« On peut s'offrir une tiny house clés en main pour 55 000 € »

23 juil 2022
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La tiny house, littéralement « petite maison », est un type d’habitat de plus en plus connu qui s’inscrit dans la lignée des habitats éco-conçus et du crédo minimaliste. Jérôme Lemaire, fondateur de l’Artiny, une entreprise qui construit des tiny houses, nous explique leurs avantages dans le podcast de SeLoger : l’immobilier décrypté.

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La tiny house séduit de plus en plus de Français en quête sobriété énergétique et environnementale. © lowphoto
La tiny house séduit de nombreux Français en quête de sobriété énergétique et environnementale. © lowphoto

Qu’est-ce qu’une tiny house ?

La tiny house, c’est un microhabitat. En France, aujourd’hui, on visualise ces microhabitats sur remorques, mais à la base c’est une démarche qui vient des États-Unis et qui consiste simplement à vivre dans le minimalisme. Ce n’est pas forcément un habitat déplaçable, juste un habitat qui se limite à 30 ou 40 mètres carrés et dans lequel on vit à l’année. 

Pourquoi avoir fondé l’Artiny ?

Je suis charpentier-couvreur à l’origine. J’ai une entreprise dans ce domaine depuis 18 ans et cela fait 3 ans que l’on a lancé l’Artiny. Ce qui m’a motivé à lancer ce projet c’est d’abord la découverte de ce type d’habitat, mais aussi le fait de ne pas partir dans des dimensions de maisons incohérentes avec en ligne de mire, ce vers quoi il faut tendre, comme l'autonomie énergétique, par exemple… Ça, c’est quelque chose qui me parle et l’aspect voyage aussi. Le fait de disposer d'un habitat nomade avec lequel on peut vraiment bouger, ça donne envie. Je n’ai toutefois pas encore eu la chance d’en fabriquer une pour moi et de partir mais c’est un souhait de famille.

Enfin, il y avait aussi la volonté de répondre autant que possible aux souhaits du client. Comme il n’y a pas vraiment de règlement d’urbanisme sur lequel s’appuyer avec ce type d’habitat, on a assez peu de contraintes à respecter et on peut donc se rapprocher au maximum des demandes des clients. Il n’y a pas de contrainte de couleurs ou ni de formes donc si la personne veut quelque chose de peu conventionnel, c’est possible. Pour peu que ça rentre dans son budget et dans les mètres carrés impartis, on peut le faire et ça, ça rend la relation client très agréable. 

Quelles sont les réglementations à respecter ?

Actuellement, pour connaître la réglementation d’une tiny house sur remorque, on se réfère à la législation sur les caravanes, car il n’y a pas encore de loi propre à ce type d’habitat. En revanche, les réglementations des mobil-homes ne s’appliquent pas car on est sur un gabarit routier, déplaçable. Mais alors que dit précisément la loi ? Elle dit qu’il est possible de mettre une tiny house n’importe où mais pas plus de trois mois s'il s'agit d'une zone de stationnement. Ça, c’est ce que dit la loi, mais en tant que professionnel, je conseille plutôt de demander une autorisation préalable en mairie voire carrément un permis de construire car ça nous dispense de mettre une remorque… Bref, tout dépend vraiment du projet. 

Combien ça coûte une tiny house ?

Je vais vous parler des prix que je maîtrise, donc de ceux que l’on pratique chez Artiny. Pour une tiny house clés en main, on peut démarrer à 55 000 € voire un peu moins selon le projet et ça peut monter jusqu’à 90-95 000 € si on veut une tiny totalement autonome, aussi bien en termes d'énergie que de filtration d’eau ou encore de recyclage d’eau. Nous, on se situe dans ce budget et je tiens à préciser que ce n’est pas lié aux mètres carrés. Ce n’est pas la taille de la tiny qui va faire le prix mais ce qu’on va mettre dedans. Le prix d'une tiny house dépend donc de sa forme et de toute la technologie (ou au contraire des choses simples mais qui marchent très bien) qu’on va mettre à l’intérieur. 

Le prix d'une tiny house se situe entre 55 000 et 95 000 €.

Est-ce que la tiny est un logement responsable ?

Oui, on peut le dire. C’est un logement responsable car on vit en minimalisme. On a donc déjà un faible impact environnemental lié à la taille de l’habitat car on évite de rentrer dans la surconsommation que peuvent amener les grands espaces à gérer. Sur ce plan-là, la tiny se positionne très bien, notamment en termes d’énergie. Ensuite, si on se réfère à la norme RE2020 actuelle, on n’entre pas dans cette norme en fabriquant une tiny car on n’arrive pas à mettre les bonnes épaisseurs d’isolation : on est tenu par le poids et la surface de la tiny sur sa remorque. Ce sont les seuls facteurs qui font qu’on n’y entre pas… Par contre, on gère l'hydrométrie et l’étanchéité à l’air comme pour une maison en bois traditionnelle.

La superficie d'une tiny house se situe entre 30 et 40 mètres carrés en moyenne. © malp
La superficie d'une tiny house varie entre 30 et 40 mètres carrés, en moyenne. © malp

Quelle est votre vision de la tiny house dans 10 ans ?

Je pense que la tiny house bénéficie actuellement d’un très bon effet de mode, mais qu’il y a un écart entre les gens qui veulent y vivre et ceux qui peuvent vraiment s’y adapter. Selon moi, il faudra créer davantage d’éco-villages, c'est-à-dire de lieux où la tiny peut vraiment s’intégrer, pour ne pas tomber dans cette peur de dire « ça va ressembler à un campement »... Il faut créer un état d’esprit, pourquoi pas encadré par une charte, pour faire perdurer ce type d’habitat car il a vraiment sa place.

Aujourd’hui il y a une vraie demande de vivre de cette manière minimaliste mais avec tout le confort (filtration et approvisionnement en eau, notamment) et en créant des petits villages écologiques qui permettent d’apporter des réponses globales. Aujourd’hui, le faire chacun de son côté impose d’être plus éloigné les uns des autres. On a des cas, notamment en région parisienne, où si quelqu’un veut s’installer avec une tiny en respectant vraiment les règles, il doit acheter un terrain avec un permis de construire tout en prenant soin de demander à ne pas être raccordé au réseau d’eau mais en ayant une autorisation qui justifie un assainissement aux normes… On rentre dans une autre démarche, donc selon moi l’important c’est de faire découvrir la tiny house au plus grand nombre, de sorte qu’il y ait plus d’ouverture sur ce nouveau type d’habitat.

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