Zoom sur les bouilloires énergétiques

10 aoû 2023
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L'été est de retour, et avec lui, les vagues de canicule. Pour de nombreux Français, le quotidien peut vite devenir étouffant. En cause, des logements mal isolés où il est bien difficile de maintenir une température confortable. Cette problématique concerne plus de 5 millions d’appartements et de maisons en France, et engendre un véritable problème de santé publique. Zoom sur les bouilloires énergétiques, leurs conséquences et les solutions envisagées.

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Zoom sur les bouilloires énergétiques - SeLoger
Zoom sur les bouilloires énergétiques. ©Getty

Sommaire

La précarité énergétique même en été

Souvent associée au froid et à l’impossibilité de se chauffer suffisamment en hiver, la précarité énergétique sévit aussi en été. De nombreux Français éprouvent les plus grandes difficultés à rafraîchir leur logement durant la saison estivale. Ils seraient plus de 60 % à souffrir de la chaleur. 

Les personnes fragiles sont les plus touchées par ce phénomène. Les personnes âgées, les enfants en bas âge ou encore les habitants des quartiers populaires subissent les vagues de chaleur de façon plus intense. Ces secteurs urbains, peu végétalisés, connaissent davantage d’îlots de chaleur. Les logements y sont bien souvent surpeuplés, mal isolés et difficiles à ventiler. Les passoires énergétiques, avec un DPE allant de F à D, sont nombreuses dans ce secteur.  

Bouilloires énergétiques, quels sont les risques pour la santé ?

Les bouilloires énergétiques engendrent des risques majeurs pour la santé. Parmi eux, on retrouve notamment des problèmes de circulation sanguine, une aggravation de pathologies chroniques, des risques élevés de déshydratation, une augmentation du stress et une dégradation du sommeil.

La lutte contre les logements énergivores

Depuis le 1er janvier 2023, les logements mal isolés, dont la consommation énergétique dépasse 450 kWh/m2, ne sont plus considérés comme décents. Ils ne peuvent donc plus être proposés à la location. Cette interdiction sera élargie : 

  • Aux logements avec un DPE G à compter du 1er janvier 2025 
  • Aux logements classés F dès 2028 
  • Aux logements avec un DPE classe E dès 2034

En attendant, aucune hausse de loyers n’est possible pour les biens loués disposant d’un DPE F ou G. 

Des aides financières, comme ma PrimeRenov’, sont disponibles pour soutenir les ménages souhaitant installer la climatisation et améliorer la ventilation de leur logement. Toutefois, dans la lutte contre les bouilloires énergétiques, il reste aujourd'hui encore à trouver des solutions pour compléter toutes ces réglementations. De nouvelles recommandations ont donc été formulées par la Fondation Abbé Pierre. 

Les recommandations pour lutter contre les bouilloires énergétiques

Pour un certain nombre d’observateurs, le DPE ne tient pas suffisamment compte du confort d’été. Des efforts sont nécessaires pour assurer une meilleure protection contre la chaleur dans les bâtiments historiques et les copropriétés. Enfin, si la loi impose aux bailleurs une température minimale de 19 degrés, rien n’est prévu concernant la température maximale. Face à ces insuffisances, la Fondation Abbé Pierre propose une série de 19 mesures. 

Le premier objectif de ces propositions vise à donner sa juste place à la protection contre la chaleur dans la politique de rénovation énergétique de l’État. La Fondation insiste tout autant sur la nécessité de modifier les règles en matière de copropriétés pour permettre l’installation de protections solaires.  Enfin, un certain nombre de recommandations ont pour but de lutter contre les îlots de chaleur. Elles évoquent plusieurs pistes : 

  • La végétalisation de l’espace urbain afin de permettre une meilleure absorption de la chaleur lors des épisodes de canicule. La différence de température entre une rue piétonne et un espace vert peut atteindre 5 °C. Comparé à un espace rural, l’écart peut atteindre 10 °C. La végétalisation des villes apparaît donc comme une piste convaincante pour lutter contre les îlots de chaleur. 
  • La réduction des surfaces artificielles et bétonnées. 
  • La diminution de la circulation automobile dans ces zones afin d’améliorer la qualité de l’air. 
  • La lutte contre l’installation des appareils de climatisation dont l’impact sur le réchauffement climatique est démontré.

Les points essentiels à retenir

  • De plus en plus de Français, et notamment les plus précaires, subissent les conséquences des bouilloires énergétiques. 
  • Des mesures sont d'ores et déjà prises pour lutter contre la précarité énergétique. 
  • La Fondation Abbé Pierre a élaboré 19 recommandations visant à mieux prendre en compte la question des bouilloires énergétiques dans les politiques de l’État. 

Avec le changement climatique, la situation devrait encore se dégrader. Les rapports successifs du GIEC sont sans appel. Dans les années à venir, les vagues de chaleur et les phénomènes climatiques extrêmes vont se multiplier. Des actions s’imposent !  

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