Logement : vivre seul revient bien plus cher qu’en couple

Paul Anthonioz
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Près d’un quart de ses revenus : c’est ce qu’une personne seule de moins de 65 ans consacre à son logement, selon une étude de l’Insee publiée fin septembre. Un couple sans enfant n’en dépense que 14,6 %. Petites surfaces rares, concurrence féroce, accès à la propriété plus difficile... Vivre seul se paie au prix fort.

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Combien dépense-t-on quand on vit en célibataire à Paris
Immobilier : le casse-tête du logement quand on vit seul. © Getty Images
Sommaire
En résumé
  • Les personnes seules forment désormais le premier type de ménage en France.
  • Le parc immobilier reste calibré pour les familles : les T1 et T2 ne représentent que 29 % des logements HLM.
  • À Paris, une annonce de location attire en moyenne 41 candidats, trois fois plus que la moyenne nationale, selon Manda.
  • Seule une personne seule de moins de 65 ans sur trois est propriétaire (Insee).
  • Le logement absorbe 24,5 % de ses revenus, contre 14,6 % pour un couple sans enfant.

12 millions de personnes vivent seules

En 2023, 12 millions de personnes vivaient seules dans leur logement, selon l'Insee. Un chiffre qui grimpe depuis plusieurs années, et vite : depuis 2017, le nombre de ménages solos en France a bondi de 1,4 million.

Pour le sociologue et urbaniste Benjamin Pradel, interrogé par Le Monde, « 39 % des résidences principales sont occupées par une personne seule, si bien que la vie en solo constitue la première forme d'occupation du parc résidentiel ».

Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. Autrefois perçu comme un échec sentimental, le célibat s'impose désormais comme un mode de vie assumé. Aux États-Unis, la part des 25-34 ans vivant sans conjoint a ainsi doublé en 50 ans, selon The Economist.

Une tendance de fond qui touche la quasi-totalité des pays riches : entre 2010 et 2022, le nombre de personnes vivant seules a augmenté dans 26 des 30 pays de l'OCDE, la France comprise.

Autre déclencheur : le vieillissement de la population. La part des seniors ne cesse d'augmenter en France. Or, 62 % des femmes et 27 % des hommes de 80 ans ou plus vivent seuls, la plupart après le décès de leur conjoint.

Un parc immobilier à la traîne

Le parc immobilier tricolore n’est pas adapté à cette évolution des modes de vie. Dans le logement social, par exemple, les T1 et T2 ne pèsent que 29 % du parc HLM, alors que près d'un demandeur sur deux vit seul.

Et pour cause : une large part de ce parc date des années 1950 à 1980, quand l’objectif était de loger des familles ouvrières, comme le rappelle Emmanuelle Cosse, présidente de l'Union sociale pour l'habitat.

Résultat ? La tension locative atteint des niveaux inédits. Selon le baromètre de l’agence Manda, une annonce parisienne attire en moyenne 41 candidats au premier semestre 2026, soit trois fois la moyenne nationale, et le logement se loue en 15 jours. À Nice, la concurrence est plus forte encore, avec 43 candidats par annonce.

Les bailleurs peuvent donc se permettre de choisir les meilleurs dossiers…, et un couple présente, mécaniquement, souvent plus de revenus qu'une personne seule. 

Jeanne, 31 ans, cadre dans les Ressources humaines, en fait les frais. La jeune femme cherche un 26 m² dans le 15e arrondissement de Paris pour 1 200 € maximum. Bilan : 10 candidatures envoyées, aucune réponse. « La concurrence est tellement forte ! Ce serait beaucoup plus facile à deux », confie-t-elle au Monde.

Propriétaire, un rêve plus difficile à atteindre

Acheter est également plus difficile quand on vit seul(e). Acheter est également plus difficile quand on vit seul. Pour preuve : seul un tiers des personnes seules de moins de 65 ans est propriétaire de sa résidence principale, d’après l’Insee. Les couples, qui cumulent souvent deux revenus, le sont nettement plus souvent.

Et l’écart se creuse : entre 2010 et 2021, la part de propriétaires a progressé de 6,4 points chez les couples sans enfants. En revanche, elle a reculé de 3,6 points chez les personnes seules sur la même période.

Même une fois logé, le prix à payer reste plus élevé. Selon une étude de l’Insee publiée en septembre 2026, une personne seule de moins de 65 ans consacre 24,5 % de ses revenus au logement, contre 14,6 % pour un couple sans enfant. Seules les familles monoparentales s’en approchent (21,6 %). L’écart persiste après 65 ans : 17,8 % pour une personne seule, deux fois plus qu’un couple du même âge (9,2 %).

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