Les différentes étapes d’un projet immobilier

Blandine Rochelle
mis à jour le
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Lancer un projet immobilier est une démarche stimulante mais également complexe, qui requiert une préparation minutieuse et une compréhension des différentes étapes impliquées. Que vous soyez un primo-accédant ou un investisseur expérimenté, un processus structuré est essentiel pour la réussite de votre projet immobilier.

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Il est important de suivre point par point chaque étape pour que votre projet immobilier se déroule dans les meilleures conditions. © vm - Getty images
Il est important de suivre point par point chaque étape pour que votre projet immobilier se déroule dans les meilleures conditions. © vm - Getty images
Sommaire
Les points à retenir pour chaque étape d’un projet immobilier
  • Évaluez votre apport et votre capacité d'emprunt, en sachant que votre taux d'effort doit être de 35% maximum.
  • Intégrez frais annexes et gardez une épargne de précaution.
  • Analysez les prix locaux, choisissez entre neuf ou ancien, analysez vos besoins en termes de surface, emplacement et accessibilité des transports.
  • Visitez plusieurs biens, vérifiez leur état, les diagnostics, les charges et la taxe foncière.
  • Faites une offre d'achat en tenant compte de votre capacité d'emprunt.
  • Vous signez le compromis, vous versez le dépôt de garantie et vous bénéficiez de 10 jours de rétractation.
  • Comparez les banques, étudiez le taux nominal, le TAEG, l'assurance emprunteur, les garanties.
  • Vous signez l'acte de vente chez le notaire, vous payez le solde et vous récupérez les clés.

Évaluez votre situation financière : apport et capacité d’endettement

La première étape de tout projet immobilier consiste à évaluer minutieusement votre situation financière. Cela comprend votre apport personnel, à savoir la somme que vous pouvez directement injecter dans votre achat immobilier, ainsi que votre capacité d’emprunt, qui dépend notamment de vos revenus, de vos charges et de vos crédits en cours.

Le taux d’effort ne doit en principe pas dépasser 35 % des revenus de l’emprunteur, assurance emprunteur comprise. La durée d'un prêt immobilier est, quant à elle, généralement plafonnée à 25 ans, avec une possibilité d'aller jusqu'à 27 ans dans certains projets, notamment lorsque l'entrée dans le logement est différée ou pour certains achats dans l'ancien avec travaux importants.

Pour obtenir une première estimation avant même de commencer vos recherches, vous pouvez réaliser une simulation de prêt immobilier. Cet outil permet notamment d'évaluer votre capacité d'emprunt et le montant de vos mensualités en fonction de votre apport, de vos revenus, de la durée envisagée et des conditions de financement.

Votre analyse doit notamment intégrer :

  • Le montant épargné que vous souhaitez mobiliser pour votre achat : il peut provenir d’un livret A, d’un PEL, de votre intéressement lié aux résultats ou aux performances de votre entreprise, ou encore d’un prêt familial, etc.
  • Les aides auxquelles vous pouvez prétendre. Le prêt à taux zéro (PTZ) peut désormais financer l'acquisition d'un logement neuf, individuel comme collectif (sur l'ensemble du territoire), ou un logement ancien construit depuis plus de 5 ans et nécessitant des travaux d'ampleur représentant au moins 25 % du coût total de l'opération (en zone B2 et C). Le PTZ est actuellement valable jusqu'au 31 décembre 2027, sous conditions de ressources et selon les caractéristiques du projet. Selon la tranche de revenus, la quotité du coût de l'opération pouvant être financée par le PTZ peut atteindre 50 %.
  • D'autres dispositifs peuvent compléter votre financement, comme le Prêt Accession d'Action Logement, qui peut atteindre 30 000 € sous conditions. Il faut notamment être salarié du secteur privé non agricole de 10 salariés ou plus, respecter des plafonds de ressources, et le logement acquis doit respecter certaines conditions.

Tenez également compte de votre « reste à vivre » mensuel. Même si votre taux d'effort reste inférieur à 35 %, la banque étudiera votre capacité à conserver un niveau de vie suffisant une fois les mensualités et les autres charges payées.

Avant même de commencer à visiter des biens, il est vivement recommandé de solliciter votre banque afin d'obtenir un accord de principe de financement. Celui-ci permet de vérifier que votre projet est cohérent avec votre situation financière et de disposer d'une première estimation du montant que vous pourriez emprunter. Il constitue également un argument rassurant auprès des vendeurs, notamment dans les secteurs où plusieurs acquéreurs peuvent être intéressés par un même logement. Attention toutefois : cet accord de principe ne constitue pas une offre de prêt définitive et n'engage pas formellement la banque, qui doit encore procéder à une étude approfondie de votre dossier.

Comment estimer son budget immobilier avant de chercher un bien ?

Avant de consulter les annonces immobilières, il est préférable de déterminer une enveloppe budgétaire réaliste. Votre budget immobilier ne correspond pas uniquement au montant que la banque pourrait théoriquement vous prêter.

Commencez par calculer votre capacité d'emprunt en fonction de vos revenus, de vos charges et des crédits que vous remboursez déjà. Vous pourrez ensuite estimer le montant de vos futures mensualités en faisant varier la durée du prêt et le taux d'intérêt. Une durée plus longue permet généralement de réduire les mensualités, mais augmente le coût total du crédit.

Votre apport personnel joue également un rôle important. Il permet de réduire le montant à emprunter et peut faciliter l'obtention du financement. Il est toutefois déconseillé de consacrer la totalité de votre épargne à l'achat : conserver une épargne de précaution peut vous permettre de faire face aux dépenses imprévues après votre acquisition.

N'oubliez pas non plus les frais annexes. Votre enveloppe doit intégrer les frais d'acquisition, communément appelés « frais de notaire », mais aussi les éventuels frais de garantie du prêt, les frais de dossier bancaire, le coût de l'assurance emprunteur, voire les frais liés à des travaux ou à un déménagement.

Vous pouvez donc raisonner de la manière suivante : apport personnel + capacité d'emprunt + éventuels prêts aidés = enveloppe globale disponible, à laquelle il faut retrancher les frais liés à l'acquisition pour déterminer le prix du bien que vous pouvez réellement envisager.

Une simulation en ligne constitue un bon point de départ, mais le montant et les conditions de financement proposés par une banque dépendront de l'étude complète de votre dossier.

Étudiez le marché et définissez vos critères

Pour mener à bien votre projet immobilier, une compréhension approfondie du marché est indispensable. Cela implique d'étudier les prix immobiliers dans le secteur choisi, que ce soit en zone urbaine ou rurale. Vous devrez également décider si vous préférez vivre dans un appartement ou une maison, si vous optez pour le centre-ville ou la périphérie.

Choisir entre le neuf et l’ancien est également crucial car chaque option apporte son lot d’avantages spécifiques, sans oublier de définir la surface et le nombre de pièces et de chambres nécessaires. Un espace extérieur, tel qu’un balcon, une terrasse ou un jardin, peut également constituer un critère décisif.

Pensez aussi à prendre en compte les transports, les commerces, les établissements scolaires, les services et le temps de trajet domicile-travail. Ces critères peuvent avoir un impact important sur la valeur du bien et sur votre qualité de vie.

Ces choix influenceront directement votre façon de considérer les annonces immobilières – ou les programmes immobiliers dans le neuf – que vous allez consulter.

Vous pouvez solliciter un agent immobilier pour faire savoir que vous recherchez un logement en définissant vos critères, et ce dernier pourra vous accompagner dans votre quête.

Recherchez le bien immobilier qui vous correspond

L’étape suivante de votre projet immobilier est la recherche active du bien qui répond à vos critères. Il est conseillé de visiter plusieurs propriétés pour comparer et évaluer chaque option.

Pendant ces visites, posez des questions sur l’état général du logement et de l'immeuble : qualité de la toiture et de la façade, installations de gaz et d’électricité, chauffage, isolation, éventuels travaux à prévoir ou encore état des parties communes en copropriété.

Vérifiez le DPE (diagnostic de performance énergétique) et consultez l'ensemble des diagnostics techniques remis par le vendeur. Dans le cas d'une copropriété, demandez également les informations relatives aux charges, aux travaux votés ou envisagés et aux éventuelles procédures en cours.

Si vous achetez un logement classé E, F ou G, un audit énergétique est également obligatoire.

N’oubliez pas de vous informer sur le montant de la taxe foncière et les éventuelles charges de copropriété, des facteurs qui affecteront votre budget après l'acquisition. Un achat en copropriété nécessite également de jeter un œil aux documents réglementaires : les procès verbaux d'assemblée générale, le carnet d'entretien, le plan pluriannuel de travaux.

Pour un investissement locatif, analysez également le niveau des loyers pratiqués dans le secteur et les perspectives de rentabilité.

Faites une offre d'achat immobilier

Lorsque vous avez trouvé le bien qui correspond à vos attentes et à votre budget, vous pouvez formuler une offre d'achat auprès du vendeur. Cette démarche permet de manifester officiellement votre intérêt pour le logement et de proposer un prix d'acquisition. L'offre peut être transmise directement au propriétaire ou par l'intermédiaire de l'agent immobilier chargé de la vente.

Elle prend généralement la forme d'un document écrit, envoyé par courrier ou par e-mail. Pour être suffisamment précise, elle doit notamment mentionner le bien concerné (adresse, description succinte), le prix proposé, la date de rédaction et sa durée de validité. Vous pouvez également y préciser les modalités envisagées pour financer votre acquisition, notamment le recours à un prêt immobilier.

Si vous proposez un montant inférieur au prix affiché, le vendeur reste libre d'accepter votre proposition, de la refuser ou de formuler une contre-proposition. Si votre offre est acceptée, vous êtes en principe engagé à acheter le bien aux conditions convenues. Il est donc important de réfléchir au prix proposé et de vérifier que celui-ci reste compatible avec votre capacité de financement avant de vous positionner.

Attention : aucune somme ne doit être versée au vendeur au stade de l'offre d'achat. Le versement éventuel d'un dépôt de garantie intervient ultérieurement, lors de la signature de l'avant-contrat. Une fois l'offre acceptée, les parties peuvent ensuite engager les démarches nécessaires à la signature du compromis ou de la promesse de vente, qui précisera notamment les conditions suspensives protégeant l'acquéreur.

Signez le compromis de vente

Une fois le bien idéal trouvé, la prochaine étape de votre achat immobilier est la signature du compromis de vente, qui formalise l'accord entre l'acheteur et le vendeur.

Le compromis peut être signé chez un notaire sous la forme d'un acte authentique, mais également sous seing privé. Faire appel à un notaire permet néanmoins de sécuriser la rédaction de l'avant-contrat et les différentes formalités liées à la vente.

Lors de la signature, un dépôt de garantie, généralement compris entre 5 et 10 % du prix de vente, peut être prévu. Lorsqu'un acompte est versé, celui-ci est imputé sur le prix de vente définitif.

En tant qu'acquéreur particulier, vous bénéficiez ensuite d'un délai légal de rétractation de 10 jours, sans avoir à justifier votre décision ni à verser d'indemnité.

N'oubliez pas de vérifier que les conditions suspensives adaptées à votre projet sont bien intégrées au compromis. La condition suspensive d'obtention du prêt est notamment obligatoire lorsque l'achat est financé par un crédit immobilier. Le délai prévu pour obtenir le financement ne peut pas être inférieur à un mois, le délai courant étant généralement compris entre 45 et 60 jours.

Attention : vous devez prouver que vous êtes actif dans vos démarches de recherche de prêt pour obtenir un délai prolongé d'obtention de financement.

Finalisez votre demande de financement

Votre projet immobilier avance avec la finalisation du financement. Cette étape implique de consulter différentes banques afin d'obtenir une ou plusieurs propositions de prêt immobilier. Vous pouvez également faire appel à un courtier pour comparer les conditions proposées par plusieurs établissements.

La demande de prêt immobilier

La banque analyse notamment vos revenus, vos charges, vos crédits en cours, votre apport personnel, la stabilité de votre situation professionnelle et votre capacité à rembourser le prêt. Elle examine également la cohérence globale du projet et votre capacité à conserver un reste à vivre suffisant.

Pour améliorer votre dossier emprunteur, évitez autant que possible les découverts et les incidents de paiement dans les mois précédant votre demande, limitez les crédits à la consommation lorsque cela est possible et préparez l'ensemble des justificatifs demandés. Une gestion régulière de vos comptes et une épargne démontrant votre capacité à mettre de l'argent de côté peuvent également contribuer à rassurer l'établissement prêteur.

Comparez ensuite les différentes offres en tenant compte notamment :

  • du taux d'intérêt ;
  • du TAEG (taux annuel effectif global), qui permet d'apprécier le coût global du crédit en intégrant notamment les intérêts, les frais de dossier, certains frais liés à la garantie et le coût de l'assurance emprunteur ;
  • du coût et des garanties de l'assurance emprunteur ;
  • des frais de garantie ;
  • des éventuelles indemnités de remboursement anticipé ;
  • des possibilités de modulation ou de report des mensualités.

Ne vous focalisez donc pas uniquement sur le taux nominal affiché. Deux prêts présentant un taux similaire peuvent avoir des coûts totaux différents selon l'assurance, les frais et les garanties proposés.

Une fois l'offre de prêt reçue, vous devez respecter un délai légal de réflexion de 10 jours avant de pouvoir l'accepter. Il n'existe pas de délai unique imposé aux banques pour instruire l'ensemble d'une demande de crédit : la durée varie notamment selon la complexité du dossier, les justificatifs à fournir et l'établissement sollicité. Il est donc préférable d'anticiper cette étape et de ne pas attendre la dernière minute pour rechercher votre financement.

L'assurance emprunteur

Vous pouvez également choisir librement votre assurance emprunteur grâce au mécanisme de la délégation d'assurance. Concrètement, vous n'êtes pas obligé de souscrire le contrat proposé par votre banque : vous pouvez faire appel à un assureur externe, à condition que le contrat présente un niveau de garanties équivalent à celui exigé par l'établissement prêteur. Cette possibilité permet notamment de comparer les tarifs et les garanties afin de trouver une couverture mieux adaptée à votre profil et potentiellement moins coûteuse. La banque ne peut pas refuser un contrat externe dès lors que les garanties sont équivalentes, ni modifier les conditions de votre prêt en raison de ce choix.

Par ailleurs, depuis l'entrée en vigueur de la loi Lemoine, le 1er septembre 2022, vous pouvez résilier et changer votre assurance emprunteur à tout moment, sans attendre une date anniversaire et sans frais de résiliation. Cette faculté concerne aussi bien les nouveaux crédits que les prêts immobiliers déjà en cours de remboursement. Le changement reste toutefois soumis à l'acceptation du nouvel assureur par la banque, qui vérifie l'équivalence des garanties. Elle dispose de 10 jours à compter de la réception d'un dossier complet pour répondre à votre demande et doit motiver tout refus. Vous pouvez donc faire jouer la concurrence pendant toute la durée de votre crédit afin de réduire le coût global de votre assurance, sans avoir à renégocier votre prêt immobilier.

Signez l’acte de vente définitif chez le notaire

La dernière étape de votre projet immobilier est la signature de l'acte de vente définitif chez le notaire. Elle intervient souvent quelques mois après la signature du compromis, mais le délai peut varier en fonction des conditions prévues dans l'avant-contrat et des démarches nécessaires à la vente.

Le jour de la signature, l'acquéreur verse le solde du prix de vente ainsi que les frais d'acquisition. Le notaire procède aux dernières vérifications et accomplit les formalités nécessaires au transfert de propriété.

Concernant la taxe foncière, le vendeur reste légalement redevable de la taxe pour l'année entière vis-à-vis de l'administration fiscale. Toutefois, l'acte de vente prévoit fréquemment une répartition entre vendeur et acquéreur au prorata temporis. Cette répartition est une convention entre les parties et doit donc être vérifiée dans l'acte.

Une fois l'acte signé et le prix payé, vous devenez officiellement propriétaire du bien. Le notaire vous remet généralement une attestation de propriété permettant notamment d'effectuer certaines démarches administratives, tandis que la remise des clés intervient habituellement au moment de la vente, sauf disposition contraire prévue entre les parties.

Vous recevez le titre de propriété 3 à 6 mois après la signature chez le notaire, suite à la publication par ce dernier au service de la publicité foncière.

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