Comment vendre un terrain non constructible ?

Quentin Gres
mis à jour le
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Un terrain classé non constructible n'est pas un terrain sans valeur. Zone agricole, risques naturels, absence de raccordement aux réseaux : les causes d'inconstructibilité sont nombreuses, mais elles n'empêchent pas la vente. Cet article détaille les démarches, le prix au mètre carré et la fiscalité applicable pour vendre un terrain non constructible dans de bonnes conditions.

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Terrain à construire
Lors d'une vente d'un terrain non constructible, vous pouvez bénéficier d'un abattement fiscal sur la plus-value. @ Getty Images
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Pourquoi un terrain est-il classé non constructible ?

Par définition, il est impossible de faire bâtir une maison ou un immeuble sur un terrain classé non constructible. Ce statut est défini par le plan local d'urbanisme (PLU) ou le plan d'occupation des sols (POS) de la commune où se situe la parcelle. Dans les communes qui n'en disposent pas, c'est le règlement national d'urbanisme qui prévaut : cette réglementation interdit en principe toute construction hors des zones urbanisées, même si certaines dérogations existent. Un terrain isolé, loin de toute zone urbanisée, a ainsi peu de chances d'être un jour reclassé constructible.

Plusieurs critères entrent en compte pour déterminer le caractère inconstructible d'un terrain :

  • l'absence de raccordement aux réseaux urbains d'eau, d'électricité et de gaz, ou l'impossibilité d'y accéder par une voie publique ;
  • le classement en zone agricole ou en zone naturelle protégée, notamment lorsque la parcelle est couverte de forêts ou dédiée à l'agriculture ;
  • une situation d'insalubrité du secteur ou la présence de risques naturels, comme des inondations ou des éboulements.

Ces restrictions varient selon les communes : la cause principale d'inconstructibilité reste toutefois le zonage retenu par le plan local d'urbanisme.

Le statut non constructible est-il vraiment définitif ?

Sachez qu’un terrain non constructible n'est pas condamné pour toujours. Il est possible qu'un terrain jugé inconstructible aujourd'hui change de statut si des travaux d'assainissement ou de raccordement aux réseaux sont engagés.

Pour cela, vous devez déposer une demande de révision du PLU ou du POS auprès de votre commune : chaque dossier est étudié séparément et la municipalité reste libre d'accepter ou de refuser la requête. Avant de lancer un projet de construction sur la base d'un futur reclassement, l'expertise d'un notaire ou d'un urbaniste local est vivement conseillée. La procédure est souvent longue et le succès n'est jamais garanti.

Si le reclassement n'aboutit pas, d'autres solutions plus accessibles existent. Attention toutefois aux limites légales : la mairie peut autoriser l'installation d'éléments temporaires comme un camping-car, une caravane ou un mobil-home, ainsi qu'un espace de loisirs (jardin, aire de jeux, petit camping).

La loi autorise une structure de 2 m² au sol et 1,5 m de hauteur maximum, ce qui exclut la construction d'une grange, d'un hangar, d'une tiny house ou d'un cabanon habitable. Pour l'installation d'un mobil-home ou d'un abri léger, une déclaration préalable de travaux reste parfois exigée en mairie, même sur un terrain non constructible. Mieux vaut vérifier ce point avant toute installation, quitte à demander confirmation en mairie.

Qui achète un terrain non constructible ?

Un terrain non constructible n'intéresse pas que les particuliers en quête d'un jardin ou d'un espace de loisirs. Les agriculteurs y voient une surface supplémentaire pour l'élevage, le maraîchage ou d'autres activités agricoles, tandis que les investisseurs ciblent parfois les friches industrielles ou les parcelles boisées pour leur potentiel à long terme. Les terrains impropres à l'agriculture, trop pauvres ou trop humides, trouvent malgré tout des acquéreurs parmi les chasseurs, les associations de protection de la nature ou les collectivités locales.

Pour un terrain isolé en pleine campagne, mieux vaut cibler ces profils plutôt que les particuliers, via une plateforme spécialisée dans la vente de terrains agricoles ou forestiers, une agence locale ou le bouche-à-oreille. Ce type de terrain suscite également l'intérêt de particuliers en quête d'un point d'eau ou d'une rivière à proximité pour leurs loisirs.

Quelles démarches pour vendre un terrain non constructible ?

Voici quelques conseils pratiques pour aborder chaque étape sans stress. Avant d'espérer vendre votre terrain, il est conseillé de réaliser un bornage. Cette étape n'est pas obligatoire légalement, mais fortement recommandée, car elle évite par la suite toute contestation ou mauvaise estimation de sa superficie et de ses limites réelles. Ainsi, plus aucun risque de débordement sur les parcelles voisines, ni de poursuites judiciaires en cas d'empiètement.

Beaucoup de notaires exigent que le bornage figure dans le dossier de vente : si une délimitation claire existe déjà (le passage d'une route en bordure de parcelle, par exemple), il ne sera pas toujours demandé. Selon les Notaires de France, dans leur fiche pratique « Vendre un terrain », cette précaution simple sécurise durablement la transaction, tant pour le vendeur que pour l'acheteur.

Pour effectuer cette procédure, vous devrez faire appel à un géomètre expert, seule profession habilitée dans ce cas précis. Ce professionnel matérialise physiquement les limites exactes du terrain et rédige un procès-verbal attestant de l'opération. Ce document a une valeur juridique et protège légalement l'étendue du domaine : il fait partie des pièces à présenter au notaire pour vendre sereinement le terrain.

Avant la mise en vente, pensez aussi à demander un certificat d'urbanisme en mairie : ce document gratuit précise les règles d'utilisation applicables à la parcelle et rassure l'acheteur sur ses possibilités d'usage. Vérifiez également si le terrain est soumis à un droit de préemption : la commune ou la Safer (Société d'aménagement foncier et d'établissement rural) peuvent alors se substituer à l'acheteur pour certaines opérations d'aménagement foncier, notamment sur des terres agricoles.

Enfin, renseignez-vous sur d'éventuelles servitudes : une servitude de passage ou une servitude « non aedificandi », qui interdit toute construction, peut limiter l'usage du terrain et influer sur son prix.

Une fois ces pièces réunies, vous pouvez engager la vente proprement dite. Le prix définitif résulte souvent d'un possible terrain d'entente trouvé entre les deux parties lors de la négociation.

Vous aurez aussi besoin du titre de propriété, qui peut être un acte de vente, de succession, de donation, ou une attestation immobilière, ainsi que des documents prouvant votre identité (carte d'identité, livret de famille). 

Quel est le prix d'un terrain non constructible ?

Un terrain non constructible vaut nettement moins cher au mètre carré qu'une parcelle à bâtir : le prix moyen varie entre 0,5 et 10 € le mètre carré selon les régions, la nature des sols et l'accès à la parcelle. La valeur vénale, c'est-à-dire le prix qu'un acheteur serait raisonnablement prêt à payer sur le marché, dépend de plusieurs facteurs : proximité d'une zone urbaine, présence d'un point d'eau ou d'une rivière, qualité agronomique des sols ou encore accès facile depuis une route.

Selon le baromètre Safer des prix des terres agricoles, le coût moyen de l'hectare en France avoisine aujourd'hui 6 200 €, contre environ 3 000 € en 1999. Vous pouvez ainsi espérer vendre jusqu'à 2,5 hectares en moyenne tout en restant exonéré d'impôt sur la plus-value. Le prix constitue d'ailleurs souvent un crucial terrain de négociation, en particulier lorsque la valeur vénale du bien est difficile à évaluer avec précision.

Quelle fiscalité pour la vente d'un terrain non constructible ?

Qu'il s'agisse d'un terrain constructible ou non, la plus-value réalisée lors de la vente est soumise à une fiscalité de 19 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux. Une surtaxe de 2 à 6 % s'applique en plus pour un terrain non constructible si le bénéfice dépasse 50 000 €, ce qui implique une surface importante.

Néanmoins, l'administration fiscale a mis en place des abattements, notamment lorsque le terrain est détenu depuis plus de 5 ans. Plus la durée de détention est longue, plus l'exonération est importante : au-delà de 22 ans, l'impôt sur le revenu disparaît totalement et les prélèvements sociaux s'annulent à leur tour après 30 ans de détention.

D'autres cas d'exonération existent pour les propriétaires aux revenus modestes, les retraités ou les détenteurs d'une carte d'invalidité. L'impôt est également supprimé si la valeur du terrain n'excède pas 15 000 €. Le prix d'un terrain non constructible en France reste donc très variable et les investisseurs ont tout intérêt à anticiper cette fiscalité avant l'achat, au même titre que les particuliers avant la vente.

Et si vous ne vendiez pas votre terrain ?

Vendre n'est pas la seule option pour valoriser un terrain non constructible. Un bail rural, une location à usage de loisirs ou l'installation de panneaux solaires permettent aussi d'en tirer un revenu régulier sans s'en séparer. Ces alternatives méritent d'être étudiées avant de se lancer dans une vente, surtout si le marché local est peu actif.

Questions fréquentes sur la vente d'un terrain non constructible

Peut-on installer un mobil-home sur un terrain non constructible ?

Oui, sous conditions. La mairie peut autoriser l'installation d'un mobil-home ou d'une caravane à titre temporaire, dans la limite des règles fixées par le plan local d'urbanisme. Une déclaration préalable de travaux est parfois nécessaire selon la durée et le type d'installation.

Un agriculteur peut-il acheter un terrain non constructible ?

Oui, c'est même l'un des profils d'acheteurs les plus fréquents pour ce type de parcelle. Un agriculteur peut exploiter un terrain classé en zone agricole pour l'élevage, les cultures ou le maraîchage, sans qu'il soit nécessaire de le rendre constructible.

Comment obtenir un certificat d'urbanisme ?

La demande se fait gratuitement auprès du service urbanisme de la mairie où se situe le terrain, par formulaire papier ou en ligne selon les communes. Le certificat d'urbanisme précise les règles applicables à la parcelle et les éventuelles restrictions qui la concernent.

Un terrain non constructible peut-il devenir constructible ?

C'est possible, mais rare et jamais garanti. Il faut déposer une demande de révision du plan local d'urbanisme ou du plan d'occupation des sols auprès de la commune, qui étudie chaque dossier au cas par cas selon les enjeux d'aménagement du territoire.

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