ». De son côté, le groupement Actibaie (syndicat des professionnels des stores et volets) regrette que « malgré des avancées, l’inconfort d’été reste le parent pauvre des politiques de rénovation ».
Des critiques balayées par le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, qui qualifie ces reproches d'« injustes ». Selon lui, l'arsenal d'aides actuel est suffisant. Il affirme par ailleurs que la France figure « parmi les meilleurs élèves d’Europe ».
Début juillet, le gouvernement devrait publier de nouvelles orientations pour « concilier plus efficacement les enjeux de préservation de la qualité architecturale avec ceux de la rénovation du parc bâti ».
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